lundi 16 septembre 2013

Les priorités de la CFDT pour la Conférence environnementale 2013


publié le 16/09/2013 à 18H55 par Nadège Figarol
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Rendez-vous annuel inauguré en 2012 par François Hollande, la conférence environnementale réunira plus de quarante-cinq parties prenantes – collectivités territoriales, parlementaires, organisations syndicales et d’employeurs, ONG – les 20 et 21 septembre au Cese (Conseil économique, social et environnemental).
Un bilan des engagements pris l’année dernière sera effectué par le président de la République, avant la tenue de cinq tables rondes consacrées à l’économie circulaire, les emplois de la transition écologique, la politique de l’eau, la biodiversité marine, l’éducation à l’environnement et au développement durable.
Comme un essai à transformer
     Conférence environementale
      
Selon la CFDT, les engagements gouvernementaux de 2012 manquent de moyens et de réalisations concrètes. Ce rendez-vous a cependant permis de relancer le travail engagé avec le Grenelle de l’environnement. « Le grand débat public sur la transition énergétique est une première historique, même si les médias l’ont peu relayé », souligne Dominique Olivier, secrétaire confédéral chargé du développement durable. Malgré les tensions de dernière minute, de nombreuses propositions ont été formulées, mais « l’essai doit encore être transformé » au travers du projet de loi.
La fiscalité écologique a pour objectif de modifier les comportements


En ce qui concerne la fiscalité écologique, la Confédération entend rappeler qu’elle a pour objectif de modifier les comportements et qu’elle doit prioritairement être affectée aux foyers en situation de précarité énergétique ainsi qu’aux aides à la rénovation thermique.
Par ailleurs, la CFDT, qui s’inquiète du manque de moyens accordés à l’Agence française de la biodiversité, souhaite également insister sur la situation préoccupante de la qualité de l’air. Elle se réjouit qu’une plateforme de promotion de la RSE (responsabilité sociale des entreprises) ait été créée, mais réclame qu’un collège de syndicats à part entière soit mis en place. La Confédération mettra en avant l’importance de mieux articuler le redressement productif et la transition écologique, celle-ci nécessitant de nombreuses innovations industrielles.
"Les entreprises et les administrations doivent réfléchir
à l’évolution de leurs activités au regard de la transition écologique"
Dominique Olivier


En opposition au système productif actuel, qui peut se résumer à « produire, consommer, jeter », l’économie circulaire s’inspire des écosystèmes naturels afin de créer des flux de matières dans lesquels les déchets des uns sont les ressources des autres. D’après la CFDT, la prise en compte du cycle de vie du produit dès sa conception, mais aussi le fait de privilégier l’usage des biens aux volumes produits, la plus grande imbrication entre services et industrie, la participation des clients, le raccourcissement des circuits de production et de distribution, le renforcement de la coopération entre les acteurs constituent autant d’évolutions qui doivent toucher tous les secteurs.
« Il est primordial que les entreprises et les administrations réfléchissent à l’évolution de leurs activités au regard de la transition écologique. Elles doivent être accompagnées, de même que les PME et TPE, par des plateformes de conseil, précise Dominique Olivier, l’objectif étant que tout investissement d’avenir et nouvelle filière intègrent les principes de l’économie circulaire. »
Vers un diagnostic partagé
La CFDT demande que les besoins en emplois, classifications et évolution des métiers donnent lieu à un diagnostic partagé dans toutes les branches et tous les territoires. « Des études prospectives permettront d’envisager comment modifier les formations et les référentiels des emplois. La négociation collective s’impose pour que les salariés puissent évoluer dans des conditions sécurisées, sans passer par la “case chômage” ! Nous souhaitons que les pouvoirs publics invitent sans délai les partenaires sociaux, de tous les niveaux de négociation, à ouvrir le dialogue social », indique Dominique Olivier.
Il est impératif de renforcer la gouvernance de l'eau


La CFDT insistera pour que la gouvernance de la politique de l’eau soit renforcée. Les représentants des salariés doivent siéger au Comité national de l’eau et être plus nombreux dans les conseils d’administration des agences de l’eau, de même que les représentants des usagers. Sachant que les surcoûts générés par les pollutions aux pesticides et engrais azotés peuvent atteindre 215 euros par an et par personne, la CFDT estime que la prévention doit prendre le pas sur les actions réparatrices. Elle exige la transparence sur la totalité des coûts. « La complémentarité avec les politiques climatique, énergétique, industrielle, agricole, d’aménagement du territoire, de santé publique et de biodiversité doit être renforcée », ajoute Dominique Olivier.
Cette mise en cohérence des politiques publiques est aussi nécessaire pour préserver la biodiversité marine. La CFDT défendra particulièrement la valorisation des ressources marines grâce à la pêche durable ou au développement des énergies marines. Le renforcement des connaissances et des protections des écosystèmes, notamment en outre-mer, se révèle primordial. La Confédération mettra aussi en avant les conditions de travail, à travers les conventions de l’OIT ratifiées cet été par la France dans le secteur de la pêche. Enfin, la CFDT rappellera que l’éducation à l’environnement et au développement durable concerne aussi les milieux de travail. Dominique Olivier souligne ainsi : « Il s’agit de sensibiliser l’ensemble des citoyens, tout au long de leur vie, au changement de comportements, au travail coopératif, aux pratiques démocratiques permettant l’émergence d’une économie écologique et équitable. »
Photo : © Alain LeBot / AFP

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