mardi 8 avril 2014

Que de jeunes gérontocrates pour diriger Marseille (75 ans) et MPM ( 70 ième année) !! Même chose pour Aix (>70 ans ) , Martigues (>70 ans








Les 600 jours de Guy Teissier président de la communauté urbaine

À 69 ans, le député Guy Teissier($) a été élu ce lundi matin président de la communauté urbaine de Marseille. Avant la création de la métropole le 1er janvier 2016, il entend imprimer sa patte sur l'institution.
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Monique Cordier, nouvelle élue du conseil communautaire, a dégainé son smartphone pour immortaliser le visage du vainqueur. Guy Teissier vient d'être élu président de Marseille Provence métropole. Il se lève, embrasse Jean-Claude Gaudin puis se retourne pour donner l'accolade au maire de Sausset-les-Pins Eric Diard, qui est allé voir un à un ses homologues pour les rassurer sur les intentions de celui qui n'était alors que le candidat de l'UMP.
Avec 90 voix contre 31 à son opposant divers gauche, le maire d'Ensuès-la Redonne Michel Illac, Guy Teissier a fait le plein des voix de droite. Personne n'a manqué : ni Danielle Millon, la maire de Cassis, avec qui un de ses très proches, Didier Réault, s'était écharpé pour la présidence du parc des calanques, ni les 16 indépendants de la précédente mandature venus de Plan-de-Cuques et Marignane. En 2008, ce même vote avait séché Renaud Muselier. Cette fois, pas de surprise ou de coups dans le dos, Guy Teissier peut à 69 ans accéder à la plus importante fonction exécutive qu'il lui ait été donnée d'exercer.
Toutefois, il qualifie lui-même ce mandat de "présidence éphémère". Dès 2016, la communauté urbaine devra se fondre dans une métropole bien plus large. Durant ces six cents jours, Guy Teissier n'entend pas chômer. Ses premiers actes sont des passages obligés de toute nouvelle gouvernance. Il rencontrera le directeur général des services comme l'inspecteur général et demandera un audit financier de l'institution. Mais, dès son intronisation, il a posé les jalons symboliques de l'alternance.

Transports et propreté

Teissier entend lancer avant l'été plusieurs chantiers et réformes hautement symboliques. La priorité reste sans conteste donnée aux transports dont les quartiers Nord semblent encore une fois peu profiter. Le tramway de La Viste à la Rouvière promis dans le programme de Jean-Claude Gaudin - et donc de Guy Teissier - devient un tramway d'Arenc, où il arrive déjà, aux hôpitaux Sud. "La meilleure desserte de la place du 4 septembre" fait partie des priorités comme"le désenclavement des quartiers Nord et Est par le métro", sans plus de précisions.
Mais c'est pourtant sur deux routes que se porteront des investissements depuis longtemps réclamés par la droite. Cher au maire des 4e et 5e arrondissements Bruno Gilles, le Jarret bénéficiera d'un "plan de réfection pour les années à venir" et "des études nécessaires à [sa]requalification". Priorité des priorités, le boulevard urbain sud (BUS) que Teissier, jusqu'à vendredi maire des 9e et 10e arrondissements a réclamé pendant les six ans de la mandature Caselli. Il entend lancer l'enquête publique "dès juillet" mais devra se frotter à la clause Gaudin du Tunnel Prado Sud. Celle-ci stipule en effet que le BUS ne pourra pas se faire avant 2026."Vous imaginez le côté ubuesque si la L2 est ouverte en 2017 et qu'elle arrive à Saint-Loup sur un auto-pont à une voie ? C'est une impérieuse nécessité. On va négocier", commente aujourd'hui Teissier. Mis bout à bout, ces chantiers devraient à eux seuls largement remplir le budget d'investissement de MPM.
La négociation sera aussi le mot d'ordre avec "les syndicats, oui oui, j'ai bien dit les syndicats, ce n'est pas une faute de frappe". Force ouvrière territoriaux, particulièrement bien traité sous Caselli comme sous Gaudin, devra donc peut-être composer avec d'autres organisations comme la FSU. Sous les yeux de Patrick Rué et Patrice Ayache, respectivement secrétaire général et secrétaire général adjoint du syndicat majoritaire, le nouveau président a déjà appelé à la naissance d'un "contrat local de propreté" dès juillet. "Il devra être conforme aux règles de droits et englobera l'ensemble des enjeux de la propreté et pas seulement les plus médiatiques", pose Guy Teissier. Il en restera à cette formule et, appelé à commenter l'actualité judiciaire du fini-parti (1), se contentera d'attendre le verdict du tribunal administratif.
Face aux dossiers qui l'attendent comme face aux maires, Guy Teissier conserve donc une certaine prudence. Il ne dira par exemple pas un mot du plan local d'urbanisme intercommunal, pierre d'achoppement avec les édiles, qui devra être lancée en octobre prochain même s'il ne sera pas conclu avant 2016. Conséquence directe ou non, les oppositions diverses et multiples, de Samia Ghali pour le PS à Bernard Marandat pour le Front national, ont rappelé qu'elles souhaitaient incarner des minorités constructives quoique vigilantes. La première journée de Guy Teissier s'est passée sans accro, il lui reste exactement 633 jours pour imprimer sa marque avant peut-être de basculer lui aussi vers la métropole.
Par Jean-Marie Leforestier, le 7 avril 2014


($)www.laprovence.com/t/prochain-maire

  1. Né à Saint-Antoine en avril 1945, Guy Teissier a fait ses premières armes en
    politique à la fin des années 60 aux côtés d'Alain Madelin, Gérard Longuet et
    Patrick Devedjian, alors membres du groupe d'étudiants d'extrême droite
    Occident.

(1) voir notre article du 5 janvier 2012 et du  4 avril  2014

Marseille Provence métropole en appel au sujet de la règle du « fini-parti » de ses éboueurs

 jeudi 5 janvier 2012

Déchets: le fini-parti à Marseille , le rapporteur public (attendons le jugement du TA de Marseille ) dit aujourd'hui que ce n'est pas fini justement ....?La CFDT de MPM s'est largement exprimée depuis 2006 sur ce point en indiquant que c'est l'obligation du Conseil de MPM de fixer les bornes horaires quotidiennes et hebdomadaires des cycles de travail (*) !

                                                               Jacques Prévert
Extrait du "journal de L environnement"

Accidentogène, le fini-parti ?
C’est une première en France. Les juges du tribunal administratif de Marseille devront se prononcer, ce 5 janvier, sur une vieille tradition de la collecte des déchets: le «fini-parti». Cette pratique -qui consiste, pour un ripeur ou un chauffeur, à rentrer chez lui à la fin de la tournée, quel que soit le nombre d’heures travaillées- provoque un fort taux d’accidents.
A l’origine de cette requête originale, se trouve Benoît Candon, avocat au barreau de Marseille (1), qui déclare agir «en tant que contribuable et simple usager». Selon lui, le fini-parti est l’une des explications de la faiblesse de la collecte des déchets à Marseille, dont 12 des 16 arrondissements sont à la charge du service public.
«Cette pratique engendre une réduction du temps de travail de 30 à 50% et la règle du fini-parti ne procède d’aucun accord ou convention collective», a-t-il déclaré à l’AFP. Il a déposé son recours fin 2009 contre l’agglomération Marseille-Provence-Méditerranée (MPM) pour pratique illégale, en violation de la législation sur la durée du temps de travail. Dans le cadre d’un service public, la limitation du temps de travail nécessite un argument de fond, comme la pénibilité (réelle en l’espèce), et une procédure formelle (un vote par le conseil communautaire), qui fait défaut.
En décembre 2009, la cité phocéenne sortait juste d’une grève au sein de la société Bronzo, qui avait bloqué la collecte pendant une semaine. En octobre 2010, une nouvelle grève a duré 14 jours, provoquant l’accumulation de près de 10.000 tonnes de déchets dans les rues et 800 incendies de poubelles.
L’avocat marseillais explique qu’il ne s’agit pas d’une action anti-éboueurs: «Il faudrait les payer mieux pour qu’ils travaillent mieux». Son action s’appuie sur un rapport de la Chambre régionale des comptes de Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca) (2), qui constate en effet «une durée moyenne équivalant à la moitié du temps de travail légal, soit trois heures trente environ au lieu de sept heures». Europe-Ecologie-les verts Paca est arrivé à la même conclusion. «Les tournées du soir que nous avons observées au sein de 4 arrondissements en régie durent en général entre 2 et 3 heures au lieu de 5 heures», affirme Michèle Poncet-Ramade, présidente du groupe EELV au conseil municipal de Marseille.
Le sujet, éminemment politique dans cette ville, sera débattu à partir du 5 janvier 2012 sur le plan juridique. Selon Force ouvrière, syndicat majoritaire des agents territoriaux de MPM, le fini-parti fait partie des acquis de la profession. Son avocat sera présent au procès, au titre d’intervenant volontaire, pour déclarer qu’il s’agit «d’une pratique contractuelle reprise dans les conventions collectives de la branche».
De son côté, l’avocat de MPM appuiera sa plaidoirie sur le fait qu’il s’agit d’un usage et non d’une règle de droit, pour conclure que la question est irrecevable devant la justice.
Derrière cette bataille juridique, le fini-parti révèle un enjeu sanitaire. En travaillant plus vite, les ripeurs courent davantage de risques. La collecte des déchets est en effet un métier dangereux. En 2010, le secteur a enregistré plus de 3.000 accidents, plus de 2.000 incapacités partielles avec des séquelles à vie et 2 décès rien qu’au sein des salariés d’exploitants (3). La Caisse nationale de l’assurance maladie des travailleurs salariés (CnamTS) a d’ailleurs publié en 2008 la recommandation R 437, votée par les partenaires sociaux, qui liste les trois pratiques à risques des équipiers de collecte: la collecte bilatérale (qui implique de traverser la rue), la marche arrière et le fini-parti. Outre les accidents, les équipiers connaissent aussi un taux élevé de troubles musculo-squelettiques.
Le fini-parti a également été pointé du doigt dans le dernier rapport de la Cour des comptes sur la gestion des déchets ménagers, publié en septembre dernier (4). Au titre de ses «nombreux inconvénients»«il encourage parfois une mauvaise qualité du travail rendu, et augmente le risque d’accidents», écrivent les magistrats.
Quelle que soit la décision du tribunal administratif de Marseille, un mouvement de fond semble émerger en France contre cette pratique à haut risque. Plusieurs collectivités tentent d’imposer son interdiction, à commencer par la communauté d’agglomération de Perpignan, qui l’a testée pendant 6 mois sur l’un de ses bassins. Résultat: la fréquence des accidents de travail a été divisée par 3.
(1) Benoît Candon s’est notamment illustré dans la défense des droits de l’homme. Il a été l’avocat des associations antifascistes de Vitrolles et de Marignane, défenseur de l’association Droit au logement et président de la Ligue des droits de l’homme Marseille Nord-Sud.
(3) Selon les statistiques de la Cnam,TS, qui ne tiennent pas compte des accidents des agents et des contractuels des collectivités.
(*)
Loi n°2001-2 du 3 janvier 2001 






  • Loi n° 2010-1657 du 29 décembre 2010 de finances pour 2011 : article 115







  • Décret n°2000-815 du 25 août 2000 relatif à l'aménagement et à la réduction du temps de travail dans la fonction publique de l'Etat 







  • Décret n° 2001-623 du 12 juillet 2001 relatif à l'aménagement et à la réduction du temps de travail dans la fonction publique territoriale pris pour l'application de l'article 7-1 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 et relatif à l'aménagement et à la réduction du temps de travail dans la fonction publique territoriale :


  • Extrait :
     "C’est à l’assemblée délibérante, après avis du comité technique paritaire, de déterminer la durée des cycles.

    • Les bornes horaires :

    Des bornes horaires quotidiennes et hebdomadaires sont définies par le cycle de travail.
    Elles doivent être fixées dans le respect de garanties de durées maximales de travail et de durées minimales de repos."

                                                 
    pleine de "grâce
    l'éboueur est avec nous "? (Jacques Prévert) 
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