samedi 16 avril 2016

Fonction Publique :Indemnité de départ volontaire :Brigitte Jumel, secrétaire générale CFDT Fonctions publiques, se dit relativement réticente face à ce dispositif, car selon elle, les expériences menées par le passé, notamment dans la Défense, ont montré que les agents n’ayant souvent pas de projets assez précis se mettaient dans des situations qui pouvaient devenir difficiles.

Indemnité de départ volontaire : plein feu sur un miroir aux alouettes

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© Flickr CC by Frédéric BISSON
Le maire de Poissy (Yvelines) en fait sa mesure-phare. Existant depuis 2009, l'indemnité de départ volontaire a pourtant été utilisée jusqu'à présent avec parcimonie. Elle ne permet pas à une collectivité, comme les plans de départs volontaires dans le privé, de réduire de façon massive ses effectifs.
 
Karl Olive, le maire de la ville de Poissy (LR) a début avril mis sous le feu des projecteurs le décret du 18 décembre 2009 instituant une indemnité de départ volontaire dans la fonction publique territoriale.
Certains médias ont parlé d’un « plan de départ volontaire » ou d’une mesure « identique à une rupture conventionnelle dans les entreprises privées ».
Cependant, ce n’est pas uniquement avec cette indemnité que la ville de Poissy atteindra son objectif de réduire de 200 le nombre de ses agents. Même le chiffre d’une quarantaine d’agents qui seraient intéressés par le dispositif, cité par France Télévision, semble très optimiste…

Peu de candidats

Ainsi, le conseil départemental de l’Essonne, qui a voté une délibération similaire en octobre 2015, n’a jusqu’à présent versé qu’une seule indemnité à un agent souhaitant partir en province après 26 ans au service de la collectivité. Une deuxième demande de départ pour l’été 2016 est en attente de confirmation. Pourtant, l’exécutif a prévu un budget de 200 000 euros pour cette année.
A la mairie de Villeurbanne, qui a voté sa délibération suite à la demande d’un agent, « les cas sont réguliers mais peu nombreux. Ils reposent sur des projets variés tels qu’une création d’entreprise, un changement de secteur d’activité, un projet de formation lié à une mobilité familiale », note Clarence Paradas, directrice générale adjointe « pilotage des ressources et relations sociales ».
A la ville de Lyon, dont le conseil municipal a voté une délibération au 1er juillet 2015, seuls quatre agents ont bénéficié de cette indemnité (lire aussi ci-dessous).

Perte du statut et des droits au chômage

Il faut dire que percevoir cette indemnité de départ volontaire est beaucoup plus engageant pour un agent territorial que pour un salarié du privé… L’agent doit en effet démissionner, ce qui dans la plupart des cas, signifie ne pas pouvoir percevoir d’indemnités chômage (sauf dans des cas particuliers comme par exemple un rapprochement d’époux).
Un salarié du privé, en cas de départ volontaire dans un plan de sauvegarde de l’emploi, mais aussi de rupture conventionnelle, perçoit une prime et conserve ses indemnités chômage. Il pourra également continuer à travailler dans la même branche, alors que les agents territoriaux, eux, s’engagent à ne plus travailler dans aucune des trois fonctions publiques pendant au moins cinq ans, ou sinon doivent rembourser l’indemnité de départ volontaire perçue.
« Les agents ne se précipitent pas vers ce type de dispositifs car ils doivent abandonner la fonction publique. La plupart du temps, ils sont plutôt dans une logique de mise en disponibilité », souligne Martine Patrier, directrice du centre de gestion du Calvados. Le contexte économique ne pousse pas non plus les agents à l’optimisme. Enfin, le profil des territoriaux (77 % de catégorie C, souvent peu qualifiés, et 35 % ayant plus de 50 ans) est peu plus propice aux reconversions et à la mobilité.

Des indemnités très disparates

Le décret de 2009 fixe un plafond : le montant de l’indemnité de départ volontaire ne peut excéder une somme équivalente au double de la rémunération brute annuelle perçue par l’agent au cours de l’année civile précédant celle du dépôt de sa demande de démission. « Mais, ensuite, c’est une négociation entre la collectivité et son agent », précise Martine Patrier.
Parfois les délibérations spécifient le calcul. Par exemple la ville de Niort dans sa délibération de 2013, a prévu une indemnisation basée sur le nombre d’années de service effectif : 9 mois de traitement brut pour 1 à 4 années de service effectif, et jusqu’à 24 mois pour plus de 20 années de service effectif.
A l’inverse, des collectivités sont très peu incitatives. « La ville de Régusse, dans le Var, a bien voté une délibération,  mais elle n’ouvre cette indemnité de départ volontaire que pour les agents ayant effectué au moins 15 années de service effectif au sein de la commune. Et, l’indemnité versée ne correspond qu’à un mois de traitement annuel brut. Il y a donc une différence entre voter la délibération et la commettre », souligne Sylvie Ménage, secrétaire nationale de l’UNSA fonction publique.
Face à de telles disparités, Baptiste Talbot, secrétaire général de la Fédération CGT des services publics, dénonce d’ailleurs une différence de traitement entre les agents selon que leur collectivités est bien dotée, ou en difficulté financière.

Un dispositif coûteux pour la collectivité

Ce système peut vite devenir coûteux. Ainsi, prudente, la ville de Poissy n’a prévu qu’une enveloppe de 70 000 euros pour 2016 (alors que les indemnités vont de 15 à 60 000 euros).
Mais pour de plus petites collectivités, la note peut être douloureuse. C’est notamment pour cela que le maire de La Suze sur Sarthe, Emmanuel d’Aillières, a demandé le 30 mars 2016 à son conseil municipal d’abroger la délibération qui depuis 2011 avait instauré la possibilité de demander cette indemnité.
« Cette délibération avait un coût non négligeable alors que nous tentons de baisser la masse salariale. Elle a été utilisée deux fois dans notre collectivité, ce qui nous a coûté plus de 50 000 euros ! Je pense qu’il existe d’autres moyens plus efficaces pour réduire la masse salariale, comme travailler sur la mutualisation et les départs en retraite », explique le maire de cette commune de 4 000 habitants.

Régler des situations au cas par cas

Dans les petites collectivités, cette indemnité est votée le plus souvent lorsqu’un cas qui se présente. Cela permet de se séparer sans passer par un contentieux, de ne pas laisser une situation trop se déliter. C’est aussi le moyen de financer une formation à un collaborateur qui souhaite se reconvertir sans passer par le congé formation, et donc sans être obligé de le reprendre ensuite. Cela peut être la possibilité pour un agent d’obtenir le capital dont il a besoin pour monter son activité, et qui explique pourquoi il ne passera pas par une mise en disponibilité.
Nombre de grandes collectivités prévoient dans leur délibération des gardes fous. « Nous pourrions éventuellement avoir des difficultés à cerner la notion de projet personnel et donc à mettre un frein à cette mesure. Pour l’instant, ce cas de figure ne s’est pas posé, les dispositions adoptées nous permettant de demander à l’agent des justificatifs permettant d’étayer le projet d’une part, et les demandes étant peu nombreuses d’autre part au vu du contexte économique », explique Clarence Paradas.

Des syndicats divisés

Aucun des trois syndicats que nous avons interrogés n’a connaissance de remontées du terrain visant à démontrer qu’il y a eu des abus dans l’utilisation de cette indemnité. Leurs positions sur ce dispositif sont cependant contrastées.
Brigitte Jumel, secrétaire générale CFDT Fonctions publiques, se dit relativement réticente face à ce dispositif, car selon elle, les expériences menées par le passé, notamment dans la Défense, ont montré que les agents n’ayant souvent pas de projets assez précis se mettaient dans des situations qui pouvaient devenir difficiles.
Pour sa part, l’UNSA estime que, tant que la demande vient bien de l’agent et que les conditions sont claires, il n’y a pas à y être opposé.
La CGT, enfin, est opposée à un tel dispositif et Baptiste Talbot estime qu’il s’agit « d’un gaspillage d’argent public lorsqu’il est utilisé pour réduire les effectifs », comme le proclame le maire de Poissy.
Focus

Ville de Lyon : premier bilan après dix mois

A Lyon, l’indemnité de départ volontaire a été mise en œuvre par une délibération du conseil municipal du 1er juin 2015. La ville a décidé d’exclure du dispositif les demandes pour cause de restructurations de service.

Commission d’instruction

Dans un premier temps, l’agent qui est éligible doit formaliser sa demande via un formulaire en y joignant toutes les pièces qu’il juge nécessaire pour démontrer la véracité de son projet. Il est ensuite convié à participer à la commission qui va instruire sa demande. Cette commission, outre vérifier l’effectivité du projet, tente de conseiller l’agent sur sa viabilité. Elle l’informe également de visu des conséquences d’une démission. La réponse est ensuite adressée par courrier. Si elle est positive, l’agent doit confirmer sa décision et le cas échéant présenter sa lettre de démission.

Entre un et deux ans de salaire

L’indemnité est modulée en fonction de l’ancienneté : un an de salaire brut pour les agents ayant passé entre 7 et 14 ans dans la collectivité, un an et demi de salaire pour ceux ayant entre 15 et 24 ans d’ancienneté, et l’indemnité maximale, soit deux dans de salaire, pour les collaborateurs ayant plus de 24 ans de service.

Quatre dossiers acceptés

A ce jour, quatre agents ont bénéficié du versement de cette indemnité, une demande a été refusée au motif que le projet de l’agent n’était pas effectif. Une dernière demande est en cours d’examen par la commission. Il n’y a donc pas eu de départs massifs, même si le service mobilité sensibilise les agents à cette indemnité, et que les responsables ressources humaines de chacune des directions peuvent la proposer.
Ces départs correspondent à des projets de vie : un machiniste (57 ans) est parti dans le sud de la France pour ouvrir une chambre d’hôte, un adjoint administratif (50 ans) a déménagé dans le nord pour se rapprocher de sa famille, un adjoint administratif principal (55 ans) s’est dirigé vers le monde associatif et, enfin, un adjoint technique principal (48 ans) souhaite créer une ferme bio.

vendredi 15 avril 2016

Lancement d’une nouvelle concertation sur la formation dans la fonction publique

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Des discussions sur la mise en place du compte personnel de formation (CPF) et du compte personnel d'activité (CPA) dans la fonction publique seront organisées dans les mois à venir, a annoncé la ministre de la Fonction publique, Annick Girardin, mardi 12 avril 2016.
La ministre de la Fonction publique Annick Girardin a lancé mardi 12 avril 2016 une nouvelle concertation sur le développement des compétences et l’accompagnement des parcours professionnels.  Elle comprendra trois volets.
La première partie de la concertation, qui se déroulera en mai et juin (trois réunions), a trait aux outils et droits de la formation continue. Un bilan de la réforme introduite par la loi du 2 février 2007, qui a créé le droit individuel à la formation notamment, sera opéré.
« Le diagnostic est à peu près partagé par le ministère et les organisations syndicales d’un système qui ne fonctionne pas très bien », témoigne Julien Fonte, représentant FSU, interrogé par La Gazette.
« Nous disposons pour la territoriale d’un récent rapport de l’inspection générale de l’administration. Pour cette concertation, la volonté ne semble pas de réexaminer la réforme dans son ensemble, mais plutôt de relancer des processus qui ont échoué, tels que le droit individuel à la formation, la validation des acquis de l’expérience ou encore les bilans de compétences », observe Jean-Jacques Pavelek, représentant CGT.
« L’enjeu est désormais affiché par la ministre de transposer le CPF dans la fonction publique, indique également Julien Fonte. Nous n’avons pas d’opposition sur le principe mais il faut qu’il soit adapté au statut. Il s’agira également de ne pas aller vers l’individualisation à l’extrême ; la formation est un droit collectif. »

Des propositions sur le CPA « au second semestre » 2016

La ministre a également annoncé durant cette réunion que le compte personnel d’activité (CPA), actuellement en cours de discussion dans le cadre du projet de loi « travail », ferait l’objet de discussions avec les syndicats. « Sur la base de ces discussions, je vous présenterai mes propositions sur ce sujet au second semestre », a indiqué Annick Girardin.
« Nous ne voyons pas bien pour le moment l’intérêt d’une transposition dans la fonction publique du CPA mais il faudra discuter des modalités. La ministre a indiqué qu’il n’était pas forcément nécessaire de le transposer sans modifications étant donné les particularités de la fonction publique. Nous verrons bien ce qu’il ressort des discussions », commente Jean-Jacques Pavelek.
A noter : les représentants des syndicats et des employeurs aborderont aussi la question des objectifs de la formation professionnelle tout au long de la vie.
« La formation doit aussi aider à la mobilité, au développement des projets personnels, insiste Julien Fonte. On observe une sorte de recentrage des formations sur l’adaptation au poste, etc. avec peu de possibilités d’ouverture. Il faut aussi noter que certains agents se voient refuser des formations car leurs employeurs ne peuvent pas les remplacer… »

Professionnalisation des modes de recrutement et formation initiale

Dans un second temps, la concertation sera consacrée à la professionnalisation des modes de recrutement et à la formation initiale (réunions de juin à septembre).
« L’idée consiste à repréciser la question du champ des formations à l’emploi, qui sont à distinguer des formations d’intégration », précise Julien Fonte.
Le 29 juin est prévue une restitution des travaux des missions d’inspection sur les voies de recrutement et les discriminations, ainsi que sur les missions des écoles de service public. Un travail sur la redéfinition des concours est aussi au programme.

Accompagnement des parcours professionnels

Enfin, le troisième volet de la concertation aura pour thème l’accompagnement des parcours professionnels. Des réunions seront organisées à partir du mois d’octobre sur la mobilité, le conseil en évolution professionnelle, etc. Seront soumises à la réflexion des questions telles que l’évolution des entretiens et des bilans de carrière, les nouveaux modes de formation, etc.
La prochaine réunion se tiendra le 2 mai et aura pour objectif une présentation du bilan de la réforme de 2007. « Nous avons insisté sur le calendrier. Nous commençons au mois de mai les travaux, alors que l’échéance de l’élection présidentielle approche à grands pas », rapporte Julien Fonte.
Enfin, certains représentants syndicaux se sont inquiétés de la forme des discussions : concertation ou négociation (en vue d’un éventuel accord)… « La ministre semble penser que la balle est dans notre camp, et que l’issue des discussions dépendra de leur contenu. Pour ma part, je pense que sur le CPF et le CPA, le ministère passera en force en cas d’absence d’accord des organisations syndicales », indique Jean-Jacques Pavelek pour la CGT.


Projet de loi travail : le sens de notre action
CFDT le 12 avril 2016
Argumentaire Projet de loi travail - le sens de notre action - SH3542
L’analyse de la CFDT sur le projet de loi « travail » s’inscrit dans une logique suivie depuis des années : mise en perspective.
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A télécharger
Argumentaire Projet de loi travail - le sens de notre action - SH3542-HD 

 LES ORIGINES DU COMPTE PERSONNEL D’ACTIVITÉ (CPA)

DE LA « CARRIÈRE » AU « PARCOURS »Chacun en a désormais pris conscience : les bouleversements de notre modèle économique et social se traduisent par des vies professionnelles qui font se succéder des expériences diverses, sous des statuts différents. Choisies ou subies, brutales ou anticipées, elles sont souvent entrecoupées de périodes de chômage. Parallèlement, le travail lui-même a changé. Sous l’effet des évolutions technologiques, en particulier du numérique, le contenu du travail, les organisations de travail,les relations à l’intérieur de l’entreprise, entre collègues mais aussi les rapports hiérarchiques, opèrent une révolution qui n’est pas terminée. L’entreprise elle-même, en tant qu’entité économique et juridique et en tant que lieu physique, devient de plus en plus difficile à définir.
 
DU « STATUT » À « LA PERSONNE »
N’étant plus subordonné toute sa vie à un unique employeur, chacun doit désormais prendre des décisions, faire des choix, à différentes étapes de son  parcours. Ce phénomène s’accentue
et nous oblige à imaginer des droit  et des sécurités attachés à la personne,qu’elle puisse mobiliser et articuler en fonction de ses besoins, des contraintes que lui impose le marché du travail  ou sa vie personnelle, mais aussi en fonction de ses aspirations. Dans un contexte de montée et de persistance du chômage et de la précarité de l’emploi, la CFDT la anticipé ces évolutions.
Elle a développé il y a maintenant plus de 15 ans la notion de sécurisation des parcours professionnels et établi un lien fort avec le développement des compétences. Pour la CFDT, la montée en compétences est un atout à la fois pour le salarié et pour la compétitivité de l’entreprise et de l’économie du pays..Ainsi, grâce à la CFDT, le Compte personnel de formation (CPF) a remplacé le Droit individuel à la formation (DIF) en renforçant la maîtrise de ce droit par la personne elle-même, qu’elle soit salariée ou en recherche d’emploi.Sur un autre plan, la généralisation de la complémentaire santé s’est accompagnée de sa portabilité après la rupture de contrat de travail.
Le Compte de prévention de la pénibilité (CPF) accompagne le salarié tout au long de sa vie
professionnelle en retraçant son exposition à différents risqueafin de prévenir et compenser
les conséquences sur la santé.
MIEUX ARTICULER LES TEMPS DE VIE ET DE TRAVAIL
L’action de la CFDT en matière de sécurisation des parcours professionnels est allée de pair avec celle sur le temps de travail, un marqueur reconnu de notre organisation. Les bouleversements
du marché du travail, et du travail lui-même ne sont pas sans effet sur les temps personnels
et les temps de vie. Avec les outils numériques, la frontière entre le temps de travail
(le temps du travail) et le temps personnel est moins nette, les parcours professionnels moins linéaires.
C’est pourquoi la CFDT agit depuis longtemps pour une plus grande maîtrise des différents temps
par le salarié. Le Compte épargne temps est une réponse à cette aspiration, mais il reste inégalitaire, tout le monde n’en bénéficiant pas. À Marseille en 2014, dans la droiteligne de notre histoire et de nos acquis sur la sécurisation des parcours
et sur l’articulation des temps, la CFDT a inscrit dans ses objectifs la création d’un compte social
personnel qui rassemblerait les droits de chaque personne et permettrait de les articuler entre eux
pour mieux les utiliser.
UN COMPTE UNIVERSEL
Avec la création du Compte personnel  d’activité (CPA), le projet de loi Travail pose une première brique.
Ce compte sera universel : c’est à dire qu’il concernera aussi bien les salariés du privé, du public que les travailleurs indépendants.
Pour l’instant, il est prévu que le CPA intègre le Compte personnel de formation, enrichi pour les salariés,les demandeurs d’emploi et les jeunes les moins qualifiés, le Compte de prévention de la pénibilité et un compte que le gouvernement crée dans le même projet de loi : le Compte engagement citoyen (abondement
du CPF pour des jeunes ayant accompli
un service civique, pour des salariés
ayant assumé une fonction
de tuteur...). Par ailleurs, le projet de loi
affirme le droit à un accompagnement
global. La CFDT l’a posé dès le départ
comme la clé de voûte du CPA pour
que ce compte permette de lutter

contre les inégalités et soit utile
aux plus précaires, aux moins qualifiés,
à celles et ceux qui rencontrent
le plus de difficultés pour s’insérer
dans l’emploi.


 

jeudi 14 avril 2016

Astreinte reconnu dès que le salarié doit été disponible pour son employeur au téléphone

Astreintes : un salarié joignable à tout moment doit être indemnisé

PUBLIÉ LE 13/04/2016 À 11H48par Service juridique CFDT
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La Cour de cassation a jugé dans un arrêt récent que le salarié tenu d'être joignable par téléphone en dehors de son temps de travail, en vue de répondre à un appel de l'employeur pour effectuer un travail urgent au service de l'entreprise, doit être considéré comme étant en période d'astreinte. Cass. soc. 02.03.2016, n° 14-14919.
En vertu du Code du travail (1), constitue une astreinte la période pendant laquelle le salarié, sans être à la disposition permanente et immédiate de l'employeur, a l'obligation de demeurer à son domicile ou à proximité afin d'être en mesure d'intervenir pour effectuer un travail au service de l'entreprise.
Cette définition risque d'être modifiée prochainement. En effet, le projet de loi El Khomri supprime la référence au domicile dans la définition de l'astreinte pour la remplacer par un critère plus large : le fait pour le salarié d'être en dehors de son lieu de travail(2). 
  • Une procédure d’appels urgents
Dans cette affaire, la société avait mis en place une « procédure d'appels urgents service client ». En application de cette procédure, les téléopérateurs du service client disposaient d’une liste de trois personnes à contacter en dehors des heures d'ouverture de l'agence, dans le cadre d'appels de clients dits « urgents » (dont la typologie était définie). Le responsable d'agence était le premier de la liste.
Ce dernier a été licencié pour faute grave. Il a ainsi saisi la juridiction prud'homale en sollicitant notamment l'indemnisation de ces périodes au titre de l’astreinte.
L’employeur, pour s’opposer à cette prétention, soutenait que le salarié n’était pas exclusivement concerné par cette procédure d’appel d’urgence. D’autres salariés étaient susceptibles d’être appelés. Il avançait également qu'il n'était pas établi qu'il aurait été contacté en dehors du travail, ni qu'il aurait dû se rendre à l'agence en dehors des heures d'ouverture.
  • Requalification des périodes litigieuses en astreinte
La cour d'appel a rejeté l’argumentation de l’employeur. Elle a considéré qu’il  importait peu que le salarié ne soit pas exclusivement concerné par l'obligation de répondre aux appels téléphoniques du service client. En effet, dès lors que la note de service stipulait que le responsable d'agence était la première personne devant être contactée, cela le contraignait à être disponible pour ces appels et il devait être en conséquence indemnisé pour ce temps d'astreinte.
L’employeur s’est pourvu en cassation, estimant que la cour d’appel avait fait une application impropre des dispositions du Code du travail quant aux critères employés pour définir l’astreinte.
Seulement, la Cour de cassation a confirmé l’analyse de la cour d’appel. Le salarié, qui était tenu de pouvoir être joint téléphoniquement en vue de répondre à un appel de l'employeur pour effectuer un travail urgent au service de l'entreprise, était effectivement en astreinte.  
Ici, les juges ne se sont pas intéressés à la question de savoir si le salarié devait être à proximité de son domicile ou s’il était seul destinataire des appels. C’est la « servitude permanente de l’emploi », caractérisée par la disponibilité constante du salarié, qui a permis de retenir la qualification d’astreinte.
  • Droit à l’indemnité de congés payés sur les périodes d’astreinte
L’employeur arguait également que les périodes d'astreintes, ne correspondant pas à du temps de travail effectif, donnent lieu à une compensation financière n'ayant pas la nature juridique d'un salaire et n'ouvrant pas droit à l'indemnité de congés payés.
Là encore, la Cour de cassation a rejeté son argument, rappelant que la durée de l'intervention est considérée comme du temps de travail effectif. Elle a jugé que l'indemnité d'astreinte constituait un élément de salaire et que le salarié avait ainsi droit à l'indemnité compensatrice de congés payés y afférant.
***
Cette solution fait écho au droit à la déconnexion du salarié. Il est clair qu'imposer à un salarié d'être constamment joignable en dehors de son temps de travail l'empêche de jouir pleinement de son droit au repos, ou encore d’une séparation réelle entre vie professionnelle et vie privée. La position de la Cour de cassation est donc pertinente. Replacer les temps de disponibilité des salariés sous le régime de l’astreinte permet de leur garantir, dans ce cadre, l’effectivité du droit au repos nécessaire pour assurer leur santé et le respect de l'équilibre entre leur vie professionnelle et leur vie privée.

(1) L. 3121-5 C. trav.
(2) Projet de loi visant à instituer de nouvelles libertés et de nouvelles protections pour les entreprises et les actifs, article 2 - nouvel article L. 3121-8 C. trav. : « Une période d’astreinte s’entend comme une période pendant laquelle le salarié, sans être sur son lieu de travail et sans être à la disposition permanente et immédiate de l’employeur, doit être en mesure d’intervenir pour accomplir un travail au service de l’entreprise [...]».

Impôts :Le guide pour vous aider à remplir la déclaration de revenus 2016

publié le 12/04/2016 à 10H15 par Denis Grégoire et François Jabœuf
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À défaut de réforme fiscale d’ampleur, les annonces relatives à l’impôt sur le revenu vont profondément modifier la déclaration et le règlement de cet impôt dans les années à venir. (lire la suite)
Les contribuables seront ainsi progressivement obligés de souscrire leur déclaration de revenus en ligne.  à condition que leur résidence principale dispose d’un accès à Internet. Le non respect de cette obligation entraîne une amende de 15 € par déclaration ou annexe à compter de la deuxième année au cours de laquelle le manquement est constaté.
Les contribuables qui ne seront pas en mesure de réaliser cette télédéclaration, comme les personnes âgées ne disposant pas d'un accès à Internet et les ménages domiciliés dans des territoires avec une desserte numérique insuffisante seront dégagés de cette obligation. A condition qu'ils le fassent savoir à l'administration, ils conserveront la possibilité d'accomplir leur déclaration sur formulaire papier.
  • En 2016, tous les contribuables dont le revenu fiscal de référence (RFR) 2014 est supérieur à 40 000 € sont obligés de télédéclarer leurs revenus. Deux millions de télédéclarants supplémentaires sont ainsi attendus cette année.
  • En 2017, les contribuables concernés seront ceux dont le RFR 2015 sera supérieur à 28 000 €.
  • En 2018, le RFR 2016 à partir duquel l’obligation de télédéclarer sera déclenchée sera abaissé à 15 000 €.
  • En 2019, tous les contribuables seront tenus faire leur déclaration en ligne.
Entretemps, le prélèvement à la source sera effectif au 1er janvier 2018.

En 2016, la  baisse d’impôt est ciblée sur les contribuables aux revenus modestes. En effet, le mécanisme de la décote a été modifié de telle manière que l’entrée dans l’impôt est moins brutale et plus progressive.
La décote est un mécanisme d’atténuation ou de neutralisation des effets de l’entrée dans le barème progressif des contribuables faiblement imposés. Elle permet, sous certaines conditions, une diminution de l’impôt dû.

Ainsi, en 2016, les limites d’exonération d’impôt sur le revenu sont de (après application de la décote et du seuil de non mise en recouvrement de 61 €) :
Pour les célibataires, divorcés, séparés ou veufs :
  • 14 704 (13 958 € en 2015) de revenu net imposable pour 1 part,
  • 19 311 € (18 803 € en 2015) pour 1,5 part, 
  • 24 161 € (23 648€ en 2015) pour 2 parts.
Pour les couples soumis à imposition commune :
  • 27 240 € (26 277 en 2015) pour 2 parts
  • 32 090 € (31 122 € en 2015) pour 2,5 parts
  • 36 940 € (35 967 € en 2015) pour 3 parts.
Le barème et tous les seuils associés (plafonnement du quotient familial, abattement de 10 % pour frais professionnels, abattement en faveur des personnes âgées ou invalides…) sont très légèrement revalorisés de +0,1 %.

Vous êtes ainsi non imposable si votre revenu fiscal n’excède pas :
14 461 € pour un célibataire sans enfant (19 311 € avec un enfant, 24 161 € avec deux enfants et 29 011 € avec trois enfants),
27 240 € pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune (32 090 € avec un enfant, 36 940 € avec deux enfants et 41 790 € avec trois enfants).

L’avantage procuré par chaque demi-part est passe de 1 508 € à 1 510 €. Concrètement, ce plafonnement du quotient familial s’applique à partir d’un revenu net imposable de :
Pour les couples soumis à imposition commune : 
  • 58 779 € avec un enfant,
  • 63 973 € avec deux enfants,
  • 74 359 avec trois enfants.
Pour les célibataires, divorcés ou séparés vivant seul et ayant un ou plusieurs enfants à charge :
  • 40 567 € avec un enfant,
  • 45 764 € avec deux enfants,
  • 56 151 € avec trois enfants
Le plafonnement du quotient familial pour les deux premiers enfants à charge des personnes vivant seules est de 3 562 € en 2015.
Les salaires des apprentis sont exonérés à hauteur de 17 490 € ; le surplus est imposable.
La limite de déduction des pensions alimentaires versées aux enfants, sur justificatifs, reste fixée à 5 732 €  tandis que l’évaluation forfaitaire des pensions alimentaires versées aux ascendants est portée à 3 407 €.
L’avantage procuré par les niches fiscales reste plafonné, par foyer, à 10 000 € pour les investissements réalisés en 2015 (18 000 € pour les investissements en outre-mer et les SOFICA).
Les plafonds du revenu net global imposable déterminant le montant de l’abattement spécifique prévu en faveur des personnes âgées ou invalides de situation modeste est porté : 
Pour un revenu net global inférieur ou égal à 14 730 € :
  • 2 348 € si une seule personne remplis les conditions d’âge ou d’invalidité (abattement simple)
  • 4 696 € si les deux membres du couple soumis à imposition commune remplissent les conditions d’âge ou d’invalidité (abattement double).
Pour un revenu net global compris entre 14 730 € et 23 730 € à :
  • 1 174 € (abattement simple)
  • 2 348 € (abattement double).
En attendant, pour prendre connaissance dans le détail de l’ensemble des nouveautés, consultez notre dossier spécial impôt 2016

dimanche 10 avril 2016

Assurance-chômage : le cumul entre allocation et salaire au cœur des débats

[Vidéo] Assurance-chômage : le cumul entre allocation et salaire au cœur des débats

PUBLIÉ LE 08/04/2016 À 11H18par Anne-Sophie Balle
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Après trois séances consacrées à l’élaboration d’un cadrage général et financier de la négociation propre aux annexes 8 et 10 (relatives aux intermittents du spectacle), les partenaires sociaux se sont retrouvés le 7 avril pour discuter des règles d’indemnisation relevant du régime général.
Une séance « plus technique que politique », a résumé la secrétaire générale adjointe Véronique Descacq (photo ci-dessous). Les partenaires sociaux se sont penchés sur le cas des demandeurs d’emploi alternant périodes d’emploi et périodes d’indemnisation. Une étude de cas présentée par l’Unédic a permis de comparer les règles d'indemnisation actuelles aux propositions faites par le Conseil d'analyse économique (CAE). En septembre dernier, celui-ci proposait de réformer les règles d’indemnisation en fixant le montant de l’allocation sur le revenu moyen mensuel (et non plus sur la base du salaire journalier de référence).
      
Tous les partenaires sociaux en conviennent : la méthode proposée par les économistes n’est pas soutenable. « Elle fragiliserait les salariés les plus précaires sans régler l’iniquité qui existe entre les salariés qui [travaillent] entre 20 et 40 % d’un temps plein et ceux qui travaillent plus de 80 % d'un temps plein, et qui, avec le cumul allocation et salaire, peuvent gagner plus qu'un temps plein. Or pour la CFDT, l’un des objectifs de cette négociation consiste à améliorer l'équité entre demandeurs d'emploi », a rappelé Véronique Descacq. La CFDT propose donc d'étudier une modalité de calcul plus uniforme. Et a demandé à l’Unédic des chiffrages en ce sens.
Climat tendu par la loi El Khomri et retour de la dégressivité
Pour le reste, il semble que la négociation de l’assurance-chômage ne parvienne pas à décoller. Du côté syndical, on soupçonne fortement le Medef de chercher à temporiser pour peser sur l’examen du projet de loi El Khomri même si, note la CFDT, l’organisation patronale semble avoir (re)durci son discours. Se refusant pour l’heure à donner tout chiffrage, le Medef a avancé plusieurs pistes d’économies pour le régime. On y retrouve la dégressivité des allocations « comme un moyen de sanctions pour les demandeurs d’emploi qui ne rempliraient pas leurs devoirs de recherche effective d’emploi », explique le négociateur patronal, mais aussi la modulation du principe « un jour cotisé = un jour indemnisé » en fonction du taux de chômage français ou encore le relèvement de l’âge d’entrée dans la filière seniors (aujourd’hui fixé à 50 ans).
Face à lui, les syndicats veulent travailler à une hausse des recettes de l’assurance-chômage. La CFDT et la CFE-CGC proposent d’augmenter fortement les cotisations patronales en début de contrat mais de les faire diminuer au fil du temps. Une manière d’encourager les embauches en CDI et les CDD longs. Pour le moment, le Medef se montre inflexible : « Pas de hausse globale des cotisations. » Une septième séance de négociation prévue fin mai a été ajoutée au calendrier initial. Mais les sujets sont encore nombreux et les voies de passage de plus en plus étroites.
© Photo Laetitia Malaval

lundi 4 avril 2016

Réfugiés :L’accord qui entre en vigueur le 4 avril 2016 et qui prévoit un échange de réfugiés « un pour un » est « indigne d’une politique européenne  », affirme la CFDT. Il démontre l’absence de volonté commune des pays de l’Union de prendre en compte la dimension humanitaire du problème des réfugiés!! le mouvement syndical condamne l’accord Union européenne-Turquie

Réfugiés : le mouvement syndical condamne l’accord Union européenne-Turquie

publié le 04/04/2016 à 08H54 par Didier Blain
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L’accord qui entre en vigueur le 4 avril 2016 et qui prévoit un échange de réfugiés « un pour un » est « indigne d’une politique européenne  », affirme la CFDT. Il démontre l’absence de volonté commune des pays de l’Union de prendre en compte la dimension humanitaire du problème des réfugiés.
« Avec cet accord, une fois de plus, la question des réfugiés est vue sous l’angle de la menace qu’ils représenteraient alors que ce sont d’abord et avant tout des victimes. » Ce propos d’Yvan Ricordeau, secrétaire national de la CFDT chargé des dossiers européens et internationaux, résume bien l’impasse dans laquelle l’Union européenne s’est placée en validant cet accord avec la Turquie. Une position totalement partagée par Luca Visentini, le secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats pour qui « l’Europe ferme ses portes. Les dirigeants européens ont décidé que les victimes de guerre doivent aller vivre ailleurs. Ils offrent de l’argent à la Turquie et à d’autres afin de garder les réfugiés en dehors de l’UE, sans même insister pour qu’ils vivent dans des conditions décentes ». Mais que contient exactement cet accord ? Il prévoit que la Turquie accueille les réfugiés (ou migrants économiques) qui tentent de se rendre en Grèce puis en Europe du Nord. En échange, les Européens accueilleraient un nombre équivalent – le fameux « un pour un » – de réfugiés présents sur le sol turc dans le cadre d’un mécanisme organisé et dans la limite maximum de 72 000 personnes.
Europe DemandesAsile
Contraire aux valeurs européennes
Immédiatement, des voix, dont celle de l’Onu et du mouvement syndical, se sont élevées pour contester la légalité du procédé et l’abandon du droit d’asile. Mais la Commission européenne se défend en affirmant qu’il suffit que la Grèce reconnaisse la Turquie comme « un pays tiers sûr » pour que la procédure de renvoi, individuelle et non collective, devienne légale et le droit d’asile respecté. Pour Frans Timmermans, le vice-président de la Commission, cette procédure serait même « l’occasion de briser le modèle économique des passeurs ». « Au-delà du débat juridique, légale ou pas, cette procédure utilisant les réfugiés comme monnaie d’échange est indigne d’une politique européenne, condamne fermement Yvan Ricordeau. Elle est même en contradiction avec les valeurs européennes de solidarité et celles du syndicalisme. » Le secrétaire national dénonce ce système d’échange qui selon lui viole les droits internationaux et va à l’encontre des traités européens. Les contreparties exigées par la Turquie, en position de force dans cet accord, portent sur deux points. Le premier est financier : l’Union européenne versera 3 milliards d’euros supplémentaires (elle s'est déjà engagée à verser 3 milliards) à la Turquie pour assurer l’accueil des migrants. L’intégration des trois millions de réfugiés a un coût estimé de 10 milliards de dollars par le gouvernement turc (lire l’encadré ci-dessous). Autre contrepartie : la réouverture du processus d’adhésion à l’Union, bloquée par la querelle autour de Chypre, et la liberté de circulation de ses ressortissants dans l’UE. « On ne peut pas cautionner le chantage d’un pays qui ne respecte pas les droits humains fondamentaux (NDLR : le journal d’opposition Zaman a été récemment mis sous tutelle) et qui a une position ambigüe dans le conflit du Proche-Orient, explique Yvan Ricordeau. Ce que veut imposer la Turquie à l’Union est dangereux. La CFDT et la CES seront très vigilantes sur les garanties données à la Turquie. »
Gérer les frontières extérieures de l'UE
Enfin, cet accord pointe les faiblesses et les incohérences de l’UE. « On fait appel aux Nations unies et à l’Otan pour venir en aide à la Grèce et à d’autres pays des Balkans parce que le reste de l’UE n’accepte aucune responsabilité », regrette Luca Visentini. « La stratégie de l’Allemagne qui a négocié seule cet accord démontre à nouveau l’incapacité de l’UE à donner une réponse commune et à gérer correctement ses frontières extérieures, ce qui devrait constituer une priorité », ajoute Yvan Ricordeau.
     

“ Il faut trouver une solution humanitaire ”
Kemal Özkan, secrétaire général adjoint d’IndustriAll*
     
      Le militant syndical turc Kemal Özkan renvoie l’Union européenne (UE) et le gouvernement turc dos à dos sur la question des réfugiés. « La première a un devoir de solidarité envers les réfugiés et le second, une grande responsabilité politique dans la situation de la Syrie. L’accord UE-Turquie ne constitue pas une réponse aux problèmes. Il faut trouver une solution humanitaire », explique Kemal Özkan. Il y a 2,7 millions de réfugiés enregistrés en Turquie, mais « en réalité, ce chiffre doit dépasser les 3 millions. Plus de 54 % des Syriens en Turquie sont des enfants de moins de 18 ans, 10 % des réfugiés vivent dans des camps dans le sud du pays », ajoute-t-il. Selon lui, « pour l’instant, la population turque [80 millions d’habitants] semble accepter l’intégration de ces réfugiés. Mais ces gens sont privés d’avenir. Ils ont de gros besoins en termes de santé et d’éducation. C’est un investissement très lourd. Le gouvernement estime le coût pour l’État à 10 milliards de dollars, sans compter les coûts pour les collectivités locales. Cela nécessite une coopération européenne importante ». L’intégration d’une partie des réfugiés a commencé : 400 000 d’entre eux ont déjà le droit de travailler. « Mais, prévient le syndicaliste, cela ne doit pas servir à tirer les droits sociaux vers le bas comme c’est déjà le cas dans certains secteurs. »Sur l’adhésion de la Turquie à l’UE, Kemal Özkan estime qu’elle devrait être dissociée de celle des réfugiés. « Ce serait une opportunité pour faire progresser la démocratie et les droits syndicaux dans ce pays qui connaît des dérives autoritaires depuis l’arrêt du processus d’intégration, affirme le militant, mais celui-ci ne doit pas se faire sur le dos des réfugiés. » 
* IndustriAll est la fédération internationale des travailleurs des industries.
     

Photo : Sergey Ponomarev / The New York Times - REDUX - Réa

jeudi 31 mars 2016

Vie syndicale interne par l'hebdo interco :pour en savoir plus prenez votre abonnement en cotisant


L'Hebdo
L'Hebdo Interco N° 935 du 24/03/16 - Lancement de la pétition "OnVeutMieuxa", Recomposition du bloc communal - Juridique: évaluation d'un agent en DAS - Social en actions - Mode d'emploi du secteur juridique - En bref.
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