"On n'a plus d'argent pour construire des métros"(source marsactu)
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La ligne 2 du métro ira bientôt jusqu'au boulevard Capitaine Gèze. Eugène Caselli, le président de la communauté urbaine et Karim Zéribi, le président de la RTM, ont présenté ce lundi le projet devant toute la presse. Si les sourires sont de mise, la réalisation ne constitue pas vraiment de gros chamboulement : Bougainville-Gèze, cela représente 900 mètres soit une station supplémentaire qui jouxtera l'actuel dépôt de la RTM. Alors pour ficeler le paquet, chacun se lance dans des conjectures sur les futurs aménagements nécessaires, par exemple "vers l'hôpital Nord", insiste Zeribi.
Problème, à Marseille, "on n'a plus d'argent pour construire des métros", admet aisément Eugène Caselli. L'hôpital Nord, c'est a minima "600 millions d'euros", estime le patron de MPM. La question est donc désormais de savoir comment on peut financer ce genre de projet jugé indispensable comme cela a été répété lors du dernier consei communautaire, vendredi : le métro vers le Nord et le Sud comme le tram jusqu'à Dromel.
La piste la plus évidente est bien sûr de solliciter l'État qui, en annonçant en grande pompe un budget de 30 milliards pour le grand Paris a fait rougir d'envie autant que de colère les élus marseilllais. Chacun y est allé de son couplet sur le parisianisme. Il est vrai qu'au regard des 50 millions supplémentaires promis en cas de création de la métropole, l'inéquité de traitement apparaît criante.
Son principe est assez simple : cette taxe concerne "les locaux à usage de bureaux, les locaux commerciaux, les locaux de stockage et les surfaces de stationnement". Les entreprises qui occupent le moins de surface ne paient rien et plusieurs zones sont fixées afin de ne pas imposer autant les entreprises installées dans des banlieues plus pauvres que celles de la Défense. Le futur grand Paris devrait récupérer ainsi un peu plus de 600 millions d'euros, soit l'équivalent d'un tramway capitaine Gèze - Hôpital Nord chaque année.
À l'heure où le patronat plaide pour l'implantation de sièges sociaux en Provence, instaurer ce nouveau prélèvement ne reviendrait-il pas aussi à se tirer une balle dans le porte-monnaie ? "Je ne sais pas si c'est cette taxe-là qu'il faudrait, pondère Patrick Mennucci joint au téléphone, mais il faut bien faire quelque chose vu qu'on n'a plus d'argent." Même discours pour Caselli et Zeribi très en phase sur ces sujets : "On pourrait peut-être envisager un relèvement du plafond du versement transports. Aujourd'hui, on est au taquet. La loi ne nous permet pas d'aller plus loin". Cette contribution des entreprises rapporte déjà plus de 100 millions d'euros annuels à Marseille Provence métropole, soit "à peu près le chèque d'équilibre versé par la communauté urbaine à la RTM", souligne Zeribi. À Aubagne, son doublement a permis de financer la gratuité de ses transports en commun.
Royer-Perreault - comme ses collègues de gauche - insistent surtout sur la nécessité d'une ligne rentable "vers les quartiers à potentiel de développement urbain" et non sur des trajets "qui répondent à une clientèle électorale". "Le métro vers La Fourragère, c'est 6 000 usagers par jour quand on tablait sur 20 000", souligne comme en écho le président d'une régie des transports qui a aussi devant elle une embûche financière inévitable : le renouvellement prochain pour près un demi-milliard de ses rames de métro.
Problème, à Marseille, "on n'a plus d'argent pour construire des métros", admet aisément Eugène Caselli. L'hôpital Nord, c'est a minima "600 millions d'euros", estime le patron de MPM. La question est donc désormais de savoir comment on peut financer ce genre de projet jugé indispensable comme cela a été répété lors du dernier consei communautaire, vendredi : le métro vers le Nord et le Sud comme le tram jusqu'à Dromel.
La piste la plus évidente est bien sûr de solliciter l'État qui, en annonçant en grande pompe un budget de 30 milliards pour le grand Paris a fait rougir d'envie autant que de colère les élus marseilllais. Chacun y est allé de son couplet sur le parisianisme. Il est vrai qu'au regard des 50 millions supplémentaires promis en cas de création de la métropole, l'inéquité de traitement apparaît criante.
Une taxe bureaux marseillaise ?
Mais il serait trop simple de résumer cette manne financière à un présent de l'État à sa capitale. Le grand Paris aura aussi ses recettes propres avec notamment l'intégralité de la taxe bureaux : l'argument a été brandi ces jours-ci par un Patrick Mennucci désireux de défendre le gouvernement socialiste dans la séance de tir aux pigeons du dernier conseil municipal. Le député et maire PS du 1/7 a même fini par demander que la future métropole puisse bénéficier d'un tel système quand bien même le texte actuel ne prévoit aucun prélèvement supplémentaire pour financer la structure.Son principe est assez simple : cette taxe concerne "les locaux à usage de bureaux, les locaux commerciaux, les locaux de stockage et les surfaces de stationnement". Les entreprises qui occupent le moins de surface ne paient rien et plusieurs zones sont fixées afin de ne pas imposer autant les entreprises installées dans des banlieues plus pauvres que celles de la Défense. Le futur grand Paris devrait récupérer ainsi un peu plus de 600 millions d'euros, soit l'équivalent d'un tramway capitaine Gèze - Hôpital Nord chaque année.
À l'heure où le patronat plaide pour l'implantation de sièges sociaux en Provence, instaurer ce nouveau prélèvement ne reviendrait-il pas aussi à se tirer une balle dans le porte-monnaie ? "Je ne sais pas si c'est cette taxe-là qu'il faudrait, pondère Patrick Mennucci joint au téléphone, mais il faut bien faire quelque chose vu qu'on n'a plus d'argent." Même discours pour Caselli et Zeribi très en phase sur ces sujets : "On pourrait peut-être envisager un relèvement du plafond du versement transports. Aujourd'hui, on est au taquet. La loi ne nous permet pas d'aller plus loin". Cette contribution des entreprises rapporte déjà plus de 100 millions d'euros annuels à Marseille Provence métropole, soit "à peu près le chèque d'équilibre versé par la communauté urbaine à la RTM", souligne Zeribi. À Aubagne, son doublement a permis de financer la gratuité de ses transports en commun.
La droite veut cibler les priorités
Classiquement, à droite, on se montre réticent à toute ponction supplémentaire sur les entreprises. Ainsi, Lionel Royer-Perreault, conseiller communautaire proche de Guy Teissier, préfère parler priorités et rentabilité. Cela correspond à l'habituel tacle des hommes du 9/10 sur l'extension du tramway rue de Rome. L'élu UMP y ajoute le batobus "qui coûte 2 millions d'euros et en rapporte 400 000" et même le Vieux-port "qui aurait dû être l'aboutissement d'un nouveau plan de circulation du centre-ville et non un point de départ. Avec le Vieux-port et le tramway rue de Rome, vous payez la moitié du métro vers Saint-Loup. Et si vous avez la moitié, les banques seront plus facilement enclines à vous payer l'autre moitié."Royer-Perreault - comme ses collègues de gauche - insistent surtout sur la nécessité d'une ligne rentable "vers les quartiers à potentiel de développement urbain" et non sur des trajets "qui répondent à une clientèle électorale". "Le métro vers La Fourragère, c'est 6 000 usagers par jour quand on tablait sur 20 000", souligne comme en écho le président d'une régie des transports qui a aussi devant elle une embûche financière inévitable : le renouvellement prochain pour près un demi-milliard de ses rames de métro.
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