dimanche 8 mars 2015

Le 8 mars jour de l'égalité femme /homme ....un long chemin encore....

 

Les temps forts de la journée des droits des femmes

LIBERATION(Mis à jour : )
Des femmes kurdes ont défilé à Marseille le 8 mars pour protester contre les violences domestiques, à l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes.

 

 Des femmes kurdes ont défilé à Marseille le 8 mars pour protester contre les violences domestiques, à l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes. (Photo Boris Horvat. AFP.)

 

Le service civique VS le harcèlement de rue.

Le développement du service civique permettra d'améliorer la présence humaine dans les transports, limitant le harcèlement de rue, annonce François Hollande, cité par la Secrétaire d'Etat chargée des Droits des Femmes, Pascale Boistard. Fin février, celle-ci participait à une table ronde sur la question, organisée par le magazine en ligne Madmoizelle.com.




Pendant ce temps, en Chine...

...Des activistes féministes auraient été arrêtées pour avoir préparé des manifestations pour le 8 mars. Parmi elles, la militante Li Tingting, arrêtée vendredi à son domicile de Pékin. Selon l'avocat de cette dernière, contacté par l'agence de presse Reuters, l'arrestation de la militante serait en effet lié au désir des autorités "de maintenir une stabilité sociale au moment de la Journée internationale des droits des femmes". Ironie de l'histoire, cette édition 2015 du 8 mars coïncide avec le 20ème anniversaire de la Déclaration et du Programme d'action de Beijing (Pékin, donc), signé en 1995 par 189 gouvernements afin d'améliorer les droits des femmes.
Le Tumblr WTF Journée de la femme, comme son nom l'indique, recense les initiatives les plus malheureuses, maladroites, absurdes, et ineptes lancées ça et là pour célébrer la fameuse Journée internationale des droits des femmes. Des promotions maquillage au supermarché aux "conso et tatouage henné offerts pour les femmes" des boîtes de nuit, en passant par la carte bleue devenue rose pour l'occasion, ce site nous rappelle qu'on a le droit d'en rire, aussi.
En marge de la Marche mondiale des femmes et sous l'impulsion d'Osez le féminisme, une grosse centaine de manifestantes s'est réunie sur la place de la République à Paris, où débutait le cortège. Femmes et hommes confondus, visiblement
Sous l'impulsion de divers collectifs, dont le Strass (Syndicat du travail sexuel), Act-Up Paris, ou encore l'Action anti-fasciste Paris-banlieue, des manifestant(e)s défilent au départ de Belleville. Notre reporter Clémentine Gallot les a suivi(e)s.

Le modèle de la femme au foyer s'étiole.

« Dans l’idéal, les femmes devraient rester à la maison pour élever leurs enfants » :en 2004, 49 % des personnes âgées de 60 ans ou plus étaient d’accord avec cette idée, selon une étude de la DREES (Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques). En 2014, cette proportion est tombée à 28 %.
Sur Arte, un documentaire retrace l'histoire des Riot Grrrl, ce collectif punk, féministe et militant des années 90, dont les plus illustres descendantes sont les Pussy Riot ou Gossip.








Sémantique.

Ne pas dire "Elle s'est fait violer", mais "elle a été violée" ; ne pas dire "il a abusé d'elle" mais "il l'a agressée sexuellement"... Partant du constat que la sémantique a son importance, plusieurs associations féministes, dont les Chiennes de garde et Osez le féminisme, recommandent aux médias d'être attentifs aux mots qu'ils emploient et ont concocté un petit bréviaire journalistique à leur intention.

Inégalités salariales.

Les hommes cadres ont un salaire fixe supérieur de 8,5 % à celui des femmes cadres, comme le détaille une étude de l'Apec. A partir de dix ans d'expérience professionnelle, les écarts se creusent entre les femmes et les hommes cadres.

Un peu d'histoire.

En 1910, lors de la Conférence internationale des femmes socialistes, Clara Zetkin propose pour la première fois d'organiser une "Journée internationale des femmes", comme le raconte le site 8mars.info

Le 8 mars, ce n'est pas le jour des émissions 100% femmes

Mise au point. Sur Slate, la chroniqueuse Nadia Daam met les points sur les i sur ce qu'est (et surtout ce que ne devrait pas être) la journée du 8 mars.
LIBERATION




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14 commentaires
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Fan.to.masshcounkingpingoinlucaskolymazekPaul_PositionLouidjitacklevrai75tangoche



chris211



"Notre corps nous appartient". J'ai aperçu ça sur la photo.
Bien qu'à la mode, je trouve ce slogan bien triste.
Comme si un corps était une "chose", qui appartenait à l'un ou à l'autre.
Perso, je n'appartiens à personne.

decayeux



La photo qui illustre cet article est une provocation. Libération joue un sale jeu, dans le climat actuel. Pour le compte de qui ?
ternopil



Le nombre de participantes aux diverses manifestations, pratiquement personne d'autre que les organisatrices (teurs) , montre que le combat féministe est dépassé Cette journée de la femme devrait disparaitre . Elle stigmatise.
jed_martin



Merci aux associations féministes de nous dire non seulement quoi penser, mais avec quels mots nous exprimer. Nous ferons de vos conseils le meilleur usage.






Bonjour Monsieur Martin,
Les féministes ne vous expliquent pas comment vous exprimer mais précisément en quoi le langage employé par les médias et les gens d'une manière générale, est culpabilisant et par conséquent, sexiste.
La violence verbale n'est pas anodine et participe soit à l'invisibilisation de la femme, soit à sa réduction à un rôle que l'on voudrait réducteur.
Quant à vous dire comment penser c'est assez drôle car la plupart du temps c'est les hommes qui tentent d'expliquer aux femmes quelles doivent être leurs priorités en matière de combat féministe et qu'elles exagèrent la réalité de leur ressenti, parce que le monde n'est absolument pas sexiste, ce sont les féministes qui sont hystériques, c'est bien connu.
Bonne journée.
Chérie BB.



 

 

Pendant ce temps, en Chine...

...Des activistes féministes auraient été arrêtées pour avoir préparé des manifestations pour le 8 mars. Parmi elles, la militante Li Tingting, arrêtée vendredi à son domicile de Pékin. Selon l'avocat de cette dernière, contacté par l'agence de presse Reuters, l'arrestation de la militante serait en effet lié au désir des autorités "de maintenir une stabilité sociale au moment de la Journée internationale des droits des femmes". Ironie de l'histoire, cette édition 2015 du 8 mars coïncide avec le 20ème anniversaire de la Déclaration et du Programme d'action de Beijing (Pékin, donc), signé en 1995 par 189 gouvernements afin d'améliorer les droits des femmes.



Le Tumblr WTF Journée de la femme, comme son nom l'indique, recense les initiatives les plus malheureuses, maladroites, absurdes, et ineptes lancées ça et là pour célébrer la fameuse Journée internationale des droits des femmes. Des promotions maquillage au supermarché aux "conso et tatouage henné offerts pour les femmes" des boîtes de nuit, en passant par la carte bleue devenue rose pour l'occasion, ce site nous rappelle qu'on a le droit d'en rire, aussi.
En marge de la Marche mondiale des femmes et sous l'impulsion d'Osez le féminisme, une grosse centaine de manifestantes s'est réunie sur la place de la République à Paris, où débutait le cortège. Femmes et hommes confondus, visiblement
Sous l'impulsion de divers collectifs, dont le Strass (Syndicat du travail sexuel), Act-Up Paris, ou encore l'Action anti-fasciste Paris-banlieue, des manifestant(e)s défilent au départ de Belleville. Notre reporter Clémentine Gallot les a suivi(e)s.

Le modèle de la femme au foyer s'étiole.

« Dans l’idéal, les femmes devraient rester à la maison pour élever leurs enfants » :en 2004, 49 % des personnes âgées de 60 ans ou plus étaient d’accord avec cette idée, selon une étude de la DREES (Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques). En 2014, cette proportion est tombée à 28 %.
Sur Arte, un documentaire retrace l'histoire des Riot Grrrl, ce collectif punk, féministe et militant des années 90, dont les plus illustres descendantes sont les Pussy Riot ou Gossip.








Sémantique.

Ne pas dire "Elle s'est fait violer", mais "elle a été violée" ; ne pas dire "il a abusé d'elle" mais "il l'a agressée sexuellement"... Partant du constat que la sémantique a son importance, plusieurs associations féministes, dont les Chiennes de garde et Osez le féminisme, recommandent aux médias d'être attentifs aux mots qu'ils emploient et ont concocté un petit bréviaire journalistique à leur intention.

Inégalités salariales.

Les hommes cadres ont un salaire fixe supérieur de 8,5 % à celui des femmes cadres, comme le détaille une étude de l'Apec. A partir de dix ans d'expérience professionnelle, les écarts se creusent entre les femmes et les hommes cadres.

Un peu d'histoire.

En 1910, lors de la Conférence internationale des femmes socialistes, Clara Zetkin propose pour la première fois d'organiser une "Journée internationale des femmes", comme le raconte le site 8mars.info

Le 8 mars, ce n'est pas le jour des émissions 100% femmes

Mise au point. Sur Slate, la chroniqueuse Nadia Daam met les points sur les i sur ce qu'est (et surtout ce que ne devrait pas être) la journée du 8 mars.



Bonjour Monsieur Martin,
Les féministes ne vous expliquent pas comment vous exprimer mais précisément en quoi le langage employé par les médias et les gens d'une manière générale, est culpabilisant et par conséquent, sexiste.
La violence verbale n'est pas anodine et participe soit à l'invisibilisation de la femme, soit à sa réduction à un rôle que l'on voudrait réducteur.
Quant à vous dire comment penser c'est assez drôle car la plupart du temps c'est les hommes qui tentent d'expliquer aux femmes quelles doivent être leurs priorités en matière de combat féministe et qu'elles exagèrent la réalité de leur ressenti, parce que le monde n'est absolument pas sexiste, ce sont les féministes qui sont hystériques, c'est bien connu.
Bonne journée.
Chérie BB.











 

 

[Reportage] Coopération syndicale : les tanneuses de Dakar s’organisent

publié le 27/02/2015 à 10H25 par Anne-Sophie Balle
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Au Sénégal, le projet « Économie sociale et solidaire dans le secteur informel », lancé en 2013, soutient la syndicalisation et la formation des travailleurs. Trente-cinq participantes ont ainsi exploré d’autres manières de gérer leur activité. L’Institut Belleville, organe de coopération internationale de la CFDT, cofinance ce programme.
NdeyeFatouAidara Tanneuse Dakar InfocomDR2015Reléguées aux confins de la banlieue de Dakar, les tanneuses de Daroukhane sont à pied d’œuvre. Dix heures par jour, elles répètent les mêmes gestes transmis de génération en génération. Ndéye Fatou Aidara (photo) a commencé à 10 ans à la trempe et au séchage des peaux, jugés moins dangereux. « Il y a des blessures dues au maniement des couteaux. La chaux provoque des maladies respiratoires, le soufre affaiblit notre vision. Quant à nos mains, elles durcissent au fil des ans », explique-t-elle.
Les plus jeunes, voyant les dégâts causés par le tannage sur leurs aînées, ont commencé à acheter bottes et gants de protection, avec leur propre argent. Car, comme des millions de salariés du secteur informel*, ces tanneuses échappent à tout cadre légal, social et fiscal. Ici, pas de couverture sociale, pas de garantie de salaire. Pas de garantie de travail non plus. « Avec la saison des pluies, le terrain est impraticable. Travailler dans ces conditions devient infernal, mais certaines n’ont pas le choix et acceptent de tanner à moitié immergées en ayant conscience des risques », souligne Astou Doucouré, une des tanneuses. Elle-même y a déjà été contrainte par le passé, ce qui lui vaut aujourd’hui des crises chroniques de paludisme.
Bénéficier des retombées de son travail
Tannerie Daroukhane2 ASBalle2015Au Sénégal, où le secteur informel représente près de 80 % de l’économie, l’Union nationale des syndicats autonomes du Sénégal (Unsas) s’est engagée dans la voie de la syndicalisation et de la formation de ses acteurs. « L’économie informelle est un pourvoyeur d’emplois important dans des zones gangrénées par le chômage. Et les femmes, majoritaires dans ce secteur, s’investissent beaucoup pour la réussite de leur activité. Mais par manque d’information et d’outils de gestion adaptés, elles peinent à bénéficier des retombées de leur travail. La solidarité sociale et sociétale qui les anime n’a jamais trouvé de traduction économique dans leur activité professionnelle », constate Mame Saye Seck, responsable du projet « Économie sociale et solidaire dans le secteur informel » à l’Unsas.

Comprendre les rouages de l’économie solidaire et sa plus-value syndicale

Dans les tanneries de Daroukhane, les femmes travaillent en groupe, mais chacune a pris l’habitude (par mimétisme avec les anciennes) d’aller acheter ses peaux et ses produits au prix fort – quand un achat groupé permettrait de faire baisser les coûts des matières premières. L’un des objectifs du projet, lancé en 2013 par une vaste campagne d’adhésion des travailleurs de l’économie informelle, était donc « d’amener les participantes à comprendre les rouages de l’économie solidaire, et d’en apprécier la plus-value syndicale », explique Ndéye Ngoye Lo, formatrice à l’Unsas. La formation de trois jours, réalisée en septembre 2014 dans les locaux du syndicat, a rassemblé 35 femmes issues de cinq secteurs d’activité (tannerie, la transformation de poisson, de céréales, la poterie, la vente de rue).
Volontaire et nouvelle adhérente, Ndéye Fatou Aidara apprécie cette double expertise syndicale et économique. Elle qui depuis toujours n’a connu que les tanneries confie : « Je ne pensais pas apprendre un jour qu’il existait une autre façon de faire mon travail, différente de celle qu’on nous a transmise. Le discours sur la mutualisation des coûts a été une véritable prise de conscience. » Sur l’ensemble des sujets abordés (apport du syndicalisme, compréhension de la société coopérative et mise en place des outils de gestion de l’économie sociale et solidaire), la formation est un succès. « Parce qu’elles ont pu elles-mêmes déceler les limites de la gestion administrative et financière de leur propre organisation, les participantes ont décidé de mettre en place cinq coopératives (une par secteur) », précise la coordinatrice Mame Saye Seck.
Se former, gérer, rembourser, épargner
Tannerie Daroukhane3 ASBalle2015Pour les y aider, un fonds de solidarité de 200 000 francs CFA (300 euros) a été alloué à chaque groupe. Les bénéficiaires remboursent 30 euros par mois depuis décembre. « À elles de réfléchir à la manière de gérer leur argent et de développer une culture de l’épargne, qui leur permettrait d’investir dans du matériel ou un local de stockage et de vente », explique Martine Roy, de l’Institut Belleville. Lors de la première restitution des fonds, organisée le 13 décembre à Dakar en présence de représentants de l’Institut Belleville (qui finance le projet avec la Confédération des syndicats nationaux du Québec), l’ensemble des groupes était déjà parvenu à rembourser leurs mensualités et à épargner. « On nous a appris à travailler collectivement. La formation sur la gestion fait qu’on utilise mieux notre argent. Aujourd’hui, on tire de vrais bénéfices de la vente de nos peaux et on arrive à épargner grâce au fonds de solidarité », se réjouit Astou Doucouré.
Le projet a sans nul doute contribué à changer l’image d’un syndicalisme souvent perçu comme réservé à une élite du secteur formel. « Avant, beaucoup de ces femmes avaient l’image de la syndicaliste bagarreuse, non mariée, ironise Mame Saye Seck. Elles ont vu que ce n’était pas cela. » Les 35 participantes à la formation ont adhéré à l’Unsas et incitent leurs groupes respectifs à faire de même.
Ce projet donne d’ailleurs du sens aux revendications syndicales vis-à-vis des pouvoirs publics. « Ce que nous voulons désormais, c’est labelliser ce projet comme une plus-value de notre type de syndicalisme et devenir une référence auprès des travailleurs de l’informel, car ce secteur a besoin de se structurer. » Grâce à la médiatisation du projet, « l’État nous considère aujourd’hui comme un partenaire légitime sur la question de l’économie informelle et a demandé à nous rencontrer », se réjouit l’Unsas. De quoi peser pour le développement d’un dialogue social propre au secteur.
 *L’économie informelle désigne l’ensemble des activités productrices de biens et services qui échappent au regard ou à la régulation de l’État.
© Photos Anne-Sophie Balle - Dakar - 2015

Yvan Ricordeau DRABP0349“Renforcer le syndicalisme libre et démocratique partout dans le monde”Yvan Ricordeau, secrétaire national en charge de l’international

Quels sont les grands principes politiques de la coopération syndicale internationale qui animent la CFDT ?
Tout d’abord, la coopération syndicale internationale fait partie intégrante de la politique internationale de la CFDT. Ce qui nous anime, c’est la volonté de renforcer le syndicalisme libre et démocratique partout dans le monde, en fonction de nos capacités et moyens, qui proviennent en grande partie des cotisations de nos adhérents [0,87 % de la cotisation mensuelle]. Ce principe se développe selon trois axes. Le premier, c’est celui de la solidarité. Elle se traduit par une aide directe de la CFDT à des organisations syndicales qui ont besoin de se renforcer, de se former. Le deuxième axe, c’est une coopération qui prend en compte l’évolution de l’économie en agissant, par exemple, sur les multinationales afin qu’elles se comportent ailleurs comme ici de manière socialement responsable. Le troisième axe porte sur le développement des convergences entre organisations syndicales amies. Comme nous le faisons au sein de l’Union européenne, où nous réfléchissons à la mise en place d’un dialogue social solide dans les derniers pays entrés dans l’UE.
En quoi la CFDT se distingue-t-elle des autres organisations (ONG, syndicats) qui font de la coopération internationale ?
La CFDT est plutôt dans la recherche de convergences intersyndicales pour ses activités de coopération. Ce que nous faisons en Afrique avec la CGT pour renforcer les organisations démocratiques est très intéressant et efficace. Dans la plupart des pays où nous menons des actions de coopération, nous nous appuyons sur des forces syndicales libres. C’est le cas au Cambodge, où nous souhaitons mettre en œuvre des actions pour lesquelles nous recherchons un partenaire syndical représentatif et crédible. Mais quand l’environnement est très complexe, la représentation syndicale sur place peu fiable et qu’il faut agir sur des questions telles que le travail informel, la CFDT ne s’interdit pas de coopérer avec des ONG.
Quels sont les chantiers à venir pour la coopération ?
L’Afrique subsaharienne reste une de nos priorités. Nous allons aussi continuer le travail aux côtés des organisations syndicales d’Afrique du Nord pour accompagner les suites des printemps arabes. Enfin, dans le courant de ce premier semestre 2015, la CFDT monte deux missions exploratoires, l’une au Brésil et l’autre au Cambodge, en vue de créer de nouveaux partenariats.

samedi 7 mars 2015

Dans la perspective des élections départementales des 22 et 29 mars prochains, le secrétaire national Jean-Louis Malys explique les règles d’incompatibilité entre les mandats politiques et syndicaux dont s’est dotée la CFDT pour éviter les conflits d’intérêtsLa seule règle : il est interdit de se prévaloir de son appartenance à la CFDT lorsque l’on brigue ou exerce un mandat politique.. Élections départementales : “Le FN n’est pas un parti comme les autres”

Élections départementales : “Le FN n’est pas un parti comme les autres”

PUBLIÉ LE 05/03/2015 À 17H16par Jérome Citron
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Dans la perspective des élections départementales des 22 et 29 mars prochains, le secrétaire national Jean-Louis Malys explique les règles d’incompatibilité entre les mandats politiques et syndicaux dont s’est dotée la CFDT pour éviter les conflits d’intérêts.
À chaque élection politique, la CFDT réaffirme sa position, « ni neutre ni partisan ». Comment cela se traduit concrètement dans l’organisation ?
Je tiens à préciser que la CFDT n’a rien contre l’engagement politique, bien au contraire. C’est un acte citoyen qu’il faut encourager, comme l’engagement syndical ou associatif. On peut parfaitement être adhérent à la CFDT tout en militant dans un parti politique ou dans une association. La seule règle : il est interdit de se prévaloir de son appartenance à la CFDT lorsque l’on brigue ou exerce un mandat politique.
       
   
La politique, un engagement citoyen
Que la CFDT estime nécessaire de fixer des règles d’incompatibilité entre les mandats politiques et syndicaux ne signifie pas qu’elle se défie de l’engagement politique. Militer dans un parti politique, être candidat à une élection ou assumer des responsabilités d’élu constitue un engagement citoyen que l’on ne peut que saluer.
Une prise en compte de la diversité des mandats
L’article 26 du règlement intérieur de la CFDT fixe les règles d’incompatibilité entre les mandats politiques et syndicaux. Si, à l’échelle nationale, l’incompatibilité est totale, au niveau local, il convient d’apprécier la situation au cas par cas. Il est impossible d’établir des règles très strictes.
Des valeurs historiques toujours d’actualité
Adhérer à la CFDT est un acte volontaire qui signifie adhérer à une organisation ayant des valeurs fortes. Elles sont résumées dans une déclaration de principes qui ne peut être modifiée que par un vote du congrès réunissant les deux tiers des mandats. C’est ce qui s’est passé au congrès de Marseille, en juin 2014. En près d’un siècle, la déclaration de principes n’a été modifiée que quatre fois : en 1919, 1947, 1964 et 2014.
   
La question de l’incompatibilité se pose aux adhérents qui ont des mandats syndicaux afin d’éviter tout conflit d’intérêts. En ce qui concerne les scrutins nationaux, le règlement intérieur de la CFDT se révèle très précis. L’article 26 indique qu’« aucune fonction ou responsabilité syndicale, de la section syndicale à la Confédération, ne peut se cumuler avec un mandat de député, sénateur ou parlementaire européen ». Pour les scrutins locaux – municipal, départemental ou régional –, cet article 26 précise que l’« incompatibilité sera appréciée à l’échelon de chaque structure syndicale intéressée (section, syndicat, union locale, départementale, régionale) ». En clair, c’est aux structures locales d’évaluer s’il existe un risque de confusion.
Que doit faire un élu CFDT qui se porte candidat à une élection politique locale ?
Il lui suffit de prévenir son syndicat, son union départementale ou son union régionale interprofessionnelle selon la ou les fonctions qu’il exerce. Dans la plupart des cas, ses mandats sont suspendus le temps que dure la campagne électorale. S’il est élu, une discussion s’engage afin de savoir quels sont les mandats incompatibles avec ses nouvelles fonctions. L’idée n’est pas d’établir des règles strictes mais bien d’apprécier la situation localement afin qu’il n’y ait pas d’ambiguïté entre les deux formes d’engagement citoyen. Précisons que l’étiquette politique n’entre pas en considération. Un adhérent CFDT peut militer dans le parti politique de son choix, sauf si son choix se porte sur un parti dont les valeurs se révèlent incompatibles avec les nôtres, tel le Front national.
Pourquoi opérer une distinction aussi tranchée entre le Front national et les autres formations politiques ?
Lorsqu’un salarié fait le choix de rejoindre la CFDT, il doit être conscient qu’il entre dans une organisation ayant une histoire porteuse de valeurs auxquelles nous tenons et qui sont inscrites dans nos statuts. Les idées véhiculées par un parti comme le Front national sont à l’opposé de ce qui fait l’identité de la CFDT. Même si ce parti prétend se banaliser afin de présenter un visage plus attrayant, la CFDT le dit et le redit : le Front national n’est pas un parti comme les autres. À un moment, il faut choisir son engagement. On ne peut adhérer à la CFDT et défendre la préférence nationale dans l’entreprise ou désigner comme responsable de tous les maux telle population, telle religion ou telle catégorie de citoyens.
Cette position est-elle toujours bien comprise en interne ?
Nos adhérents, à l’image des Français, se posent des questions dans une période économique difficile. La CFDT ne veut stigmatiser personne, et il n’est pas question d’organiser une quelconque chasse aux sorcières. Certaines personnes ont été séduites ou manipulées par l’extrême droite, puis ont regretté ce choix. Elles n’ont pas été exclues de la CFDT. Sur ce sujet, le dialogue entre les salariés concernés et les différentes structures de notre organisation est primordial. En revanche, si une personne persiste à afficher haut et fort des convictions contraires aux nôtres, nous devons être intransigeants. D’ailleurs, cette question des valeurs ne se réduit pas à la problématique du Front national : nous avons déjà exclu des personnes qui, bien que n’appartenant à aucun parti politique, ont fait des déclarations publiques racistes ou antisémites.
Propos recueillis par jcitron@cfdt.fr