lundi 29 octobre 2012

On donne l’impression que l’on veut vendre la fonction publique par appartements » souligne, pour La Gazette, Brigitte Jumel, secrétaire nationale de l'UFFA CFDT


Fonction publique : un Conseil commun en rodage




La séance plénière du Conseil commun de la fonction publique qui s’est tenue jeudi 25 octobre à Bercy s’est soldée par le retrait de deux textes et l’ajournement de la présentation du Rapport sur l’état de la fonction publique.


La troisième réunion du Conseil commun de la fonction publique, la première avec l’actuel gouvernement, n’a pas tenu son ordre du jour. Le dernier sujet, le Rapport annuel sur l’état de la fonction publique, mine d’informations et fruit d’un travail considérable de la DGAFP, salué pour sa qualité, n’a pu être examiné.
Plusieurs heures de discussions sur les groupements d’intérêt public (GIP), entrecoupées d’une intervention de la ministre de la fonction publique, Marylise Lebranchu, n’ont pas laissé assez de temps pour cette présentation.
Contestation des GIP - Longuement débattu, le projet de décret relatif aux agents mis à disposition des groupements d’intérêt public (GIP) structurés par la loi du 22 mars 2012 relative à la simplification du droit et à l’allégement des démarches administratives (loi Warsmann) a fait l’objet d’un rejet quasi unanime des organisations syndicales.
Ces groupements concernent assez peu la fonction publique territoriale, mais c’est leur existence même qui est rejetée par les syndicats.
« Nous avons conscience que la situation des agents concernés peut être très inconfortable, mais nous souhaitons rediscuter de ces GIP sur le fond. Multiplier les structures atypiques qui associent le public et le privé donne l’impression que l’on veut vendre la fonction publique par appartements » souligne, pour La Gazette, Brigitte Jumel, secrétaire nationale de l’Union des fédérations de la fonction publique et assimilés (UFFA)-CFDT.
« On aurait pu faire l’’économie de ce projet de décret qui ne s’imposait pas », estime de son coté Bruno Collignon, président de la FA-FPT qui siège lui aussi au Conseil commun.
Le débat devrait être réouvert à l’issue d’une mission d’analyse de ces GIP, confiée au Conseil économique social et environnemental.
Report du projet de règlement intérieur - Autre sujet de mécontentement, le règlement intérieur du Conseil commun issu du décret du 30 janvier 2012 qui est source de dysfonctionnements, notamment sur les délais de présentation des textes devant les formations spécialisées et les dépôts d’amendements.
« Le texte actuel est ingérable. Même le gouvernement n’a pas pu respecter le processus réglementaire, notamment sur les GIP » estime Claude Michel, secrétaire fédéral CGT des services publics et membre du Conseil commun.
Pour sortir de l’impasse, la constitution d’un groupe de travail a finalement été proposée par la DGAFP et le cabinet de la ministre.
Abstention des employeurs territoriaux sur les références au mariage pour tous - Troisième point abordé, l’aménagement des dispositions concernant les fonctionnaires, contenues dans le projet de loi sur le mariage pour tous, ont été approuvées par l’ensemble des organisations syndicales et les employeurs hospitaliers, tandis que les représentants des employeurs territoriaux, compte tenu de l’absence de consensus sur la question parmi les élus locaux, ont préféré s’abstenir.
Les expressions « mère ou père » devraient être remplacées par « l’un ou l’autre des parents » ou « « l’un des parents » dans les références aux congés d’adoption et de présence parentale notamment. La CFDT a demandé que soient revues les dispositions concernant les non titulaires.
Assumer pleinement la présidence du Conseil commun - Entretemps, la ministre Marylise Lebranchu a affirmé son souhait de voir le Conseil commun jouer pleinement son rôle, sans interférer avec les autres instances que sont les Conseils supérieurs des trois fonctions publiques. Elle a répété qu’unité n’était pas synonyme d’uniformité.
A une nouvelle question sur la suppression du jour de carence, elle a répondu qu’elle se battait pour que ne soit pas mis en place une seconde journée, comme le suggère l’ancien ministre Xavier Bertrand.
Mais le fait qu’elle n’ait pas assisté à l’ensemble de la séance a suscité quelques déceptions. « On ne lui en veut pas, mais c’est un peu ennuyeux. A un moment donné, il y a des priorités, surtout quand il s‘agit de présider la première instance du dialogue social », remarque Philippe Laurent, président du Conseil supérieur de la fonction publique territoriale.
En séance, il s’est vu confier par la ministre le pilotage des discussions concernant l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes en tant que président de la formation spécialisée numéro 3, chargée de cette question.
Une nouvelle version du texte sur le règlement intérieur devrait être présentée à la prochaine séance du Conseil commun programmée le 5 février 2013.

vendredi 26 octobre 2012

Quatrième séance de négociation sur la sécurisation de l'emploi: « Des propositions patronales inacceptables »


Le secrétaire national Patrick Pierron, chef de file de la délégation CFDT*, s'est dit « déçu » à l'issue de la quatrième séance de négociation sur la sécurisation de l'emploi, s'inquiétant du retard du patronat et de ses provocations.

STATUT : Poursuite en cas de harcèlement


vendredi 19 octobre 2012



















L’autorité investie du pouvoir disciplinaire ne peut sanctionner 
un fonctionnaire en se fondant sur le fait qu’il a engagé une action
en justice afin de faire cesser des agissements de harcèlement moral.
Le fait que la plainte de l’agent soit classée sans suite ne permet pas
à l’autorité territoriale de prendre une telle sanction.

Le critère de l’activité professionnelle des parents ne peut pas être utilisé de manière isolée et automatique comme entraînant le refus de l’accès au service.d'une cantine scolaire municipale




Par D. Gerbeau
Publié le 25/10/2012
dans : Réponses ministérielles





La restauration scolaire est un service public facultatif, que chaque commune décide librement de mettre en place et dont elle détermine les modalités d’organisation.
Les communes qui ont institué un service de restauration scolaire ne sont pas légalement tenues d’y accueillir tout élève.
Ainsi, dans les cantines offrant un nombre de places inférieur aux demandes des parents d’élèves, la commune est nécessairement amenée à refuser certaines demandes d’inscription et à accorder la priorité à d’autres afin de gérer dans les meilleures conditions les places disponibles.
Elle est donc en droit d’établir une sélection, à condition que celle-ci repose sur des motifs légaux.
En effet, ainsi que le Conseil d’État l’a rappelé dans sa décision n° 116549 du 13 mai 1994, « s’agissant d’un service public non obligatoire (…), dont l’objet n’exclut pas que son accès puisse être réservé à certaines catégories d’usagers, le principe d’égalité des usagers du service public ne fait pas obstacle à ce que le conseil municipal limite l’accès du service en le réservant à des élèves (…) se trouvant dans une situation différente de l’ensemble des usagers potentiels du service ».
Les communes peuvent restreindre l’accès en se fondant sur l’intérêt du service, pourvu que les critères fondant la différence de traitement soient en adéquation avec l’objet du service.
Après que le Conseil d’État, statuant sur un jugement de référé, a suspendu l’application d’un règlement municipal qui interdisait l’accès des élèves dont les parents ne travaillent pas, (décision 329076 du 23 octobre 2009), le tribunal administratif de Lyon, jugeant cette affaire au fond (7 janvier 2010) a annulé ce règlement en considérant que « le seul critère de l’activité professionnelle des deux parents ne peut légalement fonder la limitation de l’accès des élèves à la cantine, compte tenu de l’impossibilité dans laquelle peuvent se trouver des parents de prendre en charge leurs enfants pour des motifs autres que celui tiré de l’exercice d’une activité professionnelle ».
Au regard de ce jugement, il semble permis de conclure que le critère de l’activité professionnelle des parents ne peut pas être utilisé de manière isolée et automatique comme entraînant le refus de l’accès au service.
Les juridictions supérieures, et notamment le Conseil d’État n’ont cependant pas eu l’occasion de confirmer ou d’infirmer une telle décision.
Afin d’assurer la sécurité juridique de leurs décisions, il revient aux communes de fonder ces dernières sur un ensemble de critères appropriés qu’il leur appartient d’apprécier et qui leur permettront de prendre en compte dans toutes ses dimensions la situation objective des usagers au regard des caractéristiques de ce service public.
La jurisprudence rappelle qu’il incombe au conseil municipal de déterminer les mesures générales d’organisation du service de restauration scolaire. À cet égard, un règlement intérieur de la cantine municipale doit être établi.
À l’occasion d’un recours dirigé contre le règlement intérieur d’une cantine, le Conseil d’État a rappelé qu’ « il incombe au conseil municipal la fixation de mesures générales d’organisation des services publics communaux », et que ce règlement intérieur constitue « un acte administratif susceptible de recours » (CE 14 avril 1995, n° 100539). Il incombe au juge administratif, éventuellement saisi d’un recours en excès de pouvoir contre le règlement intérieur de la cantine scolaire, de statuer sur la légalité de la mesure réglementaire en cause.

QE de Jean-Louis Masson, JO du sénat du 18 octobre 2012,n° 1555

jeudi 25 octobre 2012



Par B. Menguy
Publié le 24/10/2012
dans : Jurisprudence, Jurisprudence RH


Un fonctionnaire fait l’objet de poursuites pénales lorsque l’action publique pour l’application des peines a été mise en mouvement à son encontre.
Le déclenchement de l’action publique peut résulter du dépôt d’une plainte avec constitution de partie civile, d’une citation directe de la victime ou de l’ouverture d’une information judiciaire sur réquisitoire du ministère public.

mardi 23 octobre 2012


"Eviter des licenciements ou des fermetures de sites"
10/04/2012
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François Chérèque regrette que l’Europe n’ait pas su protéger certaines filières, alors qu’Alcatel-Lucent va supprimer 1 430 postes.


Alcatel : la CFDT accuse l’Europe

« Le problème d’Alcatel, c’est un problème d’organisation de la filière au niveau européen », assure le patron de la CFDT François Chérèque.   Photo Anthony PICORÉ
« Le problème d’Alcatel, c’est un problème d’organisation de la filière au niveau européen », assure le patron de la CFDT François Chérèque. Photo Anthony PICORÉ
Les salariés d’Alcatel-Lucent étaient sous le choc hier après l’annonce « catastrophique » de 1 430 suppressions de postes en France, dans le cadre d’une vaste restructuration, dont des détails ont été livrés en comité d’entreprise sans que les sites visés ne soient précisés. L’équipementier télécoms avait annoncé à l’été à ses 76 000 employés son intention de supprimer 5 000 postes dans le monde pour retrouver la confiance des marchés. La France est particulièrement touchée : elle perdra plus de 15 % de ses effectifs (9 000 personnes), avant tout dans les fonctions support et administratives. Les syndicats ont par ailleurs affirmé que la direction comptait privilégier le volontariat, concernant les suppressions de postes, « avant d’autres mesures plus contraignantes ».
Les représentants du personnel ont été informés hier des suppressions de postes par activités (commercial, finance, etc.) mais pas par sites. Le détail par site devrait être communiqué vers la mi-novembre. Selon les syndicats, les suppressions de postes n’ont pas été la seule nouvelle sombre : la direction a également annoncé la fermeture du site de Vélizy, le plus important en France avec 2 400 salariés. Une partie des employés devrait être transférée vers un autre site, dans l’Essonne.

Ministres « vigilants »

Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a qualifié d’« hyper violent » ce plan de restructuration. « L’Europe n’a pas su se protéger », selon lui, et « en France, on a laissé par exemple le marché aux Chinois. On n’a pas fait une forme de protectionnisme sur des filières qui sont stratégiques pour l’Europe ». L’intersyndicale d’Alcatel-Lucent a prévu de se réunir en début de semaine prochaine pour faire le point et décider d’une éventuelle mobilisation.
Côté gouvernement, le ministre du Travail Michel Sapin, celui du Redressement productif Arnaud Montebourg, et la ministre déléguée chargée de l’Innovation et de l’Economie numérique Fleur Pellerin, ont indiqué qu’ils seraient « extrêmement vigilants à ce que le projet d’Alcatel-Lucent préserve les fonctions les plus stratégiques du groupe en France ».
Les trois ministres « veilleront à ce qu’un dialogue exemplaire soit mis en place avec les organisations syndicales afin notamment de trouver une solution d’emploi à chaque salarié qui pourrait être concerné par le projet annoncé », précise Bercy.