dimanche 12 mai 2013

Bank of Paradise : le plan d'Aou monnaie sa légende



Afin d'associer les quartiers populaires à l'année capitale culturelle européenne, des "quartiers créatifs" ont été initiés par l'association Marseille-Provence 2013. Nous avons assisté à l'un d'eux, "Bank of Paradise", mené au plan d'Aou par l'artiste-plasticien Jean-Luc Brisson.
Elodie Crézé
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Constamment balayé par un vent glacial, le plan d'Aou offre au-delà des pylônes en béton une vue à couper le souffle sur la rade marseillaise. Ce matin-là, les barres d'immeubles abandonnées laissent une impression de vide, de zone en friche, tandis que plane l'étrange sensation d'être observé. Jean-Luc Brisson, artiste en charge du "Quartier créatif" Bank of Paradise le confirme, nous sommes sur le territoire des dealers. Des carcasses de voitures en plein air provoquent la suspicion. Les stigmates d'une séance de vandalisme, sans nul doute. Et bien non. Pour notre guide, il s'agit en réalité d'un garage improvisé. Cet auteur plasticien, également paysagiste* connaît bien le quartier pour y avoir passé en 2007 deux années en résidence à la Gare Franche, à l'issue de laquelle il a publié un livre intitulé Le paradis, quelques observations sur le plan d'Aou. "Au début, j'avais un peu honte d'appeler ce quartier pauvre un paradis, et puis les habitants ont dit que pour eux, c'était bien le cas. C'est paradoxal, pour un quartier aussi isolé, mais les habitants s'y sentent bien, il y a beaucoup d'entre-soi, l'été les vieux sortent leurs chaises longues pour observer les va-et-vient de la rue... Et on a une vue époustouflante, comme si on flottait au-dessus de Marseille."
Lorsque l'association Marseille-Provence 2013 contacte Jean-Luc Brisson pour participer à un "Quartier créatif" au Plan d'Aou, il ne sait d'abord quoi répondre. "La situation est explosive dans ce quartier en pleine mutation, et au centre d'une politique de renouvellement urbain [l'un des objectifs de la rénovation urbaine est de désenclaver le quartier et de générer une mixité sociale - ndlr] L'idée répandue chez certaines institutions est que les artistes pourraient résoudre les problèmes là où celles-ci échouent. Or, l'artiste ne peut pas y remédier directement, ce n'est pas son rôle, il peut juste être là et veiller à ne pas se laisser instrumentaliser".

Vendre l'âme du quartier

Le but ambitieux des quartiers créatifs se résume à favoriser, par un projet artistique, l'appropriation par les habitants de leur cadre de vie en rénovation. Vaste projet lorsque l'on remarque, avec un oeil averti, les multiples vexations et frustrations des habitants, infligées par une politique de la ville parfois absurde ou incomprise. Telle cette aire de jeux, sous les fenêtres d'un immeuble, équipée d'installations ludiques mais dépourvue de bancs pour éviter les trafics..."Du coup, les mamans s'installent sur les balançoires et les enfants jouent autour", relève Jean-Luc Brisson, hochant les épaules en signe d'impuissance. Autre erreur de la ville, d'après l'artiste-paysagiste, lorsqu'elle a vendu à des particuliers un éperon rocheux, véritable belvédère sur Marseille. "Les habitants l'ont mal pris. En vendant cela, ils ont vendu l'âme du quartier. C'était un lieu de promenade pour les amoureux, les vieux."
Crédit: E.C
Justement, la question de la concertation citoyenne présentée dans le projet de Mp2013 séduit l'artiste, qui réfléchit à un projet hybride entre ses compétences d'artiste et de paysagiste. "On ne sait pas très bien comment s'y prendre, on sait juste qu'on ne peut pas imposer un truc tout fait."C'est là l'objet des polémiques et des critiques autour des quatorze quartiers créatifs, dont certaines associations considèrent justement qu'ils n'impliquent pas suffisamment les habitants. D'autres regrettent les sommes importantes investies dans ces projets, souvent non pérennes, comme celui des "Jardins possibles" de la Busserine, où des associations du quartier ont décidé de se retirer avec pertes et fracas.
De son côté, Jean-Luc Brisson refuse d'entrer dans la polémique et se concentre sur son projet. L'idée de créer une banque, "Bank of paradise", émerge très vite. "J'avais remarqué que les gens parlaient du film de Robert Guédiguian, l'Argent fait le bonheur, tourné à Saint Antoine comme si c'était réel. Il existe toute une mythologie dans le quartier et je voulais que cette banque s'en inspire et la reflète." Jean-Luc Brisson s'installe dans la Bastide de la Gare Franche, lieu artistique du quartier habité par une compagnie de théâtre permanente et propose de créer des faux billets avec les habitants, à partir des dessins récoltés sur le plateau du plan d'Aou. L'idée est de donner de la valeur aux dessins en leur attribuant une devise, imaginaire ou réelle.

L'histoire de la tempête...

Ce mercredi, des enfants du centre aéré de 7 à 10 ans ont rendez-vous à la Gare Franche pour créer leurs billets. Un tour de table est effectué pour entendre les histoires du quartier, celles que les enfants souhaiteraient dessiner sur leurs billets. Un gamin se lance, "moi je voudrais dessiner une rivière, parce qu'on m'a expliqué que derrière il y avait le Maroc, l'Afrique." Une autre poursuit, en référence à un fait divers : "moi je vais dessiner des balançoires et des gens qui sont venus tout brûler". Mutine, la petite Lylia explique, "je vais raconter l'histoire de la grosse tempête qui a amené un bateau sur le plan d'Aou". L'atelier se poursuit sur une bonne partie de la matinée entre les cris d'enfants et les coups de pinceaux appliqués.
Crédit: E.C
"A l'origine, c'est une banque du dehors, nous avions l'idée de fabriquer des guichets, des petits aménagements." Seulement voilà, le premier guichet tout en bois est brûlé, un mois et demi plus tôt, quelques temps après son installation. Jean-Luc Brisson refuse d'abandonner, en tire des enseignements. "C'est révélateur de ce qu'il se passe dans le quartier. Ici, des familles entières vivent du commerce du haschich. Cette entreprise, très familiale, n'a pas envie qu'il se passe trop de choses, et en même temps elle nous tolère parce qu'elle ne veut pas d'histoire. On a fait une erreur en organisant l'inauguration du guichet avec tout le gratin culturel." Le profil des auteurs du saccage ? "Des gamins désoeuvrés, avec un père en prison. On peut être vu comme des gens qui touchent du fric public. Nous ne sommes encore arrivés à atteindre tout le monde, mais nous recommencerons aux beaux jours, nous imaginerons autre chose." Le pari ambitieux des quartiers créatifs semble loin d'être gagné, mais ce matin, Jean-Luc Brisson se raccroche aux sourires des minots.
*Directeur du département Arts plastiques de Versailles, antenne marseillaise (ENSP).
Crédit: E.C
Par Elodie Crézé, le 21 décembre 2012

samedi 11 mai 2013

Enquête d'Eurostat sur le sous-emploi en Europe :26 millions de chômeurs!


Le sous-emploi progresse en Europe

PUBLIÉ LE 06/05/2013 À 11H43par Anne-Sophie Balle
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Comme le chômage, qui atteignait fin mars un nouveau record en Europe (10,9%, soit 26,5 millions de chômeurs), le sous-emploi explose sur le vieux continent.
Depuis le début de la crise, la part des travailleurs à temps partiel désireux de travailler plus et disponibles pour le faire n’a cessé de croître (21,4% en 2012 contre 18,5% en 2008), note Eurostat dans son enquête annuelle sur les forces de travail. Au total, parmi les 43 millions de temps partiel que compte l’UE, 9,2 millions peuvent être considérées comme en situation de sous-emploi. Cette proportion augmente dans les pays où la part des personnes à temps partiel est la plus marginale : c’est le cas de la Grèce, où deux employés sur trois sont sous-occupés mais aussi de l’Espagne (55%). A l’inverse, les Pays-Bas, adeptes du temps choisi, comptent à peine 3% de salariés à temps partiel voulant accroître leur temps de travail, suivis de l’Estonie (8%) et de la République Tchèque (10%). La France se place elle au-dessus de la moyenne européenne, avec près d’un quart (24,7%) d’employés sous occupés, un chiffre stable par rapport à 2011.
Photo : © Ian Hanning/ Réa

TRAVAIL DÉCENT:LA CFDT s’est engagée sur la Journée mondiale du travail décent du 7 octobre avec les organisations syndicales dans le monde.


 SYNDICALISME HEBDO
SUPPLÉMENT AU N°3403 DU 25 AVRIL 201


LE TRAVAIL DÉCENT
LE DIALOGUE TRIPARTITE (SYNDICATS, EMPLOYEURS,
POUVOIRS PUBLICS) AU SEIN DE L’ORGANISATION INTERNATIONALE DU TRAVAIL A PERMIS DE FAIRE ÉMERGER AU NIVEAU MONDIAL LA NOTION DE TRAVAIL DÉCENT COMME DIMENSION ESSENTIELLE D’UNE MONDIALISATION JUSTE, DE LA LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ ET COMME MOYEN
D’INSTAURER UN DÉVELOPPEMENT ÉQUITABLE, SOLIDAIRE ET DURABLE.
POUR L’ORGANISATION INTERNATIONALE DU TRAVAIL (OIT)
« Le travail décent résume les aspirations de tout travailleur : possibilité d’exercer un travail productif et convenablement rémunéré, assorti de conditions de sécurité sur le lieu de travail et d’une protection sociale pour sa famille. Le travail décent donne aux individus la possibilité de s’épanouir et de s’insérer dans la société. Il leur donne aussi la liberté d’exprimer leurs préoccupations, de se syndiquer et de prendre part aux décisions qui auront des conséquences sur leur existence. Il suppose une égalité de chances et de traitement pour les femmes et les hommes. » Il s’agit de conjuguer épanouissement de l’individu et productivité créatrice de richesses. Ces principes sont un point d’appui majeur pour agir au plan local, national, européen et mondial pour l’amélioration des conditions de vie et de travail des salariés.
I

L’OIT VEUT FAIRE DU TRAVAIL DÉCENT UN OBJECTIF MONDIAL
ET UNE RÉALITÉ NATIONALE
Dans le cadre de sa mission de promotion de la justice sociale et des droits de la personne, l’OIT concrétise sa volonté de lutter contre la pauvreté par la mise en oeuvre d’un programme de promotion du travail décent.
Le contexte de crise qui percute tout particulièrement les pays et les populations les plus pauvres, renforce l’urgence d’une action en ce sens.
Le mouvement syndical international fait pression, partout dans le monde, pour que soient prises des mesures favorisant le respect des droits fondamentaux, une croissance économique soutenable, le développement et la justice sociale.L’OIT APPORTE SON AIDE Par des programmes ayant comme objectif de prendre en compte le travail décent à l’échelon national. Ces programmes définissent des priorités et des objectifs qui visent à lutter contre le travail indigne.
CES* ET CSI** SE SONT SAISIES DE CE CADRE D’ACTION EN POURSUIVANT 5 OBJECTIFS1 METTRE FIN AUX EMPLOIS PRÉCAIRES qui ne sont pas seulement défavorables aux travailleurs, mais nuisent au marché du travail et à l’économie. Ils dégradent les conditions de travail, la santé et la sécurité, génèrent des bas salaires et compromettent la cohésion sociale. 2 OBTENIR UNE MEILLEURE ORGANISATION ET UN MEILLEUR CONTENU DU TRAVAIL afin de créer un environnement où les travailleurs sont pleinement informés et consultés, capables de réaliser un équilibre entre les exigences du travail et de la vie familiale, et ont la possibilité d’un apprentissage tout au long de la vie afin d’améliorer leurs compétences et leurs qualifications.3 REVENDIQUER UNE FORTE RÉGLEMENTATION EN MATIÈRE DE PROTECTION DES TRAVAILLEURS, qui, loin d’être un obstacle à un marché du travail dynamique, peut engendrer l’investissement dans le capital humain et l’innovation. 4 ÉTENDRE LA PROTECTION SOCIALE en mettant en place des systèmes de protection sociale qui offrent une sécurité aux travailleurs (maladie, congés, chômage, retraite…).5 PROMOUVOIR LE DIALOGUE SOCIAL en reconnaissant la place des organisations syndicales dans la négociation d’accords collectifs couvrant l’ensemble des salariés de manière à leur assurer un travail décent et un salaire équitable, et en favorisant l’implication des salariés dans les prises de décision qui les concernent.
LE TRAVAIL DÉCENT, UN ENJEU EN EUROPE
Le travail décent c’est d’abord avoir un emploi, mais un emploi de qualité. Rien ne justifie des conditions de travail indignes et des salaires qui ne permettent pas d’en vivre.
L’Europe des 27 compte 26 millions de chômeurs, 20 millions de salariés pauvres…
A ceux-là s’ajoutent ceux qui ont perdu une grande partie de leur pouvoir d’achat. Par exemple, le revenu disponible pour la population grecque a chuté de 20% entre 2008 et 2012, sachant que certains ont perdu davantage…
Garantir un travail décent et des salaires équitables en Europe, c’est renforcer le socle social commun en reprenant les objectifs de la CES et de la CSI.
LE TRAVAIL DÉCENT, CLÉ DU PROGRÈS SOCIAL
Le travail décent doit contribuer au progrès social. Il s’agit avant tout de pouvoir vivre de son travail. Cet objectif est partagé par les forces syndicales en Europe et dans le monde. Atteindre cet objectif, c’est apporter une contribution vitale à la réduction de la pauvreté tant en Europe que dans les autres régions du monde, c’est favoriser le développement durable dans une société juste et ouverte.
Cette exigence de travail décent doit s’appliquer partout dans le monde à l’ensemble des travailleurs de l’économie formelle, mais aussi à ceux de l’économie dite informelle et aux personnes travaillant à leur compte ou à domicile.
Accepter des conditions de travail indécentes dans une partie du monde dans le cadre d’une économie globalisée a inévitablement des conséquences néfastes sur les économies qui ont déjà développé des formes de protection sociale. Un moins-disant social inacceptable au regard du respect des droits de chaque individu dans le cadre de l’exercice de son travail.
ARGUMENTAIRE
LE TRAVAIL DÉCENT
* Confédération européenne des syndicats. - ** Confédération syndicale internationale.
II

3 CAS DE MOBILISATION SYNDICALE POUR LE TRAVAIL DÉCENT 1 LA CONDITION DES JOURNALIERS ET DES SAISONNIERS DANS L’AGRICULTURE EN ITALIE
Une grande partie des fruits produits dans ce pays sont ramassés par des immigrés africains quasiment réduits à l’état de servitude. Le tarif pour remplir de tomates une grande caisse de 300 kg sous un soleil de plomb (40 °) est de 3,50 euros voire 2,50 euros pour les clandestins. Voilà la paie d’un immigré dans les campagnes des Pouilles (sud de l’Italie), où la journée de travail peut durer quatorze heures. Du travail à la pièce.
Les plus robustes peuvent réussir à empocher entre 20 et 25 euros (40 % de moins qu’un Italien à conditions égales), après s’être acquittés d’un tribut sur le transport, la nourriture, l’eau et les autres biens de première nécessité contrôlés par les contremaîtres (les caporali, comme on les désigne en italien, intermédiaires entre les ouvriers et les patrons) qui les recrutent et répartissent le travail.
Alors que se poursuit pour les Italiens la première vague de départs en vacances, la récolte des tomates, des melons et des pastèques a démarré non loin des plus belles plages, employant des milliers d’immigrés d’Afrique ou d’Europe de l’Est. Le syndicat FLAI-CGIL (syndicat des travailleurs agroalimentaires) estime à 400 000 le nombre de saisonniers travaillant en Italie sous la coupe de ces contremaîtres.2 LES TRAVAILLEURS ET TRAVAILLEUSES QUI CONFECTIONNENT DES JEANS « VINTAGE » ET QUI COURENT DES RISQUES IMPORTANTS POUR LEUR SANTÉ
Pour donner leur aspect usé à ces vêtements
« tendance », certaines marques ont recours à la technique du sablage, qui consiste à projeter du sable à forte pression sur le tissu. Les ouvriers qui la pratiquent travaillent sans protection. Ils inhalent les poussières de silice extrêmement toxiques, qui provoquent la silicose, maladie respiratoire incurable. Des travailleurs en sont décédés en Turquie, en Inde, au Bengladesh… Des milliers pourraient être touchés. Avec le collectif Ethique sur l’étiquette, la CFDT agit pour que les fabricants renoncent à utiliser cette technique qui rend pour les travailleurs, ces jeans réellement mortels.3 LES TRAVAILLEURS ET TRAVAILLEUSES DOMESTIQUES
Ils sont exposés dans de nombreux pays aux mauvais traitements et à diverses formes d’aliénation : agressions verbales, cris, insultes liées à leur origine ethniques... Le harcèlement et les sévices sexuels sont très répandus et ont comme tous les mauvais traitements, de graves répercussions sur la santé. Ces travailleurs domestiques ont une durée moyenne de travail de près de 66 heures hebdomadaires en Malaisie, entre 60 et 65 heures par semaine au Qatar, en Namibie, en Tanzanie et en Arabie saoudite. Pour la plupart, ils sont soumis à une disponibilité permanente : plus de la moitié des travailleurs domestiques dans le monde n’ont aucune limite à leur durée hebdomadaire normale de travail, environ 45% n’ont aucun droit à des périodes de repos hebdomadaire ou de congés payés annuels, près de 30 % sont totalement exclus de toute protection légale. La mobilisation du syndicalisme international a permis l’adoption d’une convention par l’OIT. L’action se poursuit pour obtenir sa ratification.
CE QUE FAIT LA CFDT
Elle s’est engagée sur la Journée mondiale du travail décent du 7 octobre avec les organisations syndicales dans le monde.
Elle participe activement aux commissions de la Conférence internationale du travail (CIT), notamment pour obtenir une protection sociale pour tous.
En Europe, elle travaille avec la CES et les fédérations européennes sur les problématiques liées au travail décent : négociations sur la directive Temps de travail, protection des travailleurs migrants (saisonniers, détachés…), etc.
Elle développe des actions avec son institut de coopération, l’Institut Belleville, pour la formation de responsables syndicaux dans le monde, par le renforcement des organisations pour le dialogue social, par l’expertise qu’elle apporte sur le droit du travail, la protection sociale…
Elle mène aujourd’hui, avec le raid Brest Baku, une action innovante pour défendre l’idée d’une vie décente et d’un travail décent pour tous.
Elle dénonce les abus

Mokded Khetimi, 34 ans, fonctionnaire à la communauté urbaine, en poste au service propreté,mort pour un banal coup de klaxon : il est vraiment temps de réagir..!

Marseille : un banal coup de klaxon à l'origine de la mort de Mokded

Marseille / Publié le samedi 11 mai 2013 à 09H20
Deux hommes ont été poignardés jeudi soir à Noailles. L'un d'eux est décédé
L'un des deux hommes poignardés jeudi soir, à Noailles, est décédé de ses nombreuses blessures hier matin.
Photo cyril sollier
L'un des deux hommes poignardés jeudi soir, à Noailles, est décédé de ses nombreuses blessures hier matin.

Un banal coup de klaxon. Peut-être quelques paroles échangées sur le ton de la colère. Voilà qui a suffi à faire couler le sang, jeudi soir, sur un trottoir de Noailles. "Il est mort pour rien", lâche, bouleversé, un riverain de la rue Pollack, théâtre de ce nouveau drame incompréhensible, quelques heures après l'annonce du décès de Mokded Khetimi, 34 ans.
Jeudi, vers 22 h 30, Mokded et son frère tentent de se frayer un passage avec leur véhicule, rue Rodolphe-Pollak (1er). Un groupe d'individus, amassés devant un snack, déborde sur la voie de circulation. Malgré la présence du véhicule, personne ne bouge. Un coup de klaxon fuse.

Une dispute éclate et des coups sont échangés. À mains nues mais aussi à l'aide d'un couteau. Mokded est grièvement blessé au niveau du thorax. Son frère, plus légèrement blessé, recevra un coup de couteau au niveau du crâne. Transporté vers le service de chirurgie cardiaque de l'hôpital de La Conception, Mokded est décédé de ses nombreuses blessures hier matin.
"Son frère et lui venaient de dîner chez leur mère. C'était un type sans problème, insiste Patrick Mennucci, député-maire des 1er et 7e arrondissements. Il était fonctionnaire à la communauté urbaine, en poste au service propreté". Alors que son frère quittait l'hôpital, l'enquête, confiée à la brigade criminelle de la sûreté départementale, avançait à grands pas.

Les nombreux témoignages ainsi que l'exploitation des images captées par les caméras de vidéosurveillance ne tardent pas à mettre les policiers sur la piste d'un individu, fortement soupçonné d'être l'auteur des coups de couteau mortels. Une perquisition menée à son domicile aurait également été positive. Des vêtements ensanglantés auraient été découverts par les fonctionnaires, mais l'individu, hier soir, était toujours introuvable.
"Ici, le problème n'est pas la présence policière. Noailles, c'est peut-être le quartier qui concentre le plus de policiers, assure le député maire. Là, on est dans le crime gratuit pur. Cet homme a été lynché, pour rien. C'est inadmissible".
Un rassemblement, organisé par le conseil de quartier, les commerçants et la mairie de secteur a eu  lieu ce matin, à 11 heures, à l'angle de la rue du Musée et de la rue Pollak.

Laetitia Sariroglou

 
 

jeudi 9 mai 2013

Conférence sociale les 20 et 21 juin.

 

Fonction publique, retraites,

 famille, formation… :

précisions sur le calendrier social 2013

Une communication du Conseil des ministres de mardi 7 mai 2013
a porté sur les sujets de concertation à venir. Jean-Marc Ayrault
a aussi abordé certains sujets sociaux lors du séminaire gouvernemental
qui a réuni lundi à l'Elysée la quasi-totalité du gouvernement pour
 le premier anniversaire de l'élection de François Hollande.
Le gouvernement prépare une deuxième conférence sociale, qui se tiendra les 20 et 21 juin au Palais d’Iéna. Selon le compte-rendu du Conseil des ministres, “le contenu comme les échéances de la première feuille de route ont été respectés, voire parfois anticipés pour tenir compte de la situation économique et sociale”.
Au programme de ce rendez-vous de fin juin notamment, la fonction publique. Pour le gouvernement, “les chantiers relatifs aux agents publics avancent également conformément à la feuille de route” définie lors de la première conférence sociale.
Il s’agit des droits syndicaux, de l’égalité femmes-hommes notamment.
Compte personnel de formation - Le gouvernement indique aussiavoir proposé une rénovation de la grille des catégorie C, et que “dès l’automne, une nouvelle phase de négociation sera engagée sur une réforme d’ensemble de l’architecture statutaire de la fonction publique”.
Le compte-rendu du Conseil des ministres apporte également des précisions sur le chantier de la formation professionnelle. Une concertation débute le 21 mai entre l’Etat, les régions et les partenaires sociaux pour assurer l’alimentation du compte personnel de formation – créé par le projet de loi relatif à la sécurisation de l’emploi – en faveur des jeunes et des actifs sans qualification.
Projet de loi relatif aux droits des femmes début juin - Sur l’égalité entre les femmes et les hommes, la communication indique que “les partenaires sociaux ont intensifié le rythme de leur négociation sur l’égalité professionnelle et la qualité de vie au travail, dont le gouvernement espère qu’elle sera conclue prochainement”. 
Par ailleurs, un projet de loi relatif aux droits des femmes sera présenté au début du mois de juin pour favoriser le partage des responsabilités parentales et progresser dans la lutte contre la précarité des femmes.
“Nous annoncerons d’ici un mois nos mesures sur la politique familiale”, a aussi précisé Jean-Marc Ayrault lors du séminaire gouvernemental qui a réuni lundi à l’Elysée la quasi-totalité du gouvernement pour le premier anniversaire de l’élection de François Hollande, selon le texte de son intervention communiqué par ses services.
Environ 15 % des familles seront concernées, selon le gouvernement, par cette réforme qui devrait instituer des conditions de ressources pour le versement des allocations familiales.
L’objectif de cette réforme est de faire des économies pour ramener à l’équilibre la branche famille de la Sécurité sociale, dont le besoin de financement est évalué à 2,2 milliards d’euros à l’horizon 2016.
Cette réforme des aides familiales sera complétée, a promis M. Ayrault, par des mesures “sur la petite enfance et l’accueil dans les crèches”.
Concernant l’école, le chef du gouvernement a expliqué que “les parents nous attendent maintenant sur la mise en oeuvre, avec les collectivités locales, de la réforme des rythmes éducatifs, et la transformation des méthodes pédagogiques”.
“La rentrée 2013, ce sera notre première rentrée, doit bien se passer”, a fait valoir M. Ayrault. Cette rentrée sera, selon lui, “déterminante pour la confiance des Français dans notre capacité à conduire des réformes”.
Réforme des retraites au Parlement à l’automne - Une réforme des retraites figure aussi à l’ordre du jour de la deuxième conférence sociale. La commission pour l’avenir des retraites, présidée par Yannick Moreau, doit formuler “au début du mois de juin des pistes de réforme à court et long termes”. 
“La réforme globale sera discutée par le Parlement à l’automne 2013″, a par ailleurs précisé M. Ayrault.
Pour préparer cette conférence sociale, le Premier ministre recevra les partenaires sociaux lundi 13 mai à Matignon. Jean-Marc Ayrault commencera par les organisations patronales avec, à partir de 8 h 30, le Medef, puis l’UPA (artisans) et la CGPME.
A 12 h 30, FO sera reçue, avant, dans l’après-midi, la CFDT, la CFE-CGC, la CFTC, et la CGT. Cette série de consultations, annoncée le 24 avril, sera conclue par une déclaration du Premier ministre.
Conférence de méthode le 22 mai - Les huit organisations seront ensuite toutes réunies à Matignon le 22 mai pour une “conférence de méthode”, avant la tenue de la conférence sociale les 20 et 21 juin.

Les communes qui agissent en faveur des Roms

Réalisée par la Commission européenne, la carte des collectivités
qui ont engagé une politique volontariste en faveur des roms
 comprend 32 communes françaises.
La carte en dit plus que de long discours sur la faible mobilisation des autorités locales en Europe pour mettre en place des stratégies d’inclusion des Roms.
Produite par la Commission européenne, cette carte interactive met en évidence les villes qui se sont engagées à intégrer leur population rom.
Si “l’inclusion sociale des Roms relève de la responsabilité partagée des institutions et des États membres de l’UE, il est essentiel de mobiliser les autorités locales afin de mettre en place des mesures concrètes qui modifieront les conditions d’existence des communautés roms”, souligne la commission.
En Europe, la population rom totalise entre 10 à 12 millions de membres, dont six millions au sein de l’UE.

Les réseaux d’élus et de villes qui échangent les bonnes pratiques

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mercredi 8 mai 2013

Dans la région de Nice, la quasi-totalité des salariés de Sita Méditerrannée sont aujourd’hui adhérents à la CFDT car ils ont croisé un jour la route de Smaïn Moudent

 

 

Sita méditerrannée, la soif d'apprendre

publié le 24/04/2013 à 10H13 par Jérôme Citron
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Dans la région de Nice, la quasi-totalité des salariés de Sita Méditerrannée sont aujourd’hui adhérents à la CFDT car ils ont croisé un jour la route de Smaïn Moudent. Ce militant entier et attachant se démène sans compter à leur côté. Son dernier défi en date : avoir convaincu une douzaine de collègues de retourner sur les bancs de l’école pour réapprendre à lire et à écrire. Et ce beau projet devrait faire des petits…
(passez en mode plein écran pour lire les commentaires)
Photos : Patrick Gaillardin
Spécialiste du traitement des déchets, Sita Méditerranée est une filiale du groupe Suez qui travaille aussi bien pour les particuliers, les entreprises et les collectivités. L’entreprise réceptionne, trie et transporte dans toute la région cette matière première dont une partie est valorisée. Les salariés n’ont bien souvent qu’une formation minimum lorsqu’ils débutent dans l’un des nombreux sites disséminés sur toute la Côte. Beaucoup ont commencé via une mission d’intérim, d’autres sont issus d’une filière d’insertion professionnelle.