mardi 3 mai 2016

Projet de loi Travail : une étape décisive à l'Assemblée

publié le 03/05/2016 à 18H03 par A. S.
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L'examen du projet de loi El Khomri en séance publique à l'Assemblée nationale constitue une « étape décisive », souligne la secrétaire générale adjointe, Véronique Descacq, qui rappelle les positions portées par la CFDT.
« L’examen par les députés du projet de loi ‟travail” est une étape décisive », souligne la secrétaire générale adjointe de la CFDT, Véronique Descacq, dans un édito à Syndicalisme Hebdo. « Depuis des semaines, la CFDT a pesé pour changer en profondeur le texte initial. Nous avons obtenu  des modifications substantielles sur le temps de travail et engrangé des droits nouveaux dans le cadre du compte personnel d’activité. Accords majoritaires, réaffirmation du rôle de la branche, mandatement dans les TPE, moyens supplémentaires pour les délégués syndicaux : le dialogue social est renforcé, à tous les niveaux. »
De nouvelles avancées attendues
Mais, insiste Véronique Descacq, « nous n’en avons pas terminé avec ce projet », largement amendé en commission des affaires sociales. « La CFDT poursuit les rencontres avec les parlementaires afin d’obtenir la prise en compte du périmètre européen dans l’appréciation des licenciements économiques ou l’ouverture du CPA  aux 43 000 salariés des chambres consulaires qui en sont exclus, etc. » Un tableau article par article et un argumentaire détaillent les positions de la CFDT et ses revendications. « A l’issue, cette loi doit permettre de nouveaux progrès sociaux, un dialogue social plus efficace et des droits plus effectifs pour les salariés », conclut la secrétaire générale adjointe de la CFDT.
© Denis Allard/Réa

TTIP:Greenpeace met en ligne des notes de la négociation concernant le projet d’accord sur le commerce transatlantique. Inédite, cette publication apporte peu d’éléments concrets sur l’état des tractations................ Beaucoup de bruit pour rien?


Depuis près de trois qu’ils négociaient dans l’ombre, Commission européenne et administration américaine espéraient bien conclure un large accord de commerce et d’investissement, sans trop laisser la société civile interférer dans les discussions. C’est raté! Lundi 2 mai, Greenpeace Pays-Bas a mis en ligne plusieurs documents de négociation, datant de la fin du mois d’avril. L’occasion pour l’ONG à l’arc en ciel de rappeler que cet accord, qui doit dynamiser les échanges commerciaux transatlantiques, représente une menace pour la protection de l’environnement et de la santé humaine.
Synthèse de points de vue
Que nous apprennent ces ‘photographies’ de la discussion? Peu de choses en fait. Elles ne synthétisent en effet que le point de vue, à un instant T, des négociateurs de Bruxelles et de Washington sur une petite partie des tractations.
Déjà baptisé «partenariat transatlantique de commerce et d’investissement» (ou TIPP), l’accord final comprendra au moins24 chapitres dont certains, comme ceux qui sont consacrés aux pesticides, aux véhicules, au développement durable, à l’énergie et aux matières premières ou aux substances chimiques, intéressent directement l’environnement[1]. Or Greenpeace ne livre que 13 notes de situation, dont aucune ne traite directement de ces questions.
Quid du principe de précaution?
Dès lors, est-il raisonnable, comme le font certaines associations, de pousser des cris d’orfraie? Aucun des documents ne mentionne les règles du Gatt ou de l’OMC[2] permettant aux Etats d’encadrer le commerce «afin de protéger la santé humaine, animale ou celle des plantes», s’indigne, dans un communiqué, Faiza Oulahsen, chargée de campagne TTIP chez Greenpeace Pays-Bas.
Plus précise, Karine Jacquemart rappelle que la défense du principe de précaution n’est pas indiquée dans le mandat de négociation de l’Union européenne: «Les documents fuités prouvent que les critiques à l’encontre du Tafta[3] sont justifiées. Ce n’est pas seulement la pression exercée par les Etats-Unis qui menace les standards en matière d’environnement, de santé, ou d’alimentation. Sur des questions cruciales telles que le principe de précaution ou la protection des investisseurs, l’Union européenne avait déjà lâché la bride», insiste la directrice générale de Food Watch.
17 esquisses de chapitres
Vrai, mais le mandat confié en juin 2013 (et déclassifié en octobre 2014), à la commissaire européenne au commerce,  Cecilia Malmström, stipule aussi que «l'accord devrait reconnaître que le développement durable est l'un des objectifs principaux des parties et que ces dernières s'efforceront de garantir et de faciliter le respect des normes et accords internationaux en matière d'environnement et de travail, tout en favorisant de hauts niveaux de protection de l'environnement, des travailleurs et des consommateurs, conformément à l'acquis de l'UE et à la législation des Etats membres. L'accord devrait établir que les parties ne favoriseront pas les échanges ou les investissements directs étrangers en réduisant la portée de la législation et des normes internes en matière d'environnement, d'emploi ou de santé et sécurité au travail, ou en assouplissant les normes fondamentales du travail ou les politiques et la législation visant à protéger et à promouvoir la diversité culturelle.»
Du point de vue européen, on considère que le principe de précaution, mentionné dans l’article 191 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, est au cœur de la discussion. Ce qui n’est pas l’avis américain. «Il y a des sujets sur lesquels nous ne sommes tout simplement pas d’accord», reconnaît la commissaire européenne. Les négociateurs des deux bords de l’Atlantique travaillent actuellement sur seulement 17 esquisses de chapitres, sur la trentaine espérés dans le texte final. Les autres n’existent pas encore.
Début du travail de consolidation
Européens et Américains ne s’accordent pas sur le canevas des textes consacrés à l’énergie et aux matières premières, à la sécurité alimentaire, à la santé des plantes et des animaux. Chaque protagoniste a livré sa vision du développement durable. C’est prochainement que doit débuter «le travail de consolidation», avance-t-on à Bruxelles. Il prendra des mois.
Prévues pour s’achever à la fin de l’année, les tractations dureront sans doute bien plus longtemps. D’autant que l’administration Obama lèvera probablement le pied dans le courant du second semestre. Au vu des sondages et des récentes déclarations de Donald Trump et de Hillary Clinton sur le commerce international, il n’est pas certain que le 45e président des Etats-Unis soit très friand du TTIP.



[1] commerce de marchandises et droits de douane, services, marchés publics, règles d'origine, cohérence réglementaire, obstacles techniques au commerce, sécurité alimentaire et santé animale et végétale, substances chimiques, cosmétiques, ingénierie, dispositifs médicaux, pesticides, technologies de l'information et de la communication, produits pharmaceutiques, textiles, véhicules, développement durable, énergie et matières premières, douanes et facilitation des échanges, petites et moyennes entreprises, protection des investissements, concurrence, propriété intellectuelle et indications géographiques, règlement des différends entre Etats.

[2] Gatt: General Agreement on Tariffs and Trade. En français : Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce
OMC: Organisation mondiale du commerce
[3] Tafta: Trans-Atlantic Free Trade Agreement, aussi connu sous le nom de TTIP

lundi 2 mai 2016

Les cotisations syndicales et la déclaration aux impôts


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Tous les adhérents CFDT bénéficient d’un crédit d’impôt égal à 66 % du montant de la cotisation acquittée en 2015.
Les adhérents, qui n’auront pas d’impôt à payer cette année, auront droit à un remboursement de 66 % de leur cotisation payée à leur syndicat en 2014.

Comment en bénéficier ?

A l’appui du reçu transmis par le syndicat, vous indiquez le montant de la cotisation acquittée en 2015 dans les cases 7 AC, 7 AE pour le conjoint ou le partenaire, et en 7 AG pour l’enfant ou la personne à charge.
Le montant de la cotisation ne doit pas être supérieur à 1 % du salaire (ou de la pension) déclaré par chaque membre du foyer fiscal.

La cotisation à la CFDT, égale à 0,75 % du salaire, répond à cette condition.

Attention : si vous optez pour les frais réels, vous ne pouvez pas bénéficier de ce crédit, mais la cotisation est déductible en totalité au titre des frais réels.

Conditions tenant aux syndicats :
- Seules les cotisations versées à un syndicat de salariés ou de fonctionnaires peuvent bénéficier du crédit.
- Le syndicat doit être doté de la personnalité civile et être représentatif au sens de loi n°2008-789 du 20 août 2008 portant rénovation de la démocratie sociale et réforme du temps de travail (respect des valeurs républicaines, indépendance, transparence financière, etc.).
- Sont représentatifs dans tous les cas, les syndicats affiliés à l’une des cinq confédérations dont la CFDT.

Pour les autres syndicats, ils doivent être à même de faire la preuve de leur représentativité au regard des critères définis par l'article L 2121-1 du code du travail.
En pratique, la représentativité s'apprécie de la manière suivante :
- dans le secteur privé : les syndicats ou unions de syndicats qui sont habilités à signer des conventions ou accords collectifs de travail, à présenter des candidats au premier tour des élections professionnelles (délégués du personnel, comités d'entreprise ou d'établissement), à désigner des délégués syndicaux ou à constituer une section syndicale,
- dans la Fonction publique : les syndicats qui siègent au sein des organismes paritaires.

Pour plus de précisons, consultez la documentation fiscale.

Justificatifs à produire

Vous n’êtes plus obligé de joindre les justificatifs des dépenses bénéficiant d’une réduction ou d’un crédit d’impôt (reçus de l’association, du syndicat, etc.) quel que soit le mode de déclaration, Internet ou papier.

Toutefois, l’Administration pourra vous demander les justificatifs de l’imposition des revenus de 2015, déclarés en 2016, jusqu’au 31 décembre 2018.

Conservez-les durant toute cette période. La non-présentation de ces justificatifs entraîne la remise en cause du crédit.

Précisions : afin d’éviter la divulgation d’informations concernant l'appartenance des contribuables à une organisation syndicale, l’obligation de mentionner l’identité du syndicat sur la déclaration n’est pas exigée.

dimanche 1 mai 2016

Pour un 1er mai 2016 solidaire " Nous allons continuer à nous battre pour améliorer cette loi Travail dans le débat parlementaire " . "Je regrette qu'on ne soit pas capables d'être unis syndicalement pour être pour quelque chose" a dit Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT



Le débat sur la réforme du Code du travail doit désormais se ... "Nous allons continuer à nous battre pour améliorer cette ... "Je regrette qu'on ne soit pas capables d'être unis ...Plus d'actualités pour "BFM TV Nous allons continuer à nous battre pour améliorer cette loi Travail dans le débat parlementaire", a dit Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, sur BFM TV. "Je regrette qu'on ne soit pas capables d'être unis syndicalement pour être pour quelque chose", a-t-il ajouté."

[VIDÉO] “Relevons le débat public en mettant les vrais choix sur la table”

publié le 02/05/2016 à 11H31 par CFDT
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Invité d’Europe 1 le 2 mai 2016, Laurent Berger a appelé à cesser les caricatures et à ‟relever le débat public en mettant les vrais choix sur la table”. A ce titre, le secrétaire général de la CFDT a souligné que le projet de loi Travail, ‟sur lequel on dit tout et n'importe quoi, permet plus de dialogue social dans les entreprises et les branches, et des droits attachés aux personnes et renforcés pour les moins qualifiés”.


Pour un 1er mai solidaire

Le 1ER mai est une journée de solidarité internationale envers tous les travailleurs. Pour la CFDT, c’est le bon moment pour engager une réflexion collective sur la question des réfugiés.  Avec trois autres organisations syndicales (la FAGE, l’UNSA et la CFTC), nous avons décidé d’y consacrer une table ronde ce dimanche 1er mai.
La CFDT porte des valeurs d’humanisme et de solidarité qui la conduisent à affirmer un devoir d’accueil et d’aide, envers des personnes qui fuient leur pays en guerre et risquent leur vie pour trouver une protection en Europe.
Pour autant, il ne s’agit pas de balayer les difficultés d’un revers de main. La « crise des réfugiés » pose un défi majeur à nos sociétés, et elle suscite des inquiétudes  chez une partie de la population.
Pour y faire face, et être à la hauteur de nos responsabilités, chacun doit s’impliquer et coopérer : gouvernements, Union européenne, acteurs de la société civile, citoyens…
Le mouvement syndical à un grand rôle à jouer dans l’intégration des migrants sur  les lieux de travail. Ces travailleurs sont souvent vulnérables, exposés aux risques d’exploitation et de discrimination. L’égalité de traitement avec les travailleurs locaux est la première de nos revendications. Nous réclamons aussi qu’ils aient accès à des emplois de qualité, à des cours de langue, de la formation, de bonnes conditions de logements…bref à l’ensemble des services et droits sociaux nécessaires à leur intégration dans la société. La CFDT s’y engage, dans les entreprises et sur les territoires : en Ile-de-France par exemple, nous sommes en partenariat avec France Terre d’Asile ; à Calais nos équipes travaillent à des solutions pour que les salariés, les habitants et les migrants vivent ensemble dans les meilleures conditions.
C’est au niveau de l’Europe que la prise en charge des réfugiés trouvera une solution globale. La CFDT soutien les revendications de la Confédération européenne des syndicats, pour une réelle politique européenne d’asile, et pour que tous les États membres de l’UE fassent preuve de solidarité dans l’accueil des réfugiés.
Force est de constater que nous en sommes encore loin. Les gouvernements européens préfèrent fermer leurs portes et regarder ailleurs, sensibles aux pressions de minorités xénophobes. La France ne brille pas par l’ampleur de son engagement et par les conditions dans lesquelles elle accueille les migrants. Pourtant, certains de nos dirigeants se permettent de faire la leçon à l’Allemagne…
L’accord récent avec la Turquie est un troc honteux et l’Union européenne, en l’acceptant, a tourné le dos à ses valeurs et à son histoire. Les  effets prévisibles de cet accord sont déjà visibles: les migrants, loin de renoncer à leurs projets, n’ont pas d’autre choix que de contourner les routes désormais barrées côté turc, ce qui rend leur périple encore plus dangereux.
Faire face à l’arrivée massive de réfugiés n’a rien d’insurmontable. Si nous parvenons à accueillir et à intégrer ces populations, nos sociétés s’en trouveront enrichies et davantage soudées.
Bonne fête des travailleurs à toutes et à tous.


26/04/2016

L'Hebdo Interco N° 937 du 21 avril 2016

Dispositif expérimenté depuis 2013, le projet de loi El Khomri prévoit de la généraliser. Mais la Garantie Jeunes, c'est quoi? Pour qui? Comment ça marche? 👉 On vous explique tout ici!

[Loi Travail] Dispositif expérimenté depuis 2013, le projet de loi El Khomri prévoit de la généraliser.
Mais la Garantie Jeunes, c'est quoi? Pour qui? Comment ça marche?
👉 On vous explique tout ici!

Le projet de loi El Khomry prévoit une généralisation de la Garantie jeunes, un dispositif expérimenté depuis 2013. Comment fonctionne cette Garantie jeunes ?…
cfdt.fr

Généralisation de la garantie jeunes : état des lieux et explications

publié le 21/04/2016 à 14H47 par Sylvain Desoignies
Le projet de loi El Khomri prévoit une généralisation de la Garantie jeunes, un dispositif expérimenté depuis 2013. Comment fonctionne cette Garantie jeunes ? Qui concerne-t-elle ? Quel bilan pour les jeunes et les conseillers l'ayant expérimenté ?
La Garantie jeunes, c'est quoi ?
- Une garantie à une première expérience professionnelle (formation, stages, périodes de travail)
- Une garantie de ressources en soutien de cet accompagnement. L’allocation forfaitaire mensuelle est d'un montant de 461,26€ auquel s’ajoute l’aide au logement dont peut bénéficier le jeune. Elle ne se substitue pas aux prestations sociales existantes, elle n’est pas un droit ouvert mais un programme d’accompagnement ciblé et contractualisé.
Yohann, bénéficiaire de la Garantie jeunes
A qui s'adresse la Garantie jeunes ?
- Aux jeunes de 18-25 ans - Qui ne sont « ni en emploi, ni en éducation, ni en formation » (NEET
- Qui sont en situation de grande précarité 
- Dont les ressources ne dépassent pas le plafond du revenu de solidarité active (RSA – 524,68 € pour une personne seule)
Des situations dérogatoires pour les mineurs, les jeunes non NEET ou dont les ressources dépassent le plafond mais porteurs d’une situation de risque de rupture peuvent être étudiés par la commission d’attribution et de suivi.

Eric, conseiller Garantie jeunes à Montreuil.
Comment fonctionne le dispositif ?
situation individuelle évaluée par une commission locale (représentants de l'Etat et du Conseil général, présidents des missions locales) 
-  un parcours composé d’un accompagnement continu, sans rupture 
-  un contrat d'engagements réciproques entre le jeune et le référent de la mission locale qui le suit 
-  allocation suspendue en cas de manquement aux engagements 
-  accompagnementsur une période d'un an renouvelable, en principe par tranche de 12 mois 
-  présentation par la mission locale à la commission locale d’un bilan des actions engagées dans les six premiers mois.
 

Partir des aspirations des agents :Passer du contrôle à l'initiative et au contrat plutôt qu' à l'opposé partir de la peur de l'absentéisme des DRH des collectivités

 

Réforme territoriale : une « secousse positive » pour changer de fonctionnement interne

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© Phovoir
Le sociologue-consultant Jérôme Grolleau a sondé les agents, pour le compte de l’Observatoire Social Territorial de la MNT, sur leur perception de la réforme territoriale et des baisses des dotations de l’Etat. Objectif : comprendre leurs points de vue et en tirer des pistes « stratégiques et opérationnelles » pour gérer au mieux la transition.

On entend partout que les agents seraient réfractaires aux changements, perdus et désabusés par la « nouvelle donne territoriale ». Vous qui les avez interrogés, qu’en est-il vraiment ?

Je m’attendais à un discours à dominante négative, avec la possibilité de détecter des signaux faibles capables d’orienter vers une transformation positive. J’ai découvert une ambivalence forte, traversant tout le corps social territorial, entre le sentiment d’une « spirale négative » et l’espoir d’un « possible renouveau » dans lequel s’engouffrent les aspirations des agents. Beaucoup parlent de la situation comme d’une « secousse positive ».

Ces « aspirations des agents », quelles sont-elles ?

Ils attendent un changement de cap radical du fonctionnement interne : décloisonner les organisations, redonner des priorités, faire évoluer les rapports sociaux, rendre les processus de décision plus réactifs… Ils proposent les contours d’un avenir désirable, qui leur permet de se réapproprier l’événement. Manière de donner un sens aux réformes qui en manquent. Le contexte incite aussi les agents à investir le champ de la formation et à penser la mobilité comme moyens de se réapproprier leur trajectoire. Il faudrait instituer un rendez-vous « parcours professionnel » annuel, distinct de l’entretien d’évaluation !

Les agents semblent globalement prêts, et même volontaires, pour les changements internes. Qu’est-ce qui bloque alors ?

Il ne faut pas négliger le poids de la culture, que cela soit du côté des dirigeants comme des agents. C’est tout un « habitus social », un ensemble de manières d’agir et de penser, dans lequel chacun baigne continûment et qui façonne les acteurs. Conséquence : entre « aspirer à » et passer à l’acte, le gap est important. Cela nécessite beaucoup de volontarisme et une démarche globale. Il faut toucher à tous les éléments du système managérial, avancer pas à pas, dans une logique d’apprentissage collectif.

Quelles sont vos préconisations pour renouveler le système managérial dans sa globalité ?

Très clairement, les attitudes des agents fluctuent sous l’influence des modalités managériales. Il est possible d’agir en instituant de nouveaux modes de fonctionnement. D’abord en donnant des signes de rupture et en entrant dans une logique de renouveau, dès les premières réorganisations. Concrètement, cela signifie une communication directe et transparente, l’association des managers et des agents au processus, l’instauration de nouveaux dispositifs d’accompagnement managériaux et RH… Ensuite, il faut transformer, pas à pas, les modes de fonctionnement. En particulier en donnant la main aux agents et aux collectifs, dans un cadre clair qui fixe le cap et les règles du jeu. La contribution des acteurs et leur coopération sont les gages d’une adaptabilité des organisations, devenue absolument nécessaire dans un contexte incertain et imprévisible. Aujourd’hui, les évolutions qui impactent la territoriale ne peuvent plus être appréhendées uniquement comme des opportunités. Il y a une nécessité de changer.

Références

Le travail de Jérôme Grolleau vient d’être publié dans une étude  intitulée « Nouvelle donne territoriale : de l’opportunité à la nécessité de changer ? » [Etude qualitative basée sur 36 entretiens semi-directifs réalisés de juin à octobre 2015 à Paris, Lyon, Le Mans, Tours, Lille, Montpellier et en région Auvergne. Soit 20 agents de catégorie C, et 16 agents de catégories A et B issus de 15 communes, 9 intercommunalités, 6 conseils départementaux et 6 conseils régionaux].

 

 

Fonction publique

Lutte contre l’absentéisme : de nouvelles préconisations

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Présentée ce jeudi, une étude sur l'absentéisme dans les collectivités pilotée par l'Association des directeurs des ressources humaines des grandes collectivités (ADRHGCT) et l'Institut National des Etudes Territoriales (Inet) propose des pistes de travail pour « définir, mesurer, prévenir et endiguer le phénomène ».
« Il n’y a pas grand chose de nouveau », lance Stéphane Pintre, président du SNDGCT, commentant l’étude conjointe ADRHGCT/INET « L’absentéisme dans les collectivités : mesure et pratiques ». Rien d’étonnant au demeurant puisque celle-ci se voulait « d’abord la traduction d’enjeux et le recensement d’actions ou de réflexions dans l’air du temps », peut-on lire dans les points de vigilance.
Et effectivement, les leviers managériaux (« Impliquer et responsabiliser la chaîne hiérarchique », « Conforter le bien-être et mieux prendre en compte les conditions de travail »…), tout comme les leviers incitatifs et de contrôle qu’elle contient sont déjà à l’œuvre dans bon nombre de collectivités.
Preuve, pour Patrick Campagnolo, représentant l’Unsa territoriaux au CSFPT, que « tous les outils existent pour prévenir et éviter l’absentéisme ». « Le problème vient du fait qu’ils ne sont pas suffisamment déployés », estime-t-il.
Préconisant « qu’un organisme extérieur, autre que les chambres régionales des comptes, puissent véritablement contrôler l’application de la réglementation. A l’image de ce que fait le Comité Français d’Accréditation pour les labels », avance-t-il.
Proposition qui a peu de chance d’aboutir en raison du principe de libre administration des collectivités.

Définition communément admise

Si elles n’ont rien de révolutionnaires, les propositions formulées par les quatre élèves administrateurs territoriaux sont globalement saluées comme « allant dans le bon sens ». A commencer par l’adoption d’une définition commune de l’absentéisme et d’un référentiel partagé.
« Car si l’absentéisme est une préoccupation majeure des collectivités, force est de constater que toutes ne mesurent pas la même chose », rapporte Johan Theuret, président de l’Association des DRH des grandes collectivités.
L’ADRHGCT qui propose aujourd’hui un tableau de bord « ayant vocation à permettre la comparaison dans le temps et entre collectivités », qu’elle suivra annuellement.
Pour Stéphane Pintre, « solliciter la mise en œuvre d’indicateurs pertinents et communs est intéressant. Mais il faudrait des statistiques et des chiffres précis sur tous les types d’arrêts. Car au final tous sont perturbateurs », estime-t-il.
Yves Letourneux, secrétaire général adjoint d’Interco-CFDT, préfèrerait quant à lui que soit reprise la définition de l’ANACT (1) « qui renvoie à une responsabilisation de la collectivité ».

Arrêts de complaisance

L’évolution des relations avec le corps médical est également vue d’un bon œil. « La proposition de remettre à plat la chaîne médicale en facilitant les échanges avec le comité médical et les médecins de ville nous permettrait d’anticiper certaines situations difficiles », note Thierry Legrand, directeur des ressources humaines d’Haubourdin (Nord). Même si, là encore, certaines réserves sont émises.
« La question du rapprochement avec la médecine de ville est intéressante. Mais vous aurez beau dire, vous aurez beau faire, il y aura toujours des arrêts de complaisance…», avance Stéphane Pintre.
« L’étude parle de la visite médicale d’embauche. Mais le problème se situe davantage du côté de la visite périodique. Il faudrait la ramener à un an et développer une vraie médecine professionnelle », préconise de son côté Yves Letourneux.

Signal d’alerte

Dans le contexte ambiant de « fonctionnaire bashing », et bien que ses intentions soient louables, cette nouvelle étude sur l’absentéisme et sa cohorte de préconisations laissent comme un goût amer.
« Il faudrait aborder la question de l‘absentéisme comme un indicateur de ce qui ne va pas, pas comme un problème », estime Yves Letourneux. « Plutôt que de stigmatiser, il faut que les collectivités créent un climat général de confiance, qu’il y ait un travail étroit avec les partenaires sociaux », confirme Stéphane Pintre.
La question du rétablissement du jour de carence, posée à la fin de l’étude, apparaît d’ailleurs comme un « non sujet ». Et, dans tous les cas, pas à la hauteur des enjeux.

Responsabiliser les directions

Parmi les « bonnes pratiques » identifiées et présentés dans l’étude, on retiendra le fait de « lier l’octroi de remplacements à la maîtrise de l’absentéisme ».
Comme à Saint-Herblain (Loire-Atlantique), où a été instaurée une gestion décentralisée des enveloppes de remplacements avec un suivi mensuel en bilatéral avec la DRH et chaque direction opérationnelle. « Systématiser l’entretien de reprise d’activité est également un levier intéressant », relève Johan Theuret.
A Suresnes (Hauts-de-Seine) par exemple, cet entretien est mené par l’encadrant de proximité, quelle que soit la durée, dès la deuxième absence, ainsi qu’à la troisième absence le cas échéant et pour toute absence de plus de trois semaines.

Rémunérations : simulez, comparez, évaluez !

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    Mobilités et accompagnement des transitions : le programme d’Annick Girardin pour la haute fonction publique

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    © Assemblée nationale
    La ministre de la fonction publique, Annick Girardin, a clôt mardi 26 avril douze auditions sur la gestion des carrières et la formation continue dans la haute fonction publique. Son programme, qu’elle sait limité à quelques mois par la présidentielle de 2017, met en avant l’accompagnement des transitions et des mobilités pour les fonctionnaires.
     

    L’école de guerre et l’Institut des hautes études de défense nationale – dont la ministre de la fonction publique a suivi le cycle – seront-ils les références des hauts fonctionnaires pour la fin du quinquennat ?
    Les douze auditions de la mission d’évaluation et de contrôle sur la gestion des carrières et la formation continue dans la haute fonction publique, menées par les rapporteurs et députés Jean Launay (PS) pour la commission des finances et Michel Zumkeller (UDI) pour la commission des lois, se sont appuyéees, depuis le 17 février, sur ces deux institutions de formation de l’armée pour explorer les contours d’une nouvelle gestion « RH » des hauts fonctionnaires.
    Sur ce point, la mission a également exhumé le rapport publié discrètement en septembre 2014 sur « l’encadrement supérieur et dirigeant de l’Etat« , ainsi que le rapport Pécheur, publié en 2013.

    Discours programmatique

    Dans son intervention en clôture de ces travaux, la nouvelle ministre a tracé les grandes lignes de son programme et de ses convictions : pas de réforme des grands corps de l’Etat car sa mission est limitée par l’échéance présidentielle, mais un programme guidé par l’accompagnement du changement et de la mobilité des hauts fonctionnaires, qu’elle encourage à aller vers le secteur privé et sur le terrain.
    Son credo : « une fonction publique moderne, agile, performante, à l’image de la société et capable de répondre aux grands défis ».

    Laïcité, jeunesse et innovation

    Son action devrait tourner autour de trois axes :
    1. la laïcité,
    2. la jeunesse
    3. et l’innovation.
    Sur le premier thème, outre les formations mises en place par le Centre national de la fonction publique territoriale, un Conseil de la laïcité de la fonction publique devrait être créé d’ici décembre, afin de prendre des décisions « car les fonctionnaires ne sont pas équipés, il y a de la souffrance sur le terrain et des cadres pas prêts à réagir », a-t-elle expliqué.
    Le développement de la diversité dans la fonction publique devrait être un autre cheval de bataille, adressé à la jeunesse, alors qu’une mission d’évaluation sur les voies d’accès aux trois fonctions publiques, qui devait être remise au printemps 2016, a été confiée à l’économiste Yannick L’Horty.
    « La diversification des profils passe par le développement du troisième concours », a déclaré la ministre en faisant référence à l’article 36 du projet de loi égalité et citoyenneté, bientôt en débat au Parlement, qui redonne à cette disposition une vocation sociale en l’élargissant notamment aux apprentis et aux catégories B.

    Accompagnement du changement

    En matière de formation des hauts potentiels, l’école nationale d’administration (ENA), dont la ministre a rappelé l’aura à l’étranger, « doit mettre les hauts fonctionnaires en situation de préparer le monde de demain ».
    Après avoir reçu Nathalie Loiseau, sa directrice générale, également auditionnée par la MEC, la ministre voit dans l’Ena, qu’elle soutient, un potentiel à faire évoluer notamment pour accompagner les changements en cours (numérique, missions et réorganisation par exemple des grandes régions), tout en reconnaissant que des réformes ont déjà été mises en place en 2014 et en 2015.

    Une DRH unique pour l’Etat

    D’autres propositions pour rénover les recrutements, la composition des jurys, les modalités de titularisation dans les écoles de service public et leur gouvernance devraient être formulées d’ici à la rentrée 2016 par Olivier Roussel, chargé d’une mission sur ce thème.
    L’étude d’une direction des ressources humaines (DRH) unique pour l’Etat a en outre été confiée par Manuel Valls en décembre 2015 à Thierry Le Goff, directeur général de l’administration et de la fonction publique.
    « Nous travaillons sur une DRH Etat première étape », a expliqué Annick Girardin, qui a précisé que son ministère réfléchissait à l’ouverture des recrutements, à la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences et au renforcement des formations initiales des fonctionnaires.
    « Au-delà de cette DRH unique, c’est à une gestion unique qu’il faudrait arriver », a suggéré la ministre lors de l’audition.

    « Lever des freins à la mobilité »

    La mobilité des fonctionnaires, « une des composantes de l’innovation » devrait aussi mobiliser la ministre. Le discours a déjà été entendu, depuis la loi mobilité de 2009 : mobilité entre ministères et entre versants de la fonction publique. Il s’agit de lever des freins, financiers notamment (entre corps ou fonction publique) ou culturels, avec le secteur privé notamment.
    « Il faut des parcours davantage enrichis par ces mobilités et par ces expériences extraordinaires qu’apporte la mobilité fonctionnelle », assure Annick Girardin qui, pourtant élue de Saint Pierre et Miquelon, ne croit pas à la mobilité géographique.
    L’expérimentation de plateformes régionales confiées à des préfets ou à des secrétaires généraux aux affaires régionales devraient, selon elle, permettre des mobilités « voulues ». « Le parcours du haut fonctionnaire de demain et d’ailleurs des autres fonctionnaires, devra être facilité » a-t-elle affirmé.

    Des primes pour renforcer l’engagement des fonctionnaires

    Enfin, la ministre s’est prononcée pour la rémunération au mérite, pour renforcer l’engagement des fonctionnaires, « redonner du sens à cet engagement », et pour l’éviction des hauts-fonctionnaires qui ne seraient pas à leur place, allant jusqu’à regretter un « manque de courage managérial. Quand ça ne va pas, on ne sait pas dire à un haut fonctionnaire qu’il n’est pas à sa place et qu’il peut aller voir ailleurs. Plus on confiera la DRH Etat à la DGAFP, plus ce courage sera assumé ! », estime la ministre, visiblement décomplexée par rapport aux sujets qui fâchent.
    Une synthèse de plans managériaux de formation continue et de carrières, là encore demandée par le Premier ministre fin 2015 aux différents ministères, devrait être présentée en juin en Conseil des ministres.