mercredi 23 janvier 2013

COMMISSION D'ACCES AUX DOCUMENTS ADMINISTRATIFS : LA CFDT SAISIT LA CADA POUR OBTENIR LA LISTES DES CANDIDATS AYANT POSTULE SUR LES EMPLOIS CREES A MPM



























Dans un rapport publié mardi, la Cour des comptes dresse un diagnostic sévère des politiques en faveur de l'emploi. Elle estime que le dispositif reste "largement inadapté à un contexte de chômage durablement élevé" et ne cible pas suffisamment ceux qui en ont le plus besoin. /




Pour la Cour, la France a abordé la crise de 2008-2009 "avec des instruments de politique de l'emploi parfois obsolètes, dont l'efficacité s'est révélée décevante".



Elle en veut pour preuve que si l'activité a mieux résisté en France que dans la moyenne des pays de l'OCDE, "l'augmentation du chômage y a été plus marquée à partir de 2009 que chez plusieurs de ses voisins européens."



Cette situation tient selon elle à deux "spécificités françaises" : les employeurs se sont adaptés à la crise en diminuant les effectifs plutôt que le nombre d'heures travaillées, à l'inverse de ce qui s'est fait en Allemagne ; les plus précaires ont été les plus touchés, ce qui a accentué le "dualisme" du marché du travail entre salariés plus protégés et les autres.



L'accord sur une réforme du marché du travail conclu le 11 janvier par le patronat et trois syndicats répond en partie, par certaines de ses dispositions, aux préoccupations exprimées dans le rapport.



Mais le Premier président de la Cour des comptes, Didier Migaud, s'est refusé à le commenter, indiquant que le travail de l'institution était de juger sur pièces.



Il a fait valoir en outre que des engagements pris précédemment dans des accords similaires n'avaient pas été suivis d'effet à la hauteur des enjeux, comme celui de cibler davantage les aides à l'emploi sur les populations qui en ont le plus besoin.



Ce dernier objectif sous-tend une partie des 26 recommandations faites par le rapport, qui passe au crible des politiques - indemnisation du chômage, aides à l'insertion ou à la réinsertion, formation professionnelle des chômeurs - représentant plus de 50 milliards d'euros de dépenses par an.



PUBLICS PRIORITAIRES



S'agissant de l'indemnisation du chômage, la Cour des comptes souligne que la soutenabilité du financement de ce régime "plus protecteur que dans beaucoup d'autres pays" est remise en cause par la durée de la crise.



L'Unedic a annoncé la semaine passée qu'elle tablait sur un déficit de 5 milliards d'euros à la fin de l'année qui, s'il se confirmait, porterait sa dette à 18,6 milliards.



Le rétablissement des comptes de l'assurance chômage, dont les partenaires sociaux doivent négocier avant la fin 2013 une nouvelle convention, doit passer selon elle par une révision de "l'ensemble des paramètres" (ouverture des droits, durées de cotisation, niveau de cotisation et d'indemnisation...).



Plus spécifiquement, elle recommande un taux de cotisation majoré pour les employeurs ayant le plus recours aux contrats à durée limitée (CDD et intérim), une mesure esquissée dans l'accord conclu ce mois-ci par les partenaires sociaux, et une baisse du taux de remplacement pour les indemnisations les plus élevées.



Elle réitère en outre son appel à une réforme du régime des intermittents du spectacle (1 milliard de déficit pour seulement 3% des demandeurs d'emploi) et prône un réexamen des règles d'indemnisation en activité réduite afin de prévenir le risque qu'elle ne "devienne un complément de revenu destiné à des salariés durablement précaires".



Le rapport se prononce d'autre part sur une simplification des dispositifs de chômage partiel pour faciliter leur utilisation, un autre sujet évoqué dans le dernier accord patronat-syndicats, et la limitation des contrats aidés aux "publics prioritaires".



Pôle emploi est de même invité à cibler son offre de formations à ces mêmes publics et à orienter les contrats de professionnalisation sur les moins qualifiés.



Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse

mardi 22 janvier 2013

"Les parlementaires doivent retranscrire tout l'accord, rien que l'accord"

Invité de RTL le 21 janvier 2013, Laurent Berger demande au gouvernement et aux parlementaires de respecter l'accord sur la sécurisation de l'emploi et donc de le retranscrire fidèlement dans la loi.
 
21/01/201321/01/2013

Dans une interview accordée au Monde daté du 19 janvier 2013, Laurent Berger renvient sur la signature par la CFDT de l'accord sur la sécurisation de l'emploi.

L’accord que la CFDT vient de décider de signer, est-il emblématique du réformisme syndical que vous défendez, quand d’autres y voient du social-libéralisme ?
Il y a tellement de mots tabou que bientôt, on n’aura plus que 20 mots pour parler du monde du travail et d’économie dans ce pays, cela commence à me fatiguer ! Ce qui est important c’est la réalité vécue par les gens. Les organisations syndicales ont la responsabilité de changer la vie des salariés. Je n’ai pas à m’excuser de leur apporter du plus ni d’avoir encadré la flexibilité dans les entreprises, qui aujourd’hui est à la fois sauvage et omniprésente.
Au minimum, l’accord est équilibré, moi je trouve qu'il est ambitieux ! Il ne résulte pas d’un troc, mais marque une nouvelle articulation entre l’économique et le social dans l’entreprise et sur le marché du travail. En ce sens, il perturbe certains repères. Dans une période de crise, les partenaires sociaux ont su se mettre d’accord sur un compromis structurant à moyen terme. C’est nouveau pour le dialogue social.
L’accord prévoit des mesures de flexibilité immédiate et renvoie les mesures de sécurisation à plus tard. N’est-il pas de ce fait difficile à défendre ?
Mais pas du tout. Les flexibilités dont vous parlez sont encadrées par des accords majoritaires dans les entreprises ou par un renvoi à la législation actuelle ou à l’administration. Les droits nouveaux pour les salariés sont parfois renvoyés à la négociation, mais effectifs. Au 1er janvier 2016, tous les salariés auront une mutuelle payée par l’employeur au mois à 50 %. Les droits rechargeables pour les chômeurs sont aussi inscrits en tant que tels.
Le fait que l’accord ait été salué à la fois par l’OCDE, par le Wall Street journal, par le Financial Times, peut-être demain par la FMI, n’est-ce pas parce qu’il fait la part trop belle à la flexibilité ?
La flexibilité existe aujourd’hui : c’est du temps partiel imposé à outrance sans organisation du travail, ce sont des contrats de précaires à ne plus savoir qu’en faire. Le débat sur les accords de compétitivité-emploi est surréaliste. Toutes les organisations syndicales en ont signé dans les entreprises sans aucun cadre juridique. Aujourd’hui que dit l’accord sur ce sujet ? Qu’il faudra une difficulté conjoncturelle avérée, un diagnostic économique préalable, un accord majoritaire à 50% qui ne pourra pas dépasser deux ans et demandera les mêmes efforts aux patrons et aux actionnaires, il devra comporter une clause de retour à meilleure fortune et maintenir l’emploi.
Certains élus socialistes veulent à tout prix maintenir leur droit à amendements lors de l’examen du projet de loi transcrivant l’accord. Comment les choses vont-elles se passer ?
Je souhaite que le contenu du projet de loi soit discuté avec les signataires, puis avec les non signataires, avant d’être envoyé au Conseil d’Etat. Le droit à amendements existe mais dans le respect du texte et de son équilibre. Il existe des marges de discussion sur des précisions utiles. Je pense notamment aux modalités de désignation des représentants des personnels dans les conseils d’administration des grandes entreprises. La reprise de sites rentables, que le patronat n’a pas voulu négocier, doit être traitée, mais dans un autre texte.
L’annonce des 7 500 suppressions d’emploi chez Renault n’est-elle pas particulièrement mal tombée ?
Cette annonce est maladroite. Nous sommes dans un long processus de négociation, qui va seulement entrer dans le vif du sujet. Je fais confiance à l'équipe CFDT pour la mener à bien et prendre la bonne décision.
Vous avez décidé de signer cet accord avec deux organisations minoritaires. N’allez-vous pas vous retrouver trop isolé ?
Seuls ceux qui ne font rien, ne prennent pas de risque ! La CFDT n’est pas isolée. Il existe un camp réformiste dont elle fait partie. Mais je respecte la diversité syndicale et je ne veux pas creuser nos divergences. J’ai d’ailleurs appelé Jean-Claude Mailly pour le prévenir que nous nous engagerions sur l’accord.
La CGT estime que cet accord contient « des reculs sociaux dictés par le Medef ». Etes-vous en nouveau en rupture avec cette organisation ?
Il y a clairement une bipolarisation du syndicalisme sur ce sujet. Rien ne dit qu’elle sera durable, mais nous avons une conception fondamentalement différente avec la CGT de l’articulation entre la loi et la négociation. Ce n’est pas une surprise : pour nous opposer à un projet, nous parvenons à agir ensemble, en revanche faire des propositions communes et s'engager ensemble c'est plus difficile.
La surtaxation des CDD ne reste-t-elle pas trop marginale pour être dissuasive ?
Les cotisations chômage des CDD de moins d’un mois vont augmenter de 75 % ! Près de 17 millions de contrats précaires vont être taxés plus fortement, ce n’est pas du tout anecdotique. Elle va responsabiliser les chefs d’entreprise, tout en finançant une incitation à l’embauche des jeunes de moins de 26 ans en CDI.
L’élargissement des mutuelles va encore laisser de côté les étudiants, les retraités et les chômeurs de longue durée. N’est-ce pas dérangeant ?
Il faut faire plus, mais ce n’est pas seulement la responsabilité des partenaires sociaux, mais celle de l’Etat. Ne crachons pas sur le fait qu’on ait fait progresser les droits des salariés au nom du fait qu’il reste encore des progrès à faire pour d'autres.
La CFDT est l’interlocuteur privilégié du gouvernement, François Chérèque est parti diriger Terra Nova. Cette proximité avec le PS n’est-elle pas problématique ?
La CFDT n'est dans les mains de personne. Nous sommes l’interlocuteur privilégié de ceux qui veulent parler. J’ai par ailleurs beaucoup de désaccords avec le gouvernement, comme sur le jour de carence pour les fonctionnaires ou le rétablissement de l’allocation équivalent retraite
François est devenu inspecteur des affaires sociales parce qu’il avait des compétences à faire valoir. Il se voit confier des missions parce qu’il est au service de l’Etat, je ne vois pas où est le problème. Terra nova est un engagement militant et il ne s’exprimera pas sur les questions économiques et sociales pour ne pas me gêner.  
François Chérèque voulait une réforme systémique des retraites. Vous êtes nettement plus prudent. Pourquoi ?
Ce n'est pas le cas, mais à chaque jour suffit sa peine. La négociation sur la qualité de vie au travail et l'égalité professionnelle est la plus importante dans les semaines à venir. Sur les retraites, attendons de voir ce que le gouvernement a en tête. Il faudra ensuite réfléchir à une réforme d’ampleur.
Propos recueillis par


Le congé de “solidarité familiale” enfin élargi aux fonctionnaires

Fin de vie : 



Les fonctionnaires bénéficient à leur tour de ce congé qui permet d’accompagner un proche en fin de vie. Il peut prendre la forme de périodes fractionnées ou de travail à temps partiel. Une allocation de 53,17 euros par jour peut être versée pendant vingt et un jours.
Deux décrets élargissant aux fonctionnaires la possibilité de bénéficier d’un congé de “solidarité familiale” pour accompagner une personne en fin de vie sont parus le 20 janvier au Journal officiel [cliquez ici pour lire les décrets]. Les décrets concernent les fonctionnaires et les agents non titulaires des fonctions publiques de l’État, territoriale et hospitalière.
Ils prévoient que le congé de solidarité familiale pourra leur être accordé sous trois formes : pour une période continue, par périodes fractionnées de sept jours, sous forme d’un service à temps partiel à 50 %, 60 %, 70 % ou 80 %. Le congé ne pourra excéder six mois. Les décrets fixent également les modalités de versement de l’allocation journalière d’accompagnement d’une personne en fin de vie. Pour les fonctionnaires, cette allocation journalière, d’un montant de 53,17 euros, sera versée pour un nombre maximal de vingt et un jours par l’employeur.
Pour les contractuels de la fonction publique, le décret précise que le versement de l’allocation journalière peut être assuré “dans les mêmes conditions que pour les salariés de droit privé”. La loi créant une allocation journalière d’accompagnement dune personne en fin de vie avait été publiée au Journal officiel en mars 2010. Cette allocation est versée aux personnes qui accompagnent à domicile un parent ou un proche (descendant, ascendant, frère, sœur ou personne ayant désigné une personne de confiance) en phase avancée ou terminale d’une affection grave et incurable.

Décret n° 2013-67 du 18 janvier 2013 relatif au congé pour solidarité familiale et à l'allocation d'accompagnement des personnes en fin de vie pour les fonctionnaires relevant de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires

Décret n° 2013-68 du 18 janvier 2013 relatif au congé pour solidarité familiale pour les agents non titulaires des fonctions publiques de l'Etat, territoriale et hospitalière

lundi 21 janvier 2013

Emploi d'avenir :nouvelle salve de décrets .Décret n° 2013-37 du 10 janvier 2013 portant fixation du taux de la cotisation obligatoire versée par les collectivités territoriales et leurs établissements publics pour la formation des bénéficiaires :

Emplois d'avenir :

 

Emploi des jeunes

Publié le vendredi 18 janvier 2013

Les décrets sur les emplois d'avenir de professeurs sont parus. Par ailleurs, un décret fixe la cotisation des collectivités à la formation des jeunes qu'elles recrutent en emplois d'avenir.
Alors que le ministre du Travail Michel Sapin s'est félicité, jeudi 17 janvier sur France info, de la "montée en puissance" des emplois d'avenir qui approcheraient des 4.000 contrats signés, de nouveaux décrets ont été publiés au Journal officiel, notamment ceux concernant les emplois de professeurs. 18.000 contrats sont prévus dans l'Education nationale sur le total de 150.000 emplois d'avenir espérés par le gouvernement.
Ces contrats de professeurs s'adressent à des étudiants modestes. Plus précisément, aux "étudiants boursiers inscrits en deuxième année de licence ou, le cas échéant, en troisième année de licence ou en première année de master, âgés de vingt-cinq ans au plus (30 pour les étudiants handicapés) et se destinant aux métiers de l'enseignement", précise l'un des décrets. Les besoins seront identifiés au niveau des académies. Dans chacune d'elles, "une commission présidée par le recteur ou son représentant vérifie si les candidats à un emploi d'avenir professeur remplissent les conditions leur permettant d'en bénéficier". La priorité est donnée aux étudiants ayant résidé au moins deux ans dans une zone urbaine sensible ou ayant effectué "au moins deux années d'études secondaires dans un établissement situé dans l'une de ces zones ou dans un établissement relevant de l'éducation prioritaire".
Les emplois d'avenir professeurs sont payés sur la base du Smic et remplissent des fonctions d'appui éducatif. "En appui des enseignants, ils peuvent participer aux séquences d'enseignement, aux actions de soutien scolaire ainsi qu'à toute activité de nature éducative organisée au sein de l'établissement ou de l'école", précise un autre décret. L'étudiant bénéficie également d'une "bourse de service public" fixée par arrêté à 2 .604 euros par an.
En contrepartie, l'étudiant s'engage à "suivre la formation universitaire dans laquelle il est inscrit et de se présenter à un des concours de recrutement d'enseignants du premier ou du second degré organisés par l'Etat".
L'étudiant est épaulé par un tuteur. Cet enseignant désigné par le recteur d'académie "suit et accompagne l'étudiant dans sa formation progressive au métier du professorat notamment en l'associant à la préparation et à la conduite de séquences d'enseignement, à la gestion de classe et au suivi des élèves".
Quelques jours plus tôt, un décret du 10 janvier est venu fixer la cotisation versée par les collectivités territoriales pour financer la formation des jeunes qu'elles recrutent en emplois d'avenir. Cette cotisation versée au profit du Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT) est fixée à un taux de 0,5% de la masse des rémunérations brutes des employés. Par ailleurs, le CNFPT devra rendre compte chaque année de l'exécution des mesures prises pour assurer les actions de formation.
Les emplois d'avenir sont entrés en vigueur début novembre 2012. Le gouvernement a prévu un total de 150.000 contrats, dont 100.000 en 2013.
Michel Tendil
Références : décret n° 2013-50 du 15 janvier 2013 relatif à l'emploi d'avenir professeur, décret n° 2013-51 du 15 janvier 2013 relatif aux bourses de service public accordées aux étudiants bénéficiant d'un emploi d'avenir professeur, décret n° 2013-52 du 15 janvier 2013 pris pour l'application des articles L. 5134-120 et L. 5134-123 du code du travail et de l'article L. 322-58 du code du travail applicable à Mayotte, arrêté du 15 janvier 2013 fixant le taux des bourses de service public, JO du 17 janvier 2013. Décret n° 2013-37 du 10 janvier 2013 portant fixation du taux de la cotisation obligatoire versée par les collectivités territoriales et leurs établissements publics pour la formation des bénéficiaires des contrats conclus au titre de l'article L. 5134-110 du code du travail, JO du 12 janvier 2013.

samedi 19 janvier 2013

"Vrai/faux", l'accord sur la sécurisation de l'emploi en questions-réponses


CFDT le 17 janvier 2013

Depuis la fin de la négociation sur la Sécurisation de l’emploi, les analyses incomplètes et les critiques sur la base d’arguments erronés ou de mauvaise foi vont bon train. Le point sur le contenu de l’accord… en dix points.

L’accord signe la mort du CDIFaux.Dans la continuité de l’accord Modernisation du marché du travail de 2008, cet accord incite à refaire du CDI la norme. Il cherche à lutter contre toutes les formes de précarité. Ainsi, la taxation des contrats courts ne s’applique pas quand le CDD devient un CDI. L’allègement de charge pour l’embauche de jeunes de moins de 26 ans en CDI, permet une plus grande incitation à l’utilisation de ce dernier.
Les contrats courts abusifs vont coûter plus cher aux entreprises
Vrai. 
En 2011,deux embauches sur trois étaient des CDD inférieurs à un mois.Pour pousser les employeurs à embaucher les salariés en contrats durables et pour pénaliser ceux qui abusent des contrats très courts, un employeur devra désormais payer 75 % de plus sur la cotisation assurance-chômage pour les CDD de moins d’un mois et 40 % de plus pour les CDD d’un à trois mois.
L’accord encourage le chantage à l’emploi et permet des baisses généralisées des salairesFaux. Jusqu’à présent les accords compétitivité-emploi se faisaient de manière sauvage, parfois en exerçant un chantage sur les salariés. Avec l’accord sur la Sécurisation de l’emploi, ces accords seront encadrés. Cela ne pourra plus se faire qu’en graves difficultés conjoncturelles attestées par un expert. Ces accords seront limités dans le temps (deux ans maximum). Les syndicats signataires devront représenter plus de 50 % des salariés. L’entreprise devra s’engager à maintenir tous les emplois pendant la période de l’accord. Quand elle ira mieux, les salariés devront percevoir le fruit de leurs efforts. Enfin, ces accords ne pourront en aucun cas déroger aux éléments d’ordre public, comme le Smic ou les 35 heures.
Les  employeurs pourront à leur gré forcer les salariés à être mobilesFaux. Le texte prévoitqu’un accord collectif doit encadrer les conditions dans lesquelles des mobilités professionnelles ou géographiques peuvent être proposées au salarié par l’employeur, afin de gérer la bonne marche de l’entreprise. Cela ne pourra se faire que si aucun emploi n’est menacé. L’employeur sera tenu de maintenir salaire et qualification.
Tous les salariés auront droit à une complémentaire santéVrai. C’est l’une des mesures phares obtenues par la CFDT. Aujourd’hui, presque 4 millions de salariés ne bénéficient pas d’une complémentaire-santé collective. Pour pallier ce manque, toutes les branches professionnelles devront obligatoirement ouvrir des négociations au plus tard le 1er avril 2013. À défaut d’accord, les entreprises devront elles-mêmes négocier un dispositif pour leurs salariés, ou leur proposer une complémentaire-santé prise en charge à 50 % par l’employeur, avant le 1er janvier 2016.
L’accord facilite les licenciements économiquesFaux. L’accord ne modifie pas la définition du licenciement économique. Mieux, il prévoit des conditions plus protectrices d’élaboration des plans sociaux. Dorénavant, l’employeur aura deux possibilités : élaborer un plan social par la négociation avec les syndicats, sur la base d’un accord majoritaire (à 50 %) ; ou bien construire son projet seul et, après consultation du comité d’entreprise, demander une validation auprès de l’administration.
Cette homologation permet de vérifier que les droits des salariés sont bien respectés dans le plan social envisagé. Si ce n’est pas le cas, la procédure est bloquée et les salariés ne sont pas licenciés.
Il s’agit de passer d’une procédure de contrôle a posteriori par le juge (qui se réduit souvent à des dommages et intérêt dans des délais longs, sans empêcher la perte d’emploi), à une procédure de contrôle a priori par l’administration, afin d’éviter les licenciements abusifs.
Les représentants des salariés vont siéger dans les conseils d’administration des entreprisesVrai. Afin de permettre que les salariés aient leur mot à dire sur la stratégie de leur entreprise, ces derniers participeront désormais à l’organe de l’entreprise qui définit cette politique, dans les entreprises de plus de 5 000 salariés en France ou 10 000 dans le monde. Le patronat n’avait jamais cédé sur cette revendication de longue date des organisations syndicales.
Si une lettre de licenciement présente un vice de forme, elle sera quand même valableFaux. La CFDT s’est vivement opposée à cette mesure que réclamait le patronat. Il voulait remettre en cause les jurisprudences qui considèrent la mauvaise rédaction de la lettre de licenciement comme une violation d’une règle de fond et pas seulement de procédure, ce qui rend le licenciement irrégulier. Aucun article de l’accord ne modifie l’état du droit sur ce sujet.
Les temps partiels imposés seront mieux payés et mieux organisés 
Vrai. 
Le travail à temps partiel est une source de précarité pour de nombreux salariés, majoritairement des femmes, et la répartition des horaires et de la durée du travail est souvent imposée. Six travailleurs à temps partiel sur dix voudraient travailler plus. L’accord prévoit, au plus tard le 31 décembre 2013, une durée minimale de 24 heures par semaine et encadre strictement les possibilités de conclure des contrats plus courts. De plus, les heures qui vont au-delà du temps de travail prévu dans le contrat, seront payées davantage dès la première heure (de 10 à 25 %). Les employeurs devront également mieux répartir le temps de travail des salariés pour permettre à ces derniers de s’organiser.
L’accord constitue une régression du droit du travailFaux. L’accord ne revient pas sur le contenu des règles de droit. Il favorise la négociation de branche et d’entreprise. Il permet de sauver des emplois grâce à des accords majoritaires qui pourront encadrer des dérogations temporaires et ainsi permettre aux entreprises de passer un cap difficile sans licencier. En contrepartie des nouveaux droits pour les salariés, l’accord ramène les délais d’action des procédures contentieuses que peuvent exercer les salariés à la moyenne des pratiques.

vendredi 18 janvier 2013

MP 2013 .Des nouvelles du off par marsactu...



Le Off, "peut-être un peu plus marrant que MP2013"

Alors que Marseille-Provence 2013 vient de démarrer l'année avec son week-end d'inauguration, le collectif du Off propose un programme déjanté avec un mot d'ordre, remettre un peu de folie dans l'année capitale.
Illustration tirée du calendrier OFFiciel 2013
Illustration tirée du calendrier OFFiciel 2013
E.C
Partagez cet article
"Ça fait un an qu'on vous dit qu'on va faire un Off. ça fait un an que vous vous demandez ce qu'on va faire. Ben ça y est, on a un programme", a introduit l'organisateur Stéphane Sarpaux lors de la conférence de presse de vendredi dernier. Ouf. C'est vrai que cela faisait un moment que l'on connaissait les grands axes artistiques, des clichés liés à la ville  - Merguez capitale, Mytho City, Poubelle la Ville et Kalachnik'Off - sans savoir ce qu'ils cachaient concrètement.
En moyenne, un événement par mois est programmé. A juger par le succès du banquet de Platon, qui a grillé la politesse au In vendredi soir, mieux vaudra prendre ses précautions et remplir sa besace de Gastons - la monnaie alternative du Off sonnante et trébuchante - pour profiter pleinement et éviter de se voir refouler à l'entrée.

Yes we camp

En exemple, et dans le désordre, les Marseillais retrouveront le festival international du film chiant"Selon un sondage de la Provence du 13 avril 2012, 83 % des personnes interrogées ne sont pas prêtes à aller au FIFIC. Sur la population de Marseille, cela représente quand même 136 000 personnes qui vont se ruer dans les salles" poursuit l'organisateur. En avril, à l'Estaque, des architectes et des artistes vous inviteront à vivre au coeur d'un camping artistique "Yes, we camp" avec des structures éphémères comme un barbecue à balance.
Pierre Ciot a lui photographié pendant un an 2013 familles marseillaises, mais attention, tient-il à rassurer sous un air pince sans rire, "au sens large la famille, pas au sens pétainiste avec, un père, une mère et deux enfants". L'île du Frioul ne sera pas en reste, avec en juin le P.H.O, un festival qui invite les artistes, architectes, danseurs hip hop, rapeurs et musiciens à "réécrire leur ville".

"On s'en fout du In"

Quid de ce qui faisait aussi leur identité, le rejet d'une culture trop institutionnelle et le désir de remettre l'artiste marseillais au coeur de l'année capitale qui l'aurait négligé ? La question est d'ailleurs venue sur le tapis lors de la conférence de presse : "Vous leur reprochez quoi au In ?", a interrogé une journaliste. Sans fard, Stéphane Sarpaux, également journaliste au Ravi a lancé :"Maintenant, on s'en fout du In. On trouve que leur thématique, la Méditerranée et sa mer bleu azur est un peu facile. Si ça avait été Dunkerque, on aurait choisi la mer du Nord ? Mais finalement on a procédé pareil, avec un appel à projets. Enfin on est peut-être un peu plus marrant".
Qu'il paraît loin le temps où le Off fustigeait le In d'accepter la Société marseillaise de Crédit comme mécène tandis que les acteurs culturels de la ville se battaient pour obtenir des contrats uniques d'insertion. Il faut dire qu'aujourd'hui le partenaire principal du Off dit  "partenaire chouchou" n'est autre que la Banque Populaire (200 000 €).
Mais le Off, premier du genre pour une capitale culturelle se refuse à renier son principe fondateur : l'impertinence. Ainsi, Stéphane Sarpaux promet dans l'année un ciné concert au Temple protestant de la rue Grignan, "une soirée spéciale Bernard Latarjet qui est protestant et... chiant aussi". Moins mordant toutefois que la critique régulière que marseille2013.com livrait de sa politique à la tête de MP2013 :
La capitale européenne de la culture fonctionne avec un mode de pensée verticale, hérité des cabinets ministériels des années 80 dont Bernard Latarjet a d’ailleurs fait partie. Tout est décidé par une techno-structure imposante qui perd peu à peu contact avec la réalité à force d’utiliser son énergie à sa propre survie.
>> Le programme complet sur le site du Off.
Par Elodie Crézé, le 15 janvier 2013
  • Imprimer
  •  
  • A+
  • A-