mercredi 9 avril 2014

Toute la CFDT mobilisée pour les élections dans les fonctions publiques


PUBLIÉ LE 09/04/2014 À 11H36par Marie-Nadine Eltchaninoff
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Le 4 décembre prochain, plus de 5 millions d’agents des trois fonctions publiques voteront pour élire leurs représentants syndicaux. La CFDT se mobilise à tous les étages pour faire entendre sa voix.
Le compte à rebours a commencé. Le 4 décembre, plus de 5 millions d’agents publics sont appelés à élire leurs représentants syndicaux. Pour la première fois, l’ensemble des instances représentatives – CAP (commissions administratives paritaires) et CT (comités techniques) – sera renouvelé le même jour dans les trois fonctions publiques, pour une durée de quatre ans. L’enjeu est de taille. « Ces élections sont pour nous l’enjeu prioritaire de cette année. Je ne conçois pas de CFDT digne de ce nom sans une forte représentativité dans le public », a martelé Laurent Berger le 3 avril, lors de l’assemblée générale du Sgen-CFDT. La CFDT occupe aujourd’hui la deuxième place parmi les organisations syndicales du public.
Agir sur les conditions de travail au quotidien
Conforter et améliorer ces résultats nécessite de donner à entendre le message spécifique de la CFDT : « Là où les autres organisations sont dans la contestation systématique, sans ouvrir de réelles perspectives, nous devons nous démarquer en pesant sur les conditions de travail des agents au quotidien, questions de plus en plus sensibles dans les services », explique Aline Degay, secrétaire confédérale à la manœuvre de la campagne électorale. Cette dernière a débuté en janvier, avec la diffusion de l’outil « Une carte, une idée ! », qui permet d’inviter les agents à s’exprimer sur leur travail et à faire des propositions d’amélioration de leur quotidien.
La semaine d’action du 7 au 11 avril, placée sous le signe d’une forte mobilisation de toute la CFDT, marque une nouvelle étape de la campagne. La Confédération, l’Uffa-CFDT (Union fédérale des fonctionnaires et assimilés), les unions régionales et les fédérations se sont coordonnées pour aller à la rencontre des agents des fonctions publiques d’État, hospitalière et territoriale.
Tous sur le pont
Les secrétaires nationaux de la CFDT sont tous sur le pont. Ainsi, le 8 avril, le Limousin accueillait Thierry Cadart, secrétaire national responsable du dossier fonctions publiques. « Dans notre région, la fonction publique représente 30 % de l’emploi salarié, explique Éric Brunie, secrétaire général de l’union régionale. 62 000 agents iront voter en décembre prochain. La concurrence syndicale est très forte ici, la CFDT ne vient qu’en quatrième position ; nous avons donc une sérieuse marge de progression. Les tracts sur le dialogue social distribués par les militants ont reçu un bon accueil, et l’initiative confédérale de cette semaine est la bienvenue pour incarner le discours de la CFDT. »
Chaque Uri a construit un programme sur mesure. Dans le Limousin, la délégation confédérale visitait l’Ehpad (établissement d’hébergement de personnes âgées et dépendantes) de Couzeix, dont la section dénonce le manque d’effectifs et de moyens. Au laboratoire départemental d’Ajain, dans la Creuse, le personnel fait face aux difficultés d’une restructuration et d’un changement de statut, passé de la tutelle du Conseil général à un groupement d’intérêt public. Les enseignants, personnels administratifs et agents du lycée d’Ussel, en Corrèze, expriment de leur côté la spécificité d’un service public en milieu rural, dont le maintien répond à un enjeu de cohésion sociale. En Alsace, la secrétaire générale, Sabine Gies, a mis l’accent sur la ville de Colmar, où la CFDT n’est pas en position de force et se bat aussi bien dans les services de la Défense qu’à hôpital ou au Conseil général et dans les services de la commune.

Un climat très dur pour les agents
Les thèmes abordés prennent un relief particulier à un moment où les personnels se sentent attaqués de toutes parts. « Le climat actuel est très dur vis-à-vis des agents, c’est à peine si on ne leur attribue pas la responsabilité de la dette publique ! », s’indigne Éric Brunie. La révision générale des politiques publiques (RGPP) de l’ancienne majorité a abouti à des réductions d’effectifs et des budgets de fonctionnement courant, sans que les missions ne soient redéfinies ni les organisations du travail repensées. La modernisation de l’action publique (Map) a pris le relais et, malgré une volonté plus nette de dialogue social et un discours plus empathique vis-à-vis des agents, continue dans la même voie. Au sein des collectivités territoriales, la future loi de décentralisation fait naître des inquiétudes sur les fusions de services.
Les carrières constituent également un sujet brûlant, qui fera l’objet d’une négociation interprofessionnelle à partir de la mi-mai. Côté rémunérations, le point d’indice, qui sert à calculer le traitement de base, au fort caractère symbolique, est gelé depuis quatre ans, et rien ne dit que le gouvernement nouvellement nommé soit plus enclin à une ouverture à ce sujet alors que le budget s’avère plus contraint que jamais.
Besoin de réponses sur mesure
« Dans ce contexte, les questions d’organisation du travail et de conditions de travail deviennent centrales, remarque Brigitte Jumel, secrétaire générale de l’Uffa-CFDT. Cela se joue au niveau local, dans les CT (comités techniques) et les CHSCT (comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail). » Le terme de fonction publique masque en effet une grande diversité de situations, des catégories C, à peine au Smic, aux cadres supérieurs. Les préoccupations des enseignants ne sont pas celles des infirmières, des travailleurs sociaux, des policiers ou des pompiers. À chaque profession sa propre réflexion sur le sens de ses missions, et donc des revendications spécifiques. D’où le rôle capital du dialogue social, dont le réflexe n’est pas acquis partout dans la fonction publique. Les accords de Bercy, acte fondateur du dialogue social dans la fonction publique, ne datent guère que de juin 2008. Le CHSCT, ce sigle familier aux salariés du privé, reste inconnu des agents du public. La prévention des risques psychosociaux (RPS) n’est pas encore entrée dans les mœurs ; l’accord a été signé en 2013 et la phase de diagnostic est en cours. « Nous sommes conscients de ce déficit d’information, explique le secrétaire général du Limousin. Nous avons organisé une rencontre où des salariés du privé sont venus expliquer leur démarche de prévention des RPS et le fonctionnement d’un CHSCT à leurs collègues du public. »
La campagne connaîtra une nouvelle étape lors du congrès de Marseille, début juin, où seront mis en commun les objectifs de campagne, avant la phase finale d’appel au vote, dès septembre prochain.

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