dimanche 30 octobre 2011

Histoires de "TRAN OUé" .....à Marseille

L’histoire des transports en commun est (aussi) un éternel recommencement

Deux lignes de tramway, 14 millions de voyageurs à Marseille en 2010. 91 lignes de tramway, près de 200 millions de voyageurs. Marseille dans 20 ans ? dans 30 ans ? Non , non, ce sont les chiffres du réseau de tramway de Marseille, en 1939. A l’époque, Marseille possédait le deuxième réseau de France de tram. Vous avez été nombreux à nous en faire la remarque, à l’occasion de l’article que nous avons récemment publié sur les transports dans la cité phocéenne, où l’on devrait poussivement arriver à financer un bout de tramway supplémentaire, au-dessus d’une ligne de métro.
Alors que nous possédions une glorieuse et méconnue histoire dans les transports en commun. Omnibus, trolleybus, tramway, à l’occasion de la fête de ces disparus, et alors qu’un centre-ville marseillais sans voiture semble être une douce utopie, nous vous proposons un petit retour en arrière avec le concours de l’Institut National de l’Audiovisuel et de Wikipedia. Séquence nostalgie.
Tout démarre réellement en 1872 lorsque le Gaudin de l’époque, le maire Melchior Guinot lance un appel d’offres pour la construction de 7 lignes de « voitures à traction hippomobile » – pour faire simple un tramway (donc sur rail) tracté par des chevaux. La Compagnie Générale des Tramways qui exploite aussi les réseaux de Nancy et du Havre remporte la concession. Ce fut très vite un large succès. En 1877, il y a déjà 7 millions de passagers et plus de 50 tramway. Une tentative d’introduction de machines à vapeur pour remplacer les chevaux fut tentée en 1889, mais après de gros soucis techniques cette piste fut vite abandonnée, pourtant en pleine période du développement des chemins de fer, mais qui restaient à l’extérieur des villes.
En 1892 un tunnel fut creusé qui permettait de relier Noailles à La Blancarde et à Saint-Pierre. Le premier tramway souterrain français était né, ancêtre du métro et où passera la célèbre ligne 68, qui d’ailleurs sera la dernière ligne de « l’ancien tramway » et qui fermera définitivement en 2004. En voiture avec Monsieur Grégoire le 26 janvier 1960 :

Mais c’est bien évidemment l’électrification du tramway qui va tout changer, au tournant du siècle. En 1900 la mairie de Marseille autorisa l’électrification de tout le réseau. En 1914, la Canebière était desservie par 27 lignes de tramway , à raison d’une voiture toute les 10 secondes ! (ça fait rêver, non ?).
C’est le développement de l’automobile qui va faire disparaitre les tramways marseillais. D’abord concurrencés à la fin des années 30 par quelques voitures individuelles et autobus, puis à la sortie de la guerre, les rails ayant été bombardés, le nouveau Maire Gaston Defferre, plutôt que de les reconstruire, décida de supprimer définitivement les trams. Seule la fameuse ligne 68 continuera jusqu’en 2004. Ils seront remplacés par les trolleybus dans les années 50 et 60.
Mais là encore, la circulation anarchique made in Marseille avec le développement de l’automobile auront la peau de ce mode transport , pourtant très économique (pas de rails) et écolo avant l’heure, car fonctionnant à l’électricité. Et c’est en juin 2004 que le dernier trolleybus marseillais roula. Les lignes électriques sont toujours au-dessus de nos têtes dans certains quartiers de la ville pour nous le rappeler. Et pour finir on vous propose une vidéo, toujours de l’INA, de l’inauguration du métro, le 26 novembre 1977, et on se dit que Marseille n’a pas toujours été en retard. En voiture Edmonde:

Un lien En savoir (beaucoup) plus avec Wikipedia
Un lien Une perle, issue des fonds du comité du Vieux Marseille : un film où l’on voit circuler les tram sur la Corniche, au Prado, et bien sûr la fameuse ligne 68.

vendredi 28 octobre 2011

F.Chérèque: Non à un taux de TVA intermédiaire pour tous les produits".Réponse de Sarkozy - le doigt en l'air- à la TV: "la France plonge, c'est la faute des socialistes" .Que c'est pertinent ...!

CFDT le 28 octobre 2011


Interviewé dans Challenges, le 27 octobre 2011, François Chérèque réaffirme que la CFDT plaide pour une remise en cause partielle du taux de TVA réduit octroyé à la restauration et aux travaux à domicile.

Le chômage est reparti à la hausse en septembre. Cela vous inquiète-t-il ?
Je ne suis pas surpris. C’est exactement ce que nous avions prévu et annoncé à François Fillon en août dernier lorsqu’il nous a reçus. Nous sentions le gel des embauches. Regardez ce qui se passe chez PSA, ce sont les intérimaires et les sous-traitants qui trinquent. Nous avions pourtant alerté l’exécutif sur un risque de récession. Nous lui demandions de prendre des mesures comme en 2008, qu’il s’agisse du chômage partiel ou de la formation. Nous n’avons pas été entendus. Une fois de plus.
Le gouvernement préfère un traitement social du chômage des plus simplistes – c’est- à-dire la multiplication des contrats aidés- à de vraies mesures structurelles. Nous ne sommes pas contre les contrats aidés mais nous regrettons toute absence de réflexion.
Xavier Bertrand assure pourtant ne pas vouloir se laisser prendre de vitesse par la conjoncture, et prévoit un changement de Cap pour Pôle Emploi…
Le ministre du Travail réagit surtout aux difficultés engendrées par une fusion mal maitrisée de Pole Emploi. Je ne peux que me réjouir de sa marche arrière. Qu’il change de logique ne m’étonne pas. Même si cela fait déjà quelques temps que nous signalons la nécessité de donner plus d’autonomie aux agents de Pôle Emploi, de déconcentrer le fonctionnement… Ce devrait être dans la nouvelle convention tripartite qui sera signée le mois prochain. Je trouve dommage qu’on ne nous écoute pas.
Le chef de l’Etat s’exprime ce soir à la télévision. Qu’attendez-vous de son intervention ?
J’attends qu’il donne des explications sur le plan de sauvetage de l’Europe. On nous dit qu’un accord financier et technique a été trouvé. Tant mieux, cela donne un peu d’air. Les résultats de la Bourse le montrent. Tant mieux si cet accord freine la spéculation sur la dette, mais que va-t-il se passer à plus long terme ? Au lieu de mutualiser la dette, avec des eurobonds, on s’est surtout mis encore un petit plus sous la dépendance des pays émergents. C’est un retournement de l’histoire spectaculaire ! Sans compter, que j’aimerais que le chef de l’Etat nous parle un peu plus de ce qui représente à mes yeux, un échec politique…
Angela Merkel demande que tous les pays adoptent "la règle d’or", cette règle qui celle qui vise à inscrire dans la Constitution des règles prévoyant un retour progressif à l’équilibre budgétaire. Qu’en pensez-vous ?
Cette règle n’a de sens que si on fédéralise une partie de la dette, que si on a une vraie démarche commune. Or, aujourd’hui, ce n’est pas le cas. Je crains la contrainte supplémentaire, inscrite à un niveau national quand un fonctionnement européen n’existe pas. Tout le monde était d’accord pour inscrire le non dépassement de 3 % de déficit annuel dans les traités européens. Personne ne l’a respecté. Y compris les allemands.
Le débat sur la création d’un taux intermédiaire de TVA refait surface. Etes- vous favorable à cette idée ?
Nous avions fait des propositions concrètes au premier ministre cet été dans ce sens. Fin août, nous lui avons suggéré de revenir partiellement sur la TVA octroyée à la restauration, mais aussi sur celle portant sur les travaux à domicile. Il n’a pas réagi. Aujourd’hui, si l’idée est de faire un taux intermédiaire pour tous les produits, c’est non. C’est injuste car cela pèse sur le plus grand nombre. Cela reviendra à faire payer la dette aux consommateurs ordinaires, sur les produits qu'ils achètent couramment.


jeudi 27 octobre 2011

Pour sortir les pays pris dans un cercle vicieux qui ne fait qu’aggraver leur déficit budgétaire, la solidarité européenne s’impose.Le point de vue de la CFDT


Pour sortir les pays pris dans un cercle vicieux qui ne fait qu’aggraver leur déficit budgétaire, la solidarité européenne s’impose.
Un dossier pour y voir plus clair, remis à jour le 19 octobre sur "les banques et la crise".
L’Union européenne est plus que jamais nécessaire
« On ne payera pas ». Pour dénoncer les conséquences des mesures d’austérité sur leur vie quotidienne, les Grecs ont continué tout l’été à organiser des actions de protestation comme les « casserolades » (concerts de casseroles), à l’image des manifestations en Argentine au début des années 2000.
La crise sociale est profonde dans le pays de la zone euro le plus menacé par la spirale de l’endettement. Nombre de salariés ne sont plus rémunérés depuis des mois. D’autres ont vu leur fiche de paie diminuer de près de la moitié. Les pensions de retraites ont aussi baissé. A contrario, les prix de l’essence, des transports collectifs et de la nourriture ont augmenté, de même que les impôts et la TVA qui vont poursuivre leur hausse après le nouveau plan d’austérité voté fin juin par le Parlement grec. Les entreprises ferment les unes derrière les autres et le chômage explose, réduisant les recettes fiscales qui auraient pu renflouer les caisses de l’Etat.
Etranglée par la crise, près de 40% de la population ne paie plus ses factures d’électricité. Le refus de payer est aussi devenu une manière de protester pour beaucoup de Grecs qui estiment que le tribut des salariés et des retraités est trop lourd quand d’autres catégories sociales plus aisées continuent de frauder le fisc. Entre les citoyens et leurs représentants politiques, le divorce est consommé.
Mauvais plans
Comme des milliers de jeunes Espagnols, Portugais, Irlandais et Italiens, les jeunes Grecs fuient leur pays faute de perspectives. Partout, l’accumulation des mesures de rigueur paralyse l’économie. « Il faut changer la philosophie des plans de sauvetage européens », s’alarmait début juillet le ministre polonais des Finances Jacek Rostowski, dont le pays préside l’Union européenne pour le second semestre 2011.
Malheureusement, la relance économique n’est toujours pas au goût du jour, y compris aux Etats-Unis. « La chute des Bourses au mois d’août suite à la dégradation de la note de la dette publique américaine par les agences de notation est surtout due à une crainte de la récession. Les investisseurs n’ont pas tant de doutes sur la capacité des Etats-Unis à rembourser leur dette. Washington aura toujours la possibilité de se financer. En revanche, le compromis passé entre démocrates et républicains1 génère des incertitudes sur la manière dont le pays va pouvoir trouver des ressources pour se redresser. Les conséquences sur l’économie sont mondiales. On observe d’ailleurs que les perspectives de croissance aux Etats-Unis mais aussi de leurs partenaires commerciaux comme la France ou l’Allemagne, sont encore plus faibles que ce qui était escompté pour le deuxième semestre 2011 » fait remarquer Véronique Descacq, secrétaire nationale responsable de la politique économique.
Bonds, ils s'appellent "eurobonds"
Si tous les pays européens émettaient des obligations communes – ou bondsen anglais (titres de créance qui permettent à un Etat d’emprunter sur les marchés) – ils mutualiseraient les risques. Il s’agirait de partager une partie de la dette entre tous les Etats. En créant un grand marché européen des obligations comparable à celui des Etats-Unis, non seulement l’Europe attirerait davantage de capitaux, mais les pays les plus fragiles ne seraient plus isolés face aux marchés financiers et seraient protégés de la spéculation. En contrepartie d’une gestion rigoureuse de leur budget, ils bénéficieraient de la crédibilité des pays les plus forts comme l’Allemagne qui se finance à des taux faibles.
Depuis début septembre, cette crainte de récession se confirme. La dette publique est « hors de contrôle », selon un rapport de contrôle budgétaire grec. Le pays a reconnu qu’il ne pourrait pas tenir ses objectifs de réduction du déficit en raison de l’aggravation de la récession. Les Bourses ont à nouveau chuté, après l’annonce qu’aucune création d’emplois n’avait eu lieu aux Etats-Unis en août. Autre indicateur négatif, tous les pays de la zone euro enregistrent une baisse de la production.
Des marges de manoeuvres existent
Pour la CFDT, un cercle vicieux s’est bien enclenché. Manifestant leur inquiétude sur la capacité de plusieurs pays à rembourser leur dette, les marchés financiers poussent ces derniers à mettre en œuvre des plans d’austérité sans considération du contexte social. Ces plans nuisent à la reprise économique. Ils entraînent un risque de récession face auquel les marchés paniquent et plongent. Or, les pertes enregistrées par les Bourses ont des effets sur l’économie réelle. Elles affaiblissent l’investissement des entreprises. La production de biens et de services est alors menacée à court et à long terme, et par voie de conséquence l’emploi également.
« On est toujours dans un cycle de prophéties auto-réalisatrices, note Véronique Descacq. Les acteurs financiers vendent parce qu’ils ont peur et ce dont ils ont peur se produit ». Il est pourtant nécessaire de réduire l’endettement des Etats. Si les historiens rappellent que les dettes publiques ont toujours existé, « les niveaux atteints, supérieurs à 80% du Produit intérieur brut, sont exceptionnels et ne sont pas supportables pour les générations futures, met en garde Véronique Descaq. Comme un particulier, il est normal qu’un Etat s’endette pour investir dans l’avenir. En revanche, si la dette est trop élevée, une partie trop importante des ressources est consacrée à son remboursement. On accroît la difficulté au lieu de la résoudre. »
Diminuer le déficit est donc indispensable. « Mais il faut aussi relancer la croissance pour éviter la crise sociale. Soutenir l’activité permet de créer de l’emploi et donne des revenus aux populations. Il ne faut donc pas se priver de faire des dépenses pour investir à long terme, surtout dans la période de mutation industrielle que nous connaissons. On peut privilégier des projets qui répondent à des objectifs d’efficacité énergétique et de développement durable, et faire ainsi évoluer notre modèle de production », affirme la secrétaire nationale. Tous les pays de l’Union européenne importent du pétrole et du gaz, plombant leurs échanges commerciaux. Investir l’épargne populaire, qui est massive dans la zone euro, pour développer les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique permettrait d’alléger le coût de leurs importations !
Plus de fédéralisme
Réduire l’endettement public tout en soutenant l’activité économique et l’emploi sont deux objectifs compatibles, selon la CFDT, si certaines conditions sont respectées. Les efforts pour réduire les déficits doivent être équitablement répartis. Au lieu de creuser les inégalités sociales, ils doivent contribuer à les diminuer, grâce notamment à des réformes fiscales axées sur l’efficacité et la justice. Entre les pays membres de l’Union européenne, la solidarité ainsi que l’harmonisation des politiques budgétaires, industrielles, économiques, sociales et fiscales s’imposent.
« L’Europe dans sa globalité, avec ses 27 membres, n’a pas de problème d’endettement », souligne Véronique Descacq. Un fonds de secours, appelé Fonds européen de stabilité financière (FESF) a été créé en juin 2010 pour prêter aux Etats en difficulté à des taux d’intérêt inférieurs à ceux que leur infligeaient les marchés. En contrepartie, le FESF impose de strictes restrictions budgétaires qui bloquent la relance économique de ces pays. Bénéficiant des garanties apportées par les 17 pays de la zone euro, il constitue cependant un premier pas vers la solidarité financière puisque les Traités européens interdisaient cette entraide entre les Etats.
Mais le FESF est non seulement trop rigide, il est aussi insuffisant. « Si on avait mutualisé la dette sous la forme d’euro-obligations, on aurait probablement évité toutes les spéculations qui se sont produites cet été. L’idée des euro-obligations progresse mais on peut se demander quand elles seront mises en place. En attendant, les milliards d’Euros engloutis sont perdus », déplore Marcel Grignard, secrétaire général adjoint, responsable de la politique internationale et européenne. Tous les pays sont menacés de déstabilisation. Ainsi, les banques allemandes et françaises ont massivement prêté à la Grèce, l’Irlande, le Portugal et l’Espagne. Marcel Grignard avertit : « Faire un effort pour consolider la zone euro coûtera moins cher que son éclatement car chaque pays serait alors contraint d’emprunter à des taux qui flamberaient. Face à la crise, il n’y a pas le choix. Soit l’Europe explose, soit chaque Etat accepte de transférer des responsabilités nationales pour avancer vers une plus grande intégration européenne. »
(1) Barack Obama n’a pas pu obtenir qu’une partie des coupes budgétaires soit compensée par une augmentation des impôts des Américains les plus fortunés et des grandes entreprises

Accord Airbus Allemagne : garantie d'emploi contre gain de productivité


La négociation en Allemagne est-elle transposable en France ?
Les partenaires sociaux d'Airbus Allemagne ont annoncé, le 19 octobre, qu'ils avaient trouvé un compromis sur un accord collectif concernant les conditions et l'organisation du travail. En négociation depuis plusieurs mois, cet accord, intitulé « Accord pour l'avenir », offre la garantie de l'emploi jusqu'en 2020 aux 16 000 salariés des usines Airbus du nord de l'Allemagne. Il définit également le niveau des gains de productivité qui devra être atteint chaque année, de 3 à 5 %, et la manière dont cela pourra être fait. L'accord introduit ainsi les prémisses d'une nouvelle organisation du travail qui implique davantage les salariés dans le processus d'amélioration de la productivité. La direction d'Airbus a fait des concessions sur l'embauche en CDI des apprentis et surtout sur l'équilibre à respecter entre effectifs maison et personnel temporaire. Ce compromis intervient après le lancement de grèves d'avertissement début octobre.
Cela se passe chez Airbus, mais en Allemagne. Peut-on imaginer qu’un tel donnant-donnant puisse se négocier pour Airbus France ? Une garantie d’emploi jusqu’en 2020 ! Cela vaut quelque concession. La concession est dans le gain de productivité programmé chaque année et qui illustre la capacité des représentants des salariés d’Airbus Allemagne d’intégrer cette dimension de la gestion de l’entreprise et d’en négocier non seulement les termes chiffrés, mais aussi le processus permettant d’obtenir ces gains.
Airbus France, ses dirigeants et ses représentants des salariés, se considèrent-ils mis au défi ?

Fukushima : plus forte la contamination marine avec des rejets de césium 137 estimés à 27 millions de milliards de becquerels, a indiqué jeudi 27 octobre, l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN)c


Le 27 octobre 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
Une forte contamination radioactive du milieu marin s'est produite après l'accident dans la centrale japonaise de Fukushima, avec des rejets de césium 137 estimés à 27 millions de milliards de becquerels, a indiqué jeudi 27 octobre, l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). «Ce rejet radioactif en mer représente le plus important apport ponctuel de radionucléides artificiels pour le milieu marin jamais observé», relève l'IRSN dans un communiqué.??
Il estime que la quantité totale de césium 137 rejeté directement en mer du 21 mars jusqu'à mi-juillet atteint 27 millions de milliards de becquerels, l'essentiel (82%) ayant été rejeté avant le 8 avril.??
La réévaluation des rejets de césium en mer entre le 21 mars et le 8 avril conduit à un résultat environ deux fois plus élevé que celui estimé par l'institut français en juillet et 20 fois plus important que l'estimation faite par Tepco (l’exploitant de la centrale accidentée, ndlr), publiée en juin, précise l'IRSN.??
«Grâce à un des courants marins les plus importants du globe, les eaux contaminées ont toutefois été rapidement éloignées vers le large. La localisation de Fukushima a permis une dispersion des radionucléides exceptionnelle», souligne l'IRSN.??
Diluée dans l'ensemble du Pacifique, l'importante quantité de césium 137 déversée ne devrait au final conduire qu'à des concentrations de 0,004 becquerel par litre, deux fois plus que les retombées des essais nucléaires atmosphériques des années 1960.??
D'après les mesures dans les sédiments côtiers et l'eau de mer, les concentrations ne devraient pas, selon l'IRSN, avoir d'impact, en termes de radioprotection, sur les poissons vivant en haute mer.??
Cependant, ajoute l'IRSN, une pollution significative de l'eau de mer sur le littoral proche de la centrale accidentée pourrait persister dans le temps, à cause notamment du ruissellement des eaux de surface sur les sols contaminés.??
Les organismes benthiques et filtreurs ainsi que les poissons au sommet de la chaîne alimentaire, sont, dans la durée, les plus sensibles à la pollution au césium, relève l'IRSN, invitant à poursuivre une surveillance des espèces marines pêchées dans les eaux côtières.

mercredi 26 octobre 2011

Elections dans la fonction publique de l'Etat et hospitalière : premiers résultats

La CFDT progresse !

CFDT fonctions publiquesDans leur ensemble, les résultats des élections du 20 octobre dans la fonction publique d’État et l’hospitalière sont positifs. La représentativité globale à l’État ne sera calculée officiellement qu’après le vote de la justice et de France Télécom le 22 novembre prochain, mais les projections montrent une nette progression de la CFDT.

Près de trois millions d’agents de la fonction publique d’État et de l’hospitalière étaient appelés aux urnes le 20 octobre afin d’élire leurs représentants. D’une ampleur inédite, ce scrutin était d’autant plus attendu qu’il s’est déroulé selon les nouvelles règles issues de la loi sur la rénovation du dialogue social et comportant diverses dispositions relatives à la fonction publique, votée en juillet 2010.
Des comparaisons à prendre avec des pincettes
Premier enseignement de ce scrutin, et première source de polémique : la participation très inégale des agents selon leur ministère d’appartenance. Sur ce sujet, comme sur l’analyse des résultats, il convient d’être extrêmement prudent, car la comparaison avec les élections précédentes pose des difficultés liées à la modification du périmètre du vote ainsi que des règles de calcul de la représentativité. Jusqu’à présent, le vote des agents contractuels, notamment, n’était pas pris en compte dans la mesure le poids respectif des organisations syndicales.
La participation de 50,6 % à l’État annoncée par le ministère de la Fonction publique cache des disparités très importantes. Les agents du ministère des Finances ou de La Poste ont ainsi voté à plus de 80 %, et ceux des Affaires sociales, de l’Agriculture ou de la Défense à plus de 70 %. À l’autre bout du spectre, la participation à l’Éducation nationale, de 38,5 % – en grande partie due à des difficultés techniques engendrées par le vote électronique – fait chuter considérablement la moyenne, vu le nombre d’agents concernés.
Les principaux résultats des ministères
De manière globale, le scrutin du 20 octobre n’a pas bouleversé le rapport des forces en présence. À l’Éducation nationale, la FSU demeure largement la première organisation syndicale, avec 40,42 % des voix devant l’Unsa (20,7 %). FO devance la CFDT de seulement 338 voix (10,09 %, contre 9,99 %). Pour la CFDT, il s’agit d’une progression de 1,5 point par rapport aux dernières élections, et un signe encourageant pour la suite.
Le poids de la CFDT à l’État
Affaires étrangères : 41,4 %
Affaires sociales : 17,6 %
Agriculture : 11,7 %
Culture : 16 %
Défense : 22 %
Écologie : 15,4 %
Économie : 13,7 %
Enseignement supérieur : 17,1 %
Éducation nationale : 10 %
Intérieur : 6 %
Service du Premier ministre : 31,8 %
Enseignement privé
(pris en compte pour le calcul de la représentativité) : 34,3 %
Ensemble des établissements publics (La Poste, Caisse
des dépôts, Cour des comptes, ONF…) : 13 %
Enfin, pour la troisième élection consécutive, la CFDT progresse à La Poste (18,52 %, contre 17,06 %). La CGT conserve donc la première place (28,78 %) mais perd 4 points, Sud est à 22,41 % et FO à 18,36 %.
La nette progression de la CFDT à l’État. Si l’on observe les résultats de manière globale en incluant les résultats des élections qui se sont déroulées en 2010, la CFDT progresse nettement dans la fonction publique d’État. Elle passe de 11,3 % à 14,6 % et devient la quatrième organisation syndicale derrière la FSU (17,1 %), FO (16,7 %) et la CGT (15 %). Suivent l’Unsa (13,8 %), Solidaires (8,1 %), la CGC (5,3 %), divers syndicats catégoriels (4,3 %), la CFTC (3,8 %) et la Fédération générale autonome des fonctionnaires (1,3 %).
« Il se produit un resserrement du rapport de force entre les organisations syndicales au niveau de l’État, analyse Brigitte Jumel, secrétaire générale de l’Uffa-CFDT. Les quatre premières organisations sont presque au coude à coude. Entre la FSU et la CFDT, il n’y a qu’une différence de 2,5 points, ce qui est extrêmement faible ! » Si le poids officiel de chaque organisation syndicale à l’État ne sera connu qu’après les élections à la justice et à France Télécom, le 22 novembre prochain, le rapport de force actuel ne devrait toutefois plus guère évoluer.
Stabilité à la fonction publique hospitalière
Les élections dans la fonction publique hospitalière n’ont pas, elles non plus, bouleversé le rapport des forces syndicales. Ainsi, la CFDT maintient sa deuxième place, avec 24,5 % des voix (+ 0,1) – derrière la CGT, qui passe de 31,5 à 33,5 %. FO reste troisième, avec 22,7 % (+ 0,6). Arrivent ensuite Sud, à 8,7 % (0,4), l’Unsa (4,4 %) et la CFTC (2,8 %). La participation à ces élections a été de 50,59 %, contre 58,22 % en 2007.
« Que ce soit à l’État ou à l’hospi­talière, il est encore bien trop tôt pour analyser les chiffres de la participation, souligne Brigitte Jumel. Cette dernière s’avère en baisse dans de nombreux endroits, mais cela n’est pas en soi un phénomène nouveau. Il sera notamment intéressant d’observer la participation des contractuels afin de savoir si elle peut expliquer partiellement cette baisse. Il faudra également mesurer, en évitant de polémiquer, l’impact du vote électronique. »


Jérôme Citron

Résultats provisoires des élections professionnelles des affaires sociales: 

 la CFDT en 3eme place.

Classement inchangé ou presque des organisations syndicales au ministère des affaires sociales au lendemain des élections du 20 octobre 2011.
 Avec 19%, la CFDT conserve sa troisième position au ministère et avec 26.71% la seconde en administration centrale. La CFDT occupera 3 sièges au CTM.