samedi 5 janvier 2013

Syndicalistes: ceci vous regarde


Finances locales 


L’année 2013 devrait être riche pour les finances locales ! Outre
 l’Acte IIIde la décentralisation qui devrait poser les bases d’une
réforme fiscale,de nombreux autres dossiers doivent avancer cette
 année tant du côtédu financement – création d’une banque publique
 et d’une agence definancement des collectivités – que de la
 péréquation – début des mécanismes régionaux et départementaux
 sur la CVAE –, des emprunts « toxiques » ou de la révision des
 valeurs locatives.

Acte III de la décentralisation

Le texte est annoncé pour mars 2013 par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, il ne posera toutefois que des bases concernant la réforme fiscale qui sera portée par la loi de finances pour 2014.
En effet, l’avant-projet de loi dévoilé par La Gazette a démontré que la loi ne fixerait qu’un cadre pour de futures dispositions relatives notamment à la fiscalité des régions qui pourraient se voir attribuer de nouvelles ressources.
D’autres aspects devraient tout de même être évoqués de manière plus précise comme l’expérimentation de la certification des comptes ou de la révision des valeurs locatives des locaux d’habitation (voir plus bas).
L’avant-projet de loi évoquait également des sanctions nouvelles en cas d’irrégularités dans la gestion locale et l’exigence nouvelle d’un rapport à l’Etat « sur les orientations budgétaires, les engagements pluriannuels envisagés ainsi que sur la gestion de la dette » des collectivités.
Lors d’un atelier au Congrès des maires, Christine Mesnager, chef de bureau à la DGFIP, a de son côté indiqué que les directions départementales et régionales des finances publiques disposaient d’un plan d’action prévoyant notamment la contractualisation avec les collectivités locales de la vérification de l’assiette des impôts locaux.
Un retour sur la cotisation foncière des entreprises, dont les bases minimales ont réservé quelques surprises en fin d’année 2012, semble inévitable tant les critiques se multiplient sur le mécanisme en vigueur.

Financement des collectivités : banque publique et agence de financement

Après l’accord de Bruxelles sur le plan de résolution de Dexia, la Banque postale et la Caisse des dépôts vont pouvoir enfin se lancer dans la création d’une nouvelle banque publique des collectivités. Celle-ci s’appuiera sur un établissement de crédit détenu par l’Etat, la Caisse des dépôts et la Banque postale et qui rachètera Dexia municipal agency (DMA).
La nouvelle banque « octroiera exclusivement des prêts dans des secteurs où il existe une défaillance de marché bien identifiée, à savoir les prêts aux collectivités locales françaises et aux hôpitaux publics français », a rappelé la Commission européenne dans sa décision sur Dexia.
La Banque postale continuera par ailleurs de son côté à proposer des prêts de court et de long termes au secteur public local.
Le feu vert donné par François Hollande lors du dernier Congrès des maires à l’agence de financement des collectivités a enfin permis de connaître la position du gouvernement sur ce projet. Les associations qui le portent ne sont toutefois pas au bout des difficultés, la création d’une telle agence nécessitant encore de franchir certaines étapes comme l’obtention de l’agrément de l’Autorité de contrôle prudentiel.
Il faudra aussi que le gouvernement inscrive ce projet dans un texte de loi… l’Acte III ?

Hausse de la péréquation

Après une année 2012 sous le signe de la mise en place du fonds de péréquation des ressources intercommunales et communales (FPIC), 2013 sera celle de la péréquation départementale et régionale sur la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises. Et les problèmes devraient être aussi nombreux si ce n’est plus au vu de la manière dont le dispositif a été bricolé, détricoté et manipulé lors de l’examen de la loi de finances pour 2013.
Déjà évoquée dans les lois de finances 2010 et 2011, cette péréquation sur la CVAE ne semble contenter ni les départements, ni les régions, ces dernières semblant peu motivées pour partager leurs richesses entre elles. Le peu de recul sur la CVAE devrait aussi fournir son lot de surprises.
Pour le FPIC, la 2e année sera surtout marquée par une montée en puissance, de 150 millions d’euros en 2012 à 360 millions en 2013, qui ne manque pas de faire râler certaines associations d’élus.
Les ajustements réalisés en loi de finances pour 2013 semblent sinon plutôt faire consensus, notamment l’introduction du revenu dans les critères de prélèvement.

Plus de contentieux sur les emprunts toxiques ?

2012 a vu la création d’un fonds symbolique de 50 millions d’euros en loi de finances pour venir en aide aux communes les plus en difficultés pour sortir de leurs emprunts sensibles. L’association Acteurs publics contre les emprunts toxiques demande la mise en place d’un fonds de soutien nettement plus conséquent, avec surtout une participation du système financier.
L’année 2013 devrait faire entrer largement les juges dans la partie. Les premiers contentieux devraient être examinés au fond dès le début de l’année. Par ailleurs, les collectivités ont jusqu’en juin 2013 pour assigner les banques, les assignations pourraient donc se multiplier d’ici là.
Toutefois, Dexia crédit local a obtenu le droit de la Commission européenne de produire 600 millions d’euros de crédits nouveaux sur 2013 et 2014 afin de sortir de ces emprunts, les négociations avec les collectivités devraient en être facilitées.

La révision des valeurs locatives généralisée

A compter du mois de février 2013, la révision des valeurs locatives des locaux professionnels sera généralisée à l’ensemble du territoire métropolitain et dans les DOM.
Selon les informations communiquées par les services de l’Etat, les propriétaires de locaux professionnels recevront une déclaration à remplir pour chaque local qu’ils possèdent.
Cette déclaration, pré-identifiée, leur sera adressée mi-février 2013. La date limite de dépôt de cette déclaration est fixée au 8 avril 2013.
Un service de télé déclaration sera par ailleurs proposé à tous les propriétaires et des délais supplémentaires seront accordés aux télédéclarants.
Concernant la révision des valeurs locatives des locaux d’habitation, le gouvernement a montré lors de l’examen du dernier projet de loi de finances rectificative pour 2012 sa volonté de lancer la procédure.
Il faut désormais attendre un véhicule législatif adapté qui pourrait être le texte de l’Acte III de la décentralisation annoncé pour mars.
L’amendement du gouvernement prévoyait de fixer en loi de finances fixe les conditions de la révision générale des valeurs locatives des locaux à usage d’habitation avant le 1er janvier 2014 à l’issue d’une concertation avec les associations représentatives des élus locaux, d’une part, et de propriétaires et de locataires, d’autre part.
En 2014 et 2015, une expérimentation serait conduite dans 3 départements. « La révision des valeurs locatives des locaux à usage d’habitation est conduite à partir de 2016 et les valeurs locatives en résultant sont prises en compte pour l’établissement des impositions de l’année 2018. »

Répétition générale sur le Vieux- Port: un beau oaï :why (*) ou ouaille? Comme vous voulez! )


Nouveau plan de circulation : 

Aujourd'hui, le plan de circulation changeait sur le Vieux-Port. Si la presse locale a bien relayé l'information, celle-ci a eu du mal à diffuser auprès des automobilistes et des conducteurs de bus de la RTM. Surtout quand la police municipale décide de prendre une pause... Résultat : un beau oaï.

MarsActu/Guillaume Hennenfent
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Dix heures du matin. Concert de klaxons sur le Vieux-Port. Non, il ne s'agit pas d'une répétition générale de la grande clameur prévue pour le lancement de la capitale culturelle. Le plan de circulation a changé ce matin même. La presse locale y a consacré de pleines pages mais le message n'est pas vraiment passé... Ou mal. Résultat, des files de voitures s'entremêlent sur les deux voies de circulation et un long train de bus de la RTM forme un S du quai de Rive-Neuve à l'ancien quai des Belges. Il faut dire que le plan fourni par la Communauté urbaine omet de préciser quelles sont les voies dévolues aux bus et celles réservées aux voitures. 
Au fil des minutes, la thrombose s'accentue. Très vite, le nouveau quai de la Fraternité est saturé par les véhicules de la RTM avec près de vingt bus ensemble sur le Vieux-Port. A tel point qu'on a l'impression d'une grève spontanée des chauffeurs. Jointe par nos soins la direction de la communication de la RTM a une explication simple et très marseillaise. "Ce matin, compte tenu du changement de plan de circulation, la police municipale a commencé à faire de la pédagogie en incitant les automobilistes à ne pas emprunter les voies de bus. Sauf qu'à un moment donné, ils sont partis. Ce qui a amené les difficultés que vous avez constatées. Nous les avons tout de suite rappelés".
Effectivement, au plus fort du bouchon, il n'y avait plus un seul policier municipal sur le secteur. A tel point que les chauffeurs de la RTM on tiré le frein à main quelques minutes en attendant que la maréchaussée vienne à leur rescousse. Mais ce n'est pas le seul problème conjoncturel. "Il fallait bien qu'on essuie les plâtres en grandeur nature, confie un agent de la RTM qui s'escrime à remettre les bus en mouvement. Mais là c'est le grand n'importe quoi. D'abord, il n'y a pas de signalisation qui différencie clairement la voie des bus et celle des voitures. Du coup, s'il n'y a pas de policiers pour gérer la circulation, il y a des voitures partout et nous on ne passe plus".

"Trop de voitures, pas assez de bus"

À ce problème de panneaux, s'ajoute un problème de feux tricolores. Un chauffeur de bus à l'arrêt détaille l'engambi : "La durée des feux est mal calculée. Résultat, on se retrouve tous à stationner en enfilade. Le problème commence au feu de la rue Fort-Notre-Dame. Au niveau de la place aux Huiles, il y a un feu pour les voitures qui partent vers le Pharo. Mais la voiture qui attend au feu nous empêche de tourner et on bloque le trafic. Heureusement, ils ont prévu de reculer le feu de quelques mètres. Mais, ça continue après. Quand on arrive au Cours Jean Ballard, le feu est trop court. Résultat, s'il y a un bus qui stationne à son arrêt sur le cours et d'autres qui s'engouffrent après lui, ça bouchonne".
Même cause, même effet à l'angle du Vieux Port et de la Canebière. Là encore, le feu tricolore ne dure pas plus de 30 secondes et la station Canebière Vieux-Port n'est qu'à quelques mètres. Résultat, ça bouchonne sec. Surtout quand les automobistes marseillais font fi des sens uniques et continuent tranquillement à descendre la Canebière. "Pour moi, le problème à Marseille, c'est qu'il y a trop de voitures et pas assez de bus", plaide (pro domo) un agent de la RTM. 
Au bout d'une bonne heure d'énervement, la police municipale finit par revenir sur le théâtre des opérations et le trafic reprend un peu de fluidité. Visiblement, le concept de semi-piétonnisation n'est pas encore ancré dans les moeurs. 
Actualisation : Quelques heures après les difficultés matinales, les choses entrent peu à peu dans l'ordre. Dans l'après-midi, la police nationale est venue prêter main forte à la police municipale et mettre de l'ordre dans les couloirs de circulation. Directeur des infrastructures à la Communauté urbaine, Joël Vanni(*) modère les commentaires sur les difficultés de circulation :"Franchement, on s'attendait à pire. Le problème est que les Marseillais ne respectent pas les sens de circulation. L'important est de suivre nos objectifs : diminuer la circulation sur le Vieux-Port et la rendre plus apaisée. Il faut que ça marche nous n'avons pas le choix". Concernant l'absence de signalisation et la durée des feux tricolores, le directeur ne nie pas que des ajustements sont nécessaires : "On ne pouvait pas arrêter la circulation pendant deux jours pour tout mettre au point. Il y aura forcément des ajustements. C'est déjà le cas pour la signalisation, ça le sera aussi pour les feux tricolores. Ils seront réglés au plus près des usages. Mais justement, l'important est de changer les usages. Les gens doivent perdre l'habitude de passer par le Vieux-Port et emprunter les tunnels et le boulevard urbain. Aujourd'hui, le tunnel était vide. Ce n'est pas normal. Il faut que cela marche. Nous n'avons pas le choix". Nous verrons lundi, avec la rentrée effective, si les choses se normalisent un peu.
L'ombrière en bas à gauche : les gabians vont se "régaler" 
Par Benoît Gilles, le 4 janvier 2013

Dernier round de négociation les 10 et 11 janvier pour la sécurisation de l’emploi



CFDT le 04 janvier 2013

Inquiet de l’attitude du patronat dans la négociation sur la sécurisation de l’emploi, la CFDT a prévenu le patronat que les prochaines séances des 10 et 11 janvier seraient celles de la dernière chance pour aboutir à un compromis.
« La balle est dans le camp du patronat ! » Pour la CFDT, il n’est pas question de reproduire les 10 et 11 janvier 2013, prochaines dates de la négociation sur la sécurisation de l’emploi, ce qui s’est déroulé lors des séances des 19 et 20 décembre. À savoir un patronat qui peine « à avancer sur les points essentiels », voire à arrêter « un mandat pour répondre aux organisations syndicales, même les plus constructives ».
C’est sur le « constat amer » que « les conditions d’un accord n’étaient pas réunies » que le secrétaire national Patrick Pierron, chef de file de la délégation CFDT*, a acté le report de la conclusion de cette négociation à début janvier 2013. Et pour cause. Dans sa dernière mouture, le projet d’accord présenté par la partie patronale ne faisait état d’aucune avancée significative sur ce qui constitue pour la CFDT les points durs de cette négociation : faire reculer la précarité, en renchérissant le coût des contrats courts, en particulier de moins d’un mois, et en encadrant le travail à temps partiel imposé ; généraliser la couverture de tous les salariés et demandeurs d’emploi par une complémentaire santé « responsable » ; mettre en œuvre des droits rechargeables à l’assurance-chômage sans les conditionner à des mesures de réduction des droits des demandeurs d’emploi. Au-delà, la dernière version du texte sur laquelle ont planché les partenaires sociaux tout au long de la journée du 20 décembre révélait « un problème de loyauté dans l’écriture », a estimé Patrick Pierron, en référence aux nombreux droits affichés mais réduits à néant la phrase suivante.
Des enjeux de taille
Pour autant, la CFDT continue d’espérer qu’un compromis sera possible. L’enjeu est de taille. Alors que les dernières prévisions de l’Insee annoncent un premier semestre noir en 2013, il s’agit plus que jamais de faire la preuve que le dialogue social est à même de proposer des solutions concrètes pour enrayer la hausse continue du chômage et de la précarité. Plus largement, l’échec de la négociation représenterait un véritable revers dans la longue marche vers la démocratie sociale. Mais cela ne doit pas se faire à n’importe quel prix. « L’objectif est de trouver un compromis qui fasse avancer les droits des salariés et notamment des plus précaires. » La CFDT attend donc que la prochaine version du texte présentée par la partie patronale acte des avancées sur les trois points qui conditionnent son éventuelle signature. Elle s’attachera également à la « clarté » des articles du texte et à la « loyauté de leur écriture », insiste Patrick Pierron.
En clair, l’heure n’est plus aux manœuvres dilatoires.  « Le 10 et 11 janvier constitueront le dernier round de négociation, prévient le chef de file de la délégation. Le patronat porte désormais l’entière responsabilité d’un éventuel échec. Il doit être conscient qu’après le 11, la balle sera dans le camp du gouvernement. » À bon entendeur…
 
* La délégation confédérale est composée des secrétaires nationaux Patrick Pierron,Véronique Descacq et Marie-Andrée Seguin, de Dominique Gillier, membre du Bureau national, et des secrétaires confédéraux Cécile Cottereau et Didier Cauchois.
 
Vous pouvez poser vos questions, faire part de vos réactions ou faire des suggestions en écrivant aux négociateurs à l’adresse suivante :negoemploi@cfdt.fr

Un nouvel outil CFDT pour l’action syndicale dans l’entreprise

vendredi 4 janvier 2013

RSA :un "cadeau" de noël . Le montant de cette aide exceptionnelle est fixé à 152,45 € pour une personne seule. Il est majoré lorsque le foyer comprend plusieurs personnes, en fonction de la composition de celui-ci.


Le Gouvernement reconduit en 2012 l'attribution d'une aide exceptionnelle
de fin d'année aux bénéficiaires du RSA. Un décret définit les conditions et
 les modalités de son versement.
Cette aide est attribuée aux bénéficiaires du RSA qui ont droit à cette allocation au titre du mois de novembre 2012 ou, à défaut, au titre du mois de décembre 2012, sous réserve que le montant dû au titre de ces périodes ne soit pas nul et à la condition que les ressources du foyer n’excèdent pas le montant forfaitaire, dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d’enfants à charge. Une seule aide est due par foyer. Le montant de cette aide exceptionnelle est fixé à 152,45 € pour une personne seule. Il est majoré lorsque le foyer comprend plusieurs personnes, en fonction de la composition de celui-ci.
Parallèlement, une aide exceptionnelle similaire de fin d’année est également attribuée aux bénéficiaires du RSA du département de Mayotte. La prime sera versée par la caisse d’allocations familiales de La Réunion, compétente pour le Département de Mayotte.
RÉFÉRENCES
Décret n° 2012-1468 et n° 2012-1469 du 27 décembre 2012, JO du 28 décembre

jeudi 3 janvier 2013

''Un syndicalisme utile face aux graves difficultés économiques''



Revue | 17 Dec. 2012 par Caroline Werkoff-Leloup
De l’enjeu du renouvellement à la place des cadres. Entretien avec Laurent Berger.
Faire adhérer les salariés de moins de 35 ans, les femmes et les salariés issus de la diversité, catégorie où nous avons beaucoup de progrès à accomplir, autant de défis à relever pour la CFDT dans les prochaines années. Quant aux cadres adhérents, ils occupent une place particulière parce qu’ils font l’organisation du travail au quotidien et sont en première ligne pour la faire évoluer.

Le syndicalisme est confronté à une désaffection des plus jeunes. Comment retourner cette tendance et plus largement, comment mieux coller aux aspirations des salariés et leur donner envie de se syndiquer ?


Lauren Berger. Cette question de la désaffection des jeunes vis-à-vis du syndicalisme mérite d’être traitée en corrélation avec l’évolution du marché du travail. En France, on obtient un emploi stable, CDI ou entrée dans la fonction publique, en moyenne à 27 ans, ce qui est tard. Ce qu’il nous faut améliorer, c’est l’accueil des jeunes dès leur entrée dans le monde du travail, quels que soient leur situation et leur statut. Il y a tout un travail de proximité à effectuer auprès de ces salariés qui ont des contrats précaires. Il faut adapter nos pratiques syndicales et proposer des services spécifiques à ce type de public et être en capacité de prouver l’utilité du syndicalisme, y compris pour eux. Être capable de faciliter l’insertion professionnelle des jeunes sans qualification, peu diplômés ou diplômés, c’est ce que nous avons fait au travers des accords nationaux interprofessionnels de 2011 puis, plus récemment, par l’accord sur le contrat de génération ou notre implication dans les emplois d’avenir. Mais cela ne peut suffire si nous n’allons pas vers ces jeunes pour les écouter, les accompagner dans leur parcours et leur proposer d’adhérer à la CFDT.

Ce problème d’adhésion se double d’un problème de renouvellement des responsables de l’organisation. Pour donner aux jeunes militants l’envie de rester à la CFDT et leur donner les moyens de prendre plus de responsabilités dans l’organisation s’ils le souhaitent, nous organisons depuis deux ans à Bierville une rencontre de trois jours à destination des jeunes militants responsables de moins de 35 ans. Ces rassemblements, appelés « Effervescences », doivent apporter une formation politique solide à environ 150 jeunes militants repérés dans et par les organisations CFDT. Ils doivent donner une approche du fonctionnement démocratique et de la prise de décision dans l’organisation et permettre de construire un réseau de jeunes militants au sein de la CFDT. Les jeunes participants bénéficient de formations liées aux thèmes clés de notre action revendicative. En 2012, ils ont été amenés à débattre des enjeux sous la forme d’un « congrès blanc » au cours duquel ils se sont approprié le fonctionnement démocratique de nos instances (rédaction d’amendements, débats, votes).

Cette question de l’adhésion et de la place dans l’organisation, jusqu’à la prise de responsabilités, ne se pose pas seulement pour les jeunes, mais aussi pour les femmes et les personnes issues de la diversité. Sur la diversité, nous avons du mal à avancer. Dans certains champs professionnels, les salariés sont d’une grande diversité, les adhérents un peu moins et plus on monte en responsabilité, moins c’est le cas. Nous avons donc décidé à l’assemblée générale des syndicats de la fin du mois de novembre 2012 de mener une recherche-action sur cette question. La vraie difficulté pour une organisation syndicale est de faire venir des jeunes, des femmes et des personnes issues de la diversité et de les accompagner dans leur parcours militant de l’entrée à la sortie de la CFDT. Il ne s’agit pas seulement de faire adhérer toutes ces personnes, il faut aussi leur offrir des services et les accompagner dans leur parcours syndical sans qu’elles se sentent stigmatisées à l’intérieur de leur entreprise ou de leur administration.

Avant d’être élu secrétaire général de la CFDT le mercredi 28 novembre 2012, vous avez été chargé dès 2010, lors du dernier congrès confédéral de Tours, d’un chantier sur l’évolution du fonctionnement de la CFDT. Ce chantier doit aboutir en 2014, lors du congrès de Marseille. Quels sont les principaux objectifs poursuivis par ce chantier ?



L.B. Ce chantier doit permettre de mieux coller aux aspirations du salariat. Il a été lancé pour rendre la CFDT encore plus proche des salariés, des adhérents et des militants, et plus représentative du salariat. Nous sommes partis de la réalité et des spécificités des sections syndicales et des syndicats et nous avons mis en place une méthode participative par expérimentation et par projet pour faire avancer six projets : « soutien et accompagnement des militants », « place et prise de responsabilité des jeunes, des femmes et des personnes issues de la diversité », « service aux adhérents », « proximité avec les salariés », « évolution de la presse et de la communication » et « place des syndicats, rôle des structures ».

L’assemblée générale des syndicats de novembre 2012 a permis de faire le point sur les premières avancées concrètes et de fixer les prochains objectifs à poursuivre d’ici le congrès de Marseille, en 2014. Devant le succès rencontré par les « enquêtes flashs », nous encourageons le plus grand nombre de sections syndicales à engager ces enquêtes auprès des salariés. Comme leur nom l’indique, ces enquêtes permettent de manière simple et rapide de mieux connaître les aspirations des salariés, de faire connaître le travail de la CFDT et elles représentent une bonne porte d’entrée vers l’adhésion. Nous allons poursuivre le service aux adhérents « Réponses à la cartes », une expérimentation plébiscitée depuis sa mise en place par les usagers : une plate forme téléphonique est à la disposition des adhérents qui ne savent pas toujours à quel interlocuteur poser leurs questions éventuelles sur leur contrat de travail par exemple. D’après une enquête, le taux de satisfaction des usagers de ce service est supérieur à 90%. Trois régions participent déjà à cette expérimentation dans laquelle la CFDT Cadres s’est impliquée. Une nouvelle union régionale devrait les rejoindre. Nous allons aussi organiser en octobre 2013 un temps fort de rassemblement national des élus et des mandatés d’entreprise et d’administration pour mieux soutenir et accompagner ces militants. Et nous allons généraliser les expérimentations engagées en matière de repérage des militants et de formation des responsables pour mieux représenter le salariat et accompagner les femmes et les personnes issues de la diversité qui souhaitent s’impliquer dans la CFDT.

Vous êtes devenu secrétaire général de la CFDT en novembre 2012. Pouvez-vous revenir sur votre parcours militant ?


L.B. J’ai adhéré à la CFDT pendant que j’étais surveillant dans un collège, durant mes études d’histoire. J’ai été secrétaire général de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne pendant deux ans, puis j’ai fait quelques remplacements comme professeur d’histoire-géographie avant d’intégrer une association d‘insertion pour aider des adultes en chômage de longue durée et allocataires du RMI à trouver un emploi. Au sein de cette structure de neuf personnes, j’ai été élu délégué du personnel et j’ai créé une section CFDT. En 1996, j’ai refusé de prendre la direction d’une entreprise d’insertion professionnelle pour devenir permanent à l’union locale CFDT de Saint-Nazaire. J’ai alors travaillé notamment sur les problématiques de l’emploi et sur la place des jeunes au sein de la CFDT. En 2003, j’ai été élu secrétaire général de l’union régionale CFDT des Pays de la Loire. La même année, j’ai intégré le Bureau national de la CFDT. J’ai été élu en 2009 à la Commission exécutive confédérale en tant que responsable des TPE-PME et chargé de la coordination et de la rédaction de la résolution générale dont j’ai été rapporteur au congrès de Tours en juin 2010.

Je suis devenu secrétaire général adjoint de la CFDT au début de l’année 2012. Mes responsabilités au niveau national, en dehors du chantier d’évolution de l’organisation, couvraient les questions d’emploi, de sécurisation des parcours professionnels et d’insertion. A ce titre, j’ai été chargé des négociations sur l’assurance chômage et l’emploi des jeunes. Je coordonnais également l’action revendicative de la CFDT.

Comment voyez-vous la place des adhérents cadres et ingénieurs dans la maison CFDT ?


L.B. Tous les salariés ont leur place à la CFDT, les cadres et les ingénieurs comme les autres.  Dans le contexte économique actuel, les entreprises doivent faire face en permanence à des mutations. Les cadres sont en première ligne car ce sont eux qui font vivre et évoluer l’organisation du travail au quotidien. Dans un moment où l’intensification du travail est une réalité pour nombre de salariés, où l’évaluation de la performance est fréquente et où on cherche à donner du sens au travail, leur rôle compte beaucoup. A l’intérieur de la confédération, la situation n’est plus la même qu’il y a encore dix ans où certains remettaient en cause leur place. Le débat est maintenant dépassé. La confédération demande d’ailleurs souvent à Jean-Paul Bouchet ou d’autres secrétaires nationaux de la CFDT Cadres d’intervenir dans les débats ou les travaux. C’est un signe tangible de la place privilégiée qu’occupent désormais les cadres dans la confédération. La confédération n’hésite pas également à s’investir directement pour soutenir certains dossiers cadres. Ce fut le cas l’année dernière quand la situation de l’Apec était difficile et son existence même menacée. Je me suis occupé directement du dossier et je ne suis pas certain que sans l’implication de la confédération, cette organisation aurait survécu.

La présence des cadres dans la confédération est donc une vraie richesse pour la confédération, car la CFDT Cadres apporte sa vision et ses propositions sur l’organisation du travail, les retraites et bien d’autres dossiers. Elle l’est aussi pour les cadres qui peuvent ainsi sortir d’une logique de défense purement catégorielle de leurs intérêts.

Au début de votre mandat comme secrétaire général de la CFDT, quelle réalisation vous tient le plus à cœur ?


L.B. Je veux montrer que le syndicalisme est utile dans ce moment de graves difficultés économiques et sociales. Chaque corps intermédiaire doit s’interroger sur son utilité dans cette période compliquée. Ma préoccupation principale actuelle est que la négociation en cours sur la sécurisation de l’emploi aboutisse, avec de vraies garanties pour les salariés afin de sécuriser leur parcours professionnel et de construire des alternatives solides pour maintenir et sécuriser l’emploi.

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